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en | ALEO DE ER REZ. | . avions pas encore PER nous. des y suivimes, xt nous ap ‘ une Ç chargée de sucreries et de rafraïchissements : c'était le buffet. Nous offrimes aux bc dulces, qu’elles acceptèrent sans façon. Nous avons déjà dit combien les Andalouses sont frianc de chatteries : le corps de ballet nous en donna une nouvelle preuve en faisant disparaître en un clin d'œil une quantité considérable de dulces de yema (gâteaux au jaune d'œuf), de carne de membrillos (pâte de coings), sans préjudice des mantecadas, sorbetes et autres rafraichissements. Les Russes et les Zrgls-Manglis survinrent, offrant de leur côté des dulces, qui furent acceptés sans plus de cérémonie que les nôtres, et cette orgie de confitures recommença de plus belle : il est probable qu'elle n'aurait pas cessé de sitôt, si une grande rumeur n’eût annoncé l’arrivée du premier sujet.
La Campanera, une grande brune, svelte et élancée, fit son entrée avec une aisance et une désinvolture parfaites; son assurance nous aurait presque fait penser à cette danseuse espagnole «armée de castagnettes et d’effronterie », dont parle Gramont dans ses Mémoires : il y avait bien douze où quinze ans que nous avions vu danser la Campanera pour la première fois ; ce n’était donc pas une débutante, mais l'art remplaçait chez elle la jeunesse qui s'en allait. La danseuse prit position, seule au milieu d'un cercle, pour danser le Ja/eo de Jerez, dont elle exécuta les premières #udanzas (figures) avec beaucoup de rio, accompagnée tant bien que mal par le pauvre cego, qui oubliait parfois de jouer en mesure ; quelques murmures se firent entendre, accompagnés des cris : « Fuera elviolin! venga la guitarra! » Les Andalous ne voulaient plus de violon : ils demandaient la guitare à grands cris; mais comment faire? le gwétarrero officiel, qu'on chercha partout, n’était pas encore arrivé. Cependant l’aveugle, découragé par son peu de succès, avait cessé de jouer, et la Campanera s'était arrêtée subitement. Nous eûmes alors l'idée de demander au ciego son instrument pour un aficèonado qui offrait de le remplacer un instant ; et nous donnâmes le violon à Doré, qui se mit à jouer le /aleo avec une verve merveilleuse. On sait que notre grand artiste est tout simplement un violoniste de première force : Rossini, qui S'y connaissait, lui en a délivré de sa propre main le brevet !.
La Campanera, électrisée par l'archet de Doré, se surpassa elle-même, et acheva le ja/eo de Jerez au bruit des applaudissements les plus enthousiastes, dont le violon improvisé avait aussi sa bonne part. Cependant la Go/era ne perdait pas la tête au milieu de ses triomphes : elle avisa un grand personnage aux longs favoris rouges qui nous parut être un Anglais, et après avoir dansé devant lui quelques pas qu’elle accompagna de ses plus gracieux sourires, elle lui jeta, en s’éloignant, un petit mouchoir brodé. L'Anglais examina l'objet, et nous regarda d’un air étonné; nous lui expliquâmes que les danseuses andalouses, comme les bayadères de l'Inde, avaient l'habitude de jeter leur mouchoir à un des spectateurs qu'elles avaient remarqué, et que celui-ci, en échange d’une distinction aussi flatteuse, le leur rendait ordinairement avec un duréllo noué dans un des coins. L'Anglais s'exécuta de très-bonne grâce, et la Campanera, après avoir retiré la petite pièce d’or, le remercia gracieusement.
Le guilarrero arriva enfin, escorté de plusieurs cantadores : c'était un très-beau gars de Séville, qui portait crânement le costume andalou: son nom était Enrique Prado, mais on l’appelait ordinairement e/ Peinero, c'est-à-dire le faiseur de peignes, apodo ou surnom que lui avait valu son état, suivant un usage très-répandu en Andalousie. Le peinero avait une voix remar-
! Nous copions textuellement la curieuse dédicace que le grand maestro a écrite au bas de son portrait :
Souvenir de tendre amitié Offert à Gustave Doré, Qui joint à son génie de peintre-dessinateur le talent de violoniste distingué et de tenorino charmant, s’il vous plait...
Passy, 29 août 1863. G. Rossini,
a ari Ï Ô lu r de sec ELrigor Y si se arraiga, Re À Se arranca al apartarle Parte del alma. |
« L'amour naît dans le cœur comme une plante que l'affection arrose, et que dessèche la rigueur ; et SyE
Après ce couplet, les danses recommencèrent de plus belle, et 168 principales Voter se
distinguèrent tour à tour dans un 50/0. Lt Ai
Nous n'avions eu à l’'Academia de Baile qu'un premier aperçu de quelques danses andalouses ; aussi désirions-nous vivement assister à quelques-unes de ces réunions populaires qui ont lieu dans certains quartiers de Séville, tels le faubourg de Triana et la Macarena, réunions dont la danse constitue le principal élément, et qui sont connues sous le nom de ailes de candil. Nous avions fait la connaissance d’un brave garçon nommé Coron, qui exerçait, à ses moments perdus, la profession de guitarrero; il nous avait promis de nous conduire un soir chez un Gitano de ses amis, le #0 Miñarro, qui tenait, dans le faubourg de Triana, une faberna où de temps en temps les »ajos et les majas de Séville se livraient aux danses andalouses.
On appelle baëles de candil les bals de bas étage qui ont lieu ordinairement dans une taberna, une dotélleria (débit de vin et de liqueurs) ou dans quelque maison de modeste apparence : on à nommé ainsi ces réunions à cause de leur éclairage peu brillant, qui consiste le plus souvent en un candil, petite lampe en cuivre ou en fer, qui se compose d’un récipient destiné à recevoir l'huile dans laquelle plonge une mèche placée horizontalement, et se termine par une tige au bout de laquelle se trouve un crochet qui sert à la fixer au mur. On a encore donné à ces bals un autre nom assez pittoresque : c’est celui de bailes de boton gordo ou de cascabel gordo, ce qui signifie littéralement bals à gros boutons ou à gros grelots ; allusion aux boutons de filigrane d'argent qui ornent ordinairement la veste et le pantalon des gens du peuple.
Le soleil était couché depuis plus d'une heure quand nous arrivâmes au faubourg de Triana ; nous suivimes, guidés par Coliron, plusieurs rues fort malpropres et parfaitement sombres, car l'éclairage et le balayage sont également négligés dans le quartier des Gitanos. Cependant nous arrivâmes sans encombre devant la otélleria du père Miñarro, à la porte de laquelle devisaient en fumant leur papelito plusieurs personnages en costume andalou, parmi lesquels nous reconnümes quelques-uns des a/icionados que nous avions rencontrés à l’academia de baile.
Après avoir traversé une salle où buvaient paisiblement quelques gaillards à la mine assez farouche, nous pénétrâmes dans un patio soutenu par des colonnes de marbre blanc surmontées de chapiteaux sculptés; ce patio, comme un grand nombre de ceux qu’on voit encore à Séville, remontait au temps des Arabes; des citronniers séculaires tapissaient les murs lézardés, et des plantes grimpantes s'enroulaient autour des colonnes jaunies par le temps ; aux angles de la cour s'élevaient des bananiers aux feuilles déchiquetées et un de ces arbustes, communs en Andalousie, qu'on appelle damas de noche. Quatre petites lampes du genre de celles que nous venons de
décrire éclairaient d'une manière bizarre cette végétation inculte, mais luxuriante; quelques
racine, on arrache, en l’enlevant, une partie de l'âme. » 1 $ 4
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