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LES DANSES BASQUES : LE ZORCICO

des doigts de la main droicte; le bois est seulement creux de demy pied, et les peaux d'un petit pied de diamètre, et est environné de sonnettes et de petites pièces de cuyvre rendant un bruiet | agoréable. » Outre le pandero où tambour de Basque, les Vascongados ont encore la gaita, comme les Asturiens et les Galiciens, ainsi que le /amboril et la flûte ; leur principale danse, à laquelle ils donnent le nom de zorcico, consiste en deux parties distinctes : elle commence par la

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GUITARRERO MANCHEGO ET DANSEUSE D’ALBACGETE (MANCHE) (page 401).

danza real où danse royale, et se termine par un pas qu’on appelle e/ arrin-arrin; ces danses existent encore aujourd'hui telles que les décrit un voyageur du siècle dernier :

« J'ai été témoin des danses de Vitoria, sous les arbres de la place. L’a/calde mayor donne le ton; deux tambours ont commencé par battre l'appel; les filles et les jeunes gens de la ville se sont rassemblés : ces premières se tenaient toutes par des mouchoirs et les hommes en faisaient

de même ; ils allaient ainsi, chaque bande à part, décrivant diverses figures autour des arbres etsur le gazon. » — «Après un quart d'heure de sauts et de tournoiements, toujours au son du tambour, et pendant que les jeunes gens choisissent chacun de l'œil leur demoiselle, ils envoient deux députés à la file que forment les femmes, pour aller chercher tour à tour les premières qui sont choisies. Pendant cet intervalle, les danses vont toujours, et peu à peu les deux bandes n’en forment plus qu'une. Alors les circuits qu’elle forme, les temps, les pas et les figures sont plus variés et précipités ; mais à un certain signal que donne le tambour, les danseurs se séparent, et bientôt, à l'air du fandango, toute la prairie paraît en mouvement.

Les danses basques, telles que nous les avons vues à Vitoria, à Apeitia. à Balmaseda et dans d’autres endroits, sont d’une innocence parfaite, surtout si on les compare à celles de l’Andalousie ; aussi n'est-ce pas sans étonnement que nous avons lu un livre publié par le révérend père Palacios, Contra bailes, — contre les danses. — Ce curieux In-quarto, où les Pères de l'Eglise et les théologiens les plus savants sont cités à chaque page à propos des danses basques, avait pour but de faire complétement disparaître ce plaisir national. La danse, dit l’auteur, est un cercle dont le centre est le démon; c’est le domame du diable, une école de vices, la perdition des femmes, la douleur des anges, l'enchantement de l’enfer, la corruption des mœurs, la perte de la chasteté; et, ajoute-t-1l en citant Pétrarque, le danger n’existe pas tant dans le plaisir du moment que dans l'espoir de celui à venir; c’est le prélude de la déshonnèêteté. Le père Palacios réprouve également ce qu'il appelle /os bailes requlares de las plazas, c'est-à-dire les danses populaires qui ont lieu en publie, et les Dates de Saraos, ou les réunions particulières des personnes de la classe élevée. C’est en vain qu’on lui propose comme transaction d’abolir l'usage de se tenir par la main, et d'isoler les danseurs des deux sexes au moyen d’un pañuelo ou mouchoir dont chaque personne tiendra un bout ; c’est en vain qu’on lui propose aussi de charger le müsico tamborilero de veiller à ce qu'il ne se passe rien de répréhensible : le sévère ennemi de la danza vizcaina répond qu'on ne trouvera ni assez d’alquaciles (agents de police) pour arrêter les délinquants, ni assez de prisons pour les enfermer. La danse basque a été enseignée dans des ouvrages didactiques : citons seulement celui de D. Juan Ignacio de Iztueta, écrit en basque sous le titre de Guipuscoao dantza ; c’est l'histoire des anciennes danses de la province de Guipuzcoa, avec les airs et les paroles qui les accompagnent, et la manière dont elles s’exécutent.

Les danses de la Navarre ont de l’analogie avec celles du pays basque. C’est de la Navarre qu'était originaire, à ce qu'on assure, la célèbre danseuse chantée par Voltaire :

La Camargo appartenait à une famille d’ancienne noblesse qui a donné à l'Espagne un navigateur, Alonzo de Camargo, et au Saint-Siége plusieurs cardinaux. Saint-Simon consacre un passage de ses Mémoires à Don Juan de Camargo, « qui étoit Inquisiteur général ou Grand Inquisiteur, Je n'ai jamais vu, dit-il, homme si maigre, ni de visage si effilé. Il ne manquoit point d’esprit ; il étoit doux et modeste, On eût beaucoup gagné que l’Inquisition eût été comme lui. »

I ne faut pas oublier les danseuses nomades qu’on rencontre dans quelques provinces, et qui sont souvent des gétanas; ces bohémiennes au teint olivâtre, aux cheveux noirs et Crépus, passent, comme autrefois, pour avoir autant de dextérité dans les doigts que d’agilité dans les jambes. Plus d’une fois, en les voyant danser, nous avons pensé à cette légende d’une ancienne gravure française représentant une bohémienne :

Elle danse bien la gaillarde,

Les menuets, les passepiez ;

Mais il faut toujours prendre garde A ses mains, plus {ost qu'à ses piedz!

LE PALOTEADO. M5

N'oublions pas non plus les danses appelées Paloteos ou Paloteado, et qui sont encore en usage dans les campagnes. Le paloteado est une danse rustique ainsi nommée du mot palo, qui signifie bâton; les enfants et les jeunes gens l’exécutent en tenant dans chaque main un petit

bâton semblable à une baguette de tambour, qu'ils frappent en mesure l’un contre l’autre, et dont le bruit remplace le cliquetis des castagnettes. Ces paloteos ou soldadescas sont peut-être un

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