COFRADES (PÉNITENTS) ACCOMPAGNANT UN PASO
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ère 18 à na ee e Son em aan: amnenl saint, nous vimes encore une e procession atégique raprésent a
: RL . Cinq te du Fils coulaient autant de filets de sang qui Anne sur d'église, et lui donnaient la vie; l'Église était représentée par une jeune fille habillée en prêtre, ce qui produisait l'effet le plus singulier. C'était également une. jeune fille, les yeux bandés, ie nouillée aux pieds de Dieu le Père, qui figurait la Foi.
Les processions de Séville, avec leurs nombreux pénitents masqués et couverts de cagoules, ont un aspect étrange : c'est comme un souvenir de l’inquisition. Ceci nous remet en mémoire un spectacle vraiment lugubre, dont nous fûmes plus d'une fois témoins : un misérable cercueil, traîné par un cheval lancé au trot, était précédé de quelques indigents portant des croix et des lanternes, et courant à toutes jambes, comme des gens qui ont hâte de se débarrasser d’une tâche importune : c'était un convoi de pauvre, — un entierro de limosna.
Dans l'après-midi du samedi saint, nous nous rendimes à la Puerta de Carmona pour voir le marché aux agneaux ; il s’en consomme, à l’époque des fêtes de Pâques, une quantité prodigieuse : plusieurs milliers de ces pauvres petits animaux étaient parqués en dehors de la ville, et maintenus par ces barrières en filets de corde dont nous avons déjà parlé. Le dimanche de Pâques il y eut toutes sortes de spectacles, y compris, bien entendu, des combats de taureaux. On donna ce jour-là une corrida, dans laquelle nous vimes une jeune espada tuer deux taureaux de sa jolie main ; ensuite vinrent des courses à la portugaise, moins sanglantes, mais tout aussi intéressantes que les courses ordinaires; enfin un {orero, monté sur de hautes échasses, tua plusieurs taureaux aux applaudissements de la foule; car pour le public espagnol une fête de taureaux n’est pas complète si le sang n'y coule pas. Ainsi se termina cette curieuse corrida, sur laquelle nous reviendrons avee plus de détails.
Séville possède deux théâtres : le Teatro principal, et celui de San Fernando, dans lesquels on joue tous les genres indistinctement : drames, opéras, zarzuelas ou opéras comiques, comédies, sainetes ; sans préjudice du baie nacional, qui termine presque invariablement la soirée. La distribution de la salle est à très-peu de chose près la même que dans nos théâtres; les places qui composent chez nous le parterre et l'orchestre sont confondues en Espagne, et reçoivent le nom de sèllas ou astentos de butaca. L'amphithéâtre ou paradis s'appelle la cazuela, c’est-à-dire la casserole; il paraît que ce nom est assez ancien, si nous en croyons ce passage de madame d’Aulnoy décrivant un théâtre espagnol sous Louis XIV : «Il y a dans la salle un endroit que lon nomme /a cazuela (c'est comme l’amphithéâtre) : toutes les dames d’une médiocre vertu s'y mettent, et tous les grands seigneurs y vont pour causer avec elles. » L'auteur, quittant la salle pour pénétrer sur la scène, dit quelques mots des comédiennes espagnoles qu'elle nous dépeint comme « les plus vilaines carcasses du monde, ce qui ne les empêche pas, ajoute-t-elle, de nil une dépense effroyable. »
La première fois que nous allâmes à au Teatro principal, il y avait un //eno, c’est-à-dire que la salle était à peu près pleine. Les femmes étaient en majorité; les mantilles et les fleurs ornaient
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toutes les têtes, et on ne voyait que fort peu de chapeaux a/ estilo de Paris, ce qui donnait aux loges un aspéct plus pittoresque. Le bruit des conversations se mêlait au cliquetis des éventails : nous remarquämes à côté de nous, parmi les spectatrices, deux jeunes Sévillanes à l'abondante chevelure noire, ornée d'un large dahlia blane posé à côté de l'oreille ; derrière elles ‘était assise leur mère, qu'à son épaisse mantille noire encadrant un visage ridé, on aurait pu prendre pour une vieille duègne de comédie; à côté se trouvait un Anglais aux épais favoris rouges, coiffé d’un chapeau rond à bords étroits, tenant d’une main sa canne, et de l’autre un binocle dont il faisait un fréquent usage ; notre voisin, qui avait essayé de lier avec sa voisine une conversation dans un étrange baragouin qu'il prenait sans doute pour de l'espagnol, ne tarda pas à devenir le but des regards et des plaisanteries de ses voisins, car il parlait très-haut. Les Espagnols en général, et les Andalous en particulier, ne manquent jamais l’occasion de tourner en ridicule les étrangers qui se livrent au plaisir inoffensif de vouloir faire de la couleur locale ; aussi quand il prend à à un Anglais ou à un de nos compatriotes la fantaisie de s’affubler d’un costume de maÿo,
on entend pleuvoir autour d'eux les mots de franchute, d’inglis-manglis, ou d’autres épithètes de ce genre.
