GALLEGO (GALICIEN) DANSANT LA GALLEGADA
main : chacun des danseurs entonne à son tour une cantélena de quelques vers, et tous les autres lui répondent en chantant en chœur un estribillo ou refrain. Ce sont ces danses qu'on appelait
autrefois batles en corro, ou danses en rond.
Les Galiciens ne sont pas moins amateurs de danse que les Asturiens : la Muyñerra nationale, accompagnée par la gaita ou cornemuse, transporte de joie ces Auvergnats de l'Espagne; les Gallegos ont la réputation méritée d’être plus robustes qu’agiles; mais leur instrument favori n’a pas plutôt commencé les premières notes de l'air de la Muyñeira, qu'ils se sentent aussi vifs et aussi lestes que les Valenciens et les Andalous. Le Gaitero gallego, le joueur de cornemuse ga-
NZIE ME.
SCPUIMOIILIS LC [ouc IL LOI
dans
© patronale, de je
une Jota D route mr manci gas ë
nom vient, dit-on, du mot moiño où mwiño, qui i signifie en patois
sorte qu'il équivaut à l'espagnol molinera, ou la danse de la meunière. ire Pour bien connaître les mœurs. et les danses des paysans de la Re ÿ faut assister à la
annuelle du Magosto, qui a lieu tous les ans le jour de la Toussaint, à l'occasion de Ja récolte d
châtaignes : ce jour-là, ils se parent de leur costume des dimanches pour aller faire honneur à | des repas champêtres préparés sur l'herbe, et qui, bien que moins somptueux que ceux des noces 2
de Camacho, sont dévorés avec un vigoureux appétit, après quelques heures du fatigant Mo de la Muyneira. Comme l'a dit le poëte Gongora dans ses So/edades :
La gaita al baile solicita el ue
«La cornemuse entraîne au plaisir de la danse. »
Dans les noces villageoises, l'instrument national, accompagné des inévitables castanuelas, du pandero et du tamboril, résonne encore plus longtemps que dans les fêtes du Magosto ; car la danse, /a baila, comme disent les Galiciens, qui commence immédiatement après le repas, se prolonge presque toujours très-avant dans la nuit.
La Gallegada, ou danse des Gallegos, est très-connue et fort bien dansée à Madrid; cependant, d'après le proverbe, il faut aller dans la Galice même pour la voir exécuter dans la perfection :
En Galicia Gallegada Perfectamente baïlada.
11 y à une dizaine d'années, une gracieuse bolera, la Concepcion Ruiz, vint à Paris avec une troupe espagnole, et on se souvient encore du succès qu’elle obtenait tous les soirs en dansant sur un de nos théâtres ce gracieux pas : l'orchestre débutait par quelques mesures lentes, tandis que la Concepcion et son partenaire, se tenant dos à dos, semblaient vouloir se bouder; cepen— dant la mesure devenait de plus en plus vive, et les pieds des danseurs commençaient à s’agiter peu à peu; enfin, comme frappés d’une étincelle électrique, ils s’élançaient tous deux en faisant résonner leurs castagnettes, aussitôt que se faisait entendre l'air plein d’entram de la Gallegada.
Le goût de la danse a été de tout temps très-prononcé dans les provinces basques. Dès le seizième siècle, l'instrument favori des Vascongados était connu en France sous le nom de Tubourin de Basque ; leur danse, telle qu'elle est encore en usage, est décrite dans un curieux ouvrage imprimé à Langres, en 1589, sous le litre d’'Orchésographie, traicté en forme de dialogue, par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et practiquer l'honneste exercice des danses ; l'auteur, que nous avons déjà cité, celui qui cachait son nom sous l’anagramme de Thoinot Arbeau, était un brave chanoine de Langres, âgé de 69 ans, que l’âge n'empêchait pas d'être fort mdulgent; en effet, il rappelle à ses lecteurs, en citant ce passage de l'Ecclésiaste : Tempus plangendi, tempus saltandi, que, S'il y a un temps pour pleurer, la danse doit aussi avoir son tour, Après avoir conté comment il a vu exécuter la dance des Morisques, « par mesure binaire, avec tappements de pieds et tappements de talons, » il décrit aussi celle des « Basques et Béarnois, etleur Tabourin de Basque, qu'ils tiennent suspendu à la main gauche, en le touchant