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ALES

MIGUEL LOPEZ GORRITO, MONTÉ SUR DES ÉCHASSES, TUE UN TAUREAU DANS LA PLAZA DE SÉVILLE (page 4271).

Une Corrida à la Portuguesa; les vendedores de la Plaza. — Don Joaquin de los Santos, el Caballero en plaza. — José B6, el Tigre. — Les rejoncillos. — Les Pegadores. — La cuadrilla de los Indios, ou les Negritos. — Les Caporales. — Maria- Rosa Carmona, la intrépida Portuguesa. — Le Gorrito et ses échasses. — Repartie d'un picador à l'acteur Maiquez. — Une torera : Teresa Bolsi. — Les olivares des environs de Séville : les aceitunas de la reina et les zorzaleñas: l'huile espagnole. — De Séville à Cordoue : Carmona. — Excursion à Ecija, la poële à frire de l’'Andalousie. — Les Santeros. — Palma ; encore le Genil. — Almodovar del rio. — Arrivée à Cordoue. — Ancienneté de la ville : la Cepa de Cordoba

et la Sangre azul. — Cordoue à l’époque romaine. — Abdérame et le Khalifat d'Occident. — L'entrée dans Cordoue au temps des diligences. — La Mezquita : le Patio de los Naranjos. — Ponz et les Toreros cordouans. — L'intérieur

de la Mosquée ; le Mihräb ; el zancarron ; la mosaïque byzantine ; el carro del rey Almanzor.— Richesses de la Mosquée à l'époque arabe. — Le chœur : un mot de Charles-Quint, — Un Christ sculpté en marbre avec l’ongle d’un ecaptif chrétien. — Quelques tombeaux curieux. — La Puerta del Perdon. — Deux aldabones moresques. — Le Triunfo et l’archange Rafael. — Le Paseo del Gran Capitan. — Gonzalo de Cordoba; les Cuentas del Gran Capitan. — Décadence de Cordoue. |

Nous avons déjà dit quelques mots d’une corrida d la Portuquesa donnée à Séville à l’occasion des fêtes de Pâques : ce mélange du ‘sacré et du profane est chose assez commune dans la Péninsule : nous n’avons done pas besoin de transition pour passer des danses religieuses et des serses aux courses en question. Depuis quelque temps, les rues de Séville étaient tapissées

d'affiches hautes de deux mètres et larges en proportion, annonçant une Course extraordinaire de taureaux ; on lisait en tête ces mots en caractères énormes : NE

GRAN CORRIDA DE TOROS EMBOLADOS LIDIADOS A LA PORTUGUESA.

Notre affiche promettait encore aux a/icionados les exercices du caballero en plaza, souvenir des courses du temps de Charles-Quint, les Indios et les Caporales, et les fameux Pegadores portugais, sans oublier une Pegadora, chargés d’arrêter dans leur course les taureaux les plus furieux. Ce n'était pas tout : une cuadrilla espagnole devait combattre des {oros de muerte, destinés à périr par l'épée. Le programme de la corrida à l’espagnole n’était pas moins curieux : d'abord une jeune torera, Teresa Bolsi, devait tuer un taureau de sa blanche main ; ensuite, parmi les espadas figurait Miguel