Enfin, le rideau se leva, et on commença par une zarzuela ayant pour titre Buenas noches, señor don Simon. La zarzuela est une pièce lyrique entremêlée de prose et de couplets, à peu près notre opéra comique ; nous ne tardâmes pas à nous apercevoir que la zarzuela en question n'était autre que la traduction de notre opéra comique : Bonsoër, monsieur Pantalon : tout en modifiant légèrement le titre, on avait conservé le libretto, auquel un compositeur espagnol avait adapté une musique de sa façon. De même pour os Diamantes de la corona, el Valle de Andorra, el Domino azul, notre Domino noër, qui est devenu le Domino bleu, et pour beaucoup d’autres pièces de notre répertoire. Si de nombreux emprunts ont été faits aux auteurs espagnols par Rotrou, la Calprenède, Montfleury, Pierre et Thomas Corneille, Molière et tant d’autres, on voit qu'aujourd’hui nos voisins prennent largement leur revanche. Après la zarzuela, on donna une pièce ayant pour titre Paco y Paca, c'est-à-dire François et Françoise, qui n'était autre que /e Caporal et la Payse. Jusqu'ici rien de national, rien d’original. Heureusement, nous fûmes dédommagés quand la toile se leva pour le sainete.
Disons quelques mots de ces pièces, qui appartiennent exclusivement aux théâtres de la Péninsule. C’est du vocabulaire de la cuisine que le mot sainete a passé dans celui du théâtre : il s’employait d’abord pour désigner un morceau délicat et agréable au palais, ou une sauce dont on se servait pour donner aux mets une saveur plus relevée ; plus tard, on l’appliqua à une composion dramatique de peu d'étendue, dans laquelle on faisait gaiement la satire des vices et des ridicules, ou tout simplement un tableau amusant des mœurs populaires. Les sainetes, qui n’ont ordinairement que quelques scènes et jamais plus d'un acte, sont quelquefois en prose, mais plus souvent en vers entremêlés de couplets, et même de chœurs. En Catalogne et à Majorque, où les anciens usages et les anciennes dénominations se sont mieux conservés qu'ailleurs, on les appelle encore entremeses, comme du temps de Cervantes, ou /onadillas. Comme depuis quelques années le mot sainete à passé dans notre langue, il est bon de faire observer qu'on altère presque toujours sa véritable orthographe : nous l'avons quelquefois vu écrit saynete, sarnette, saynelte où même sgnette ; en outre, on l’emploie ordinairement chez nous au féminin, tandis que les Espagnols, qui prononcent sainété, ne l'emploient qu'au masculin.
Le sainele que nous vimes représenter au Teatro principal avait, pour titre £/ Vator de una Gitana. Les personnages, tous gitanos, étaient au nombre de quatre : Pepiya, une jeune et jolie gitana; Gavirro, son père ; Perico, le novio, c’est-à-dire le fiancé de la gitana, et Asaura, un soupirant dédaigné de Peprya.
Le théâtre représente un bosquet ; Pepiya, assise à terre, achève de placer quelques fleurs
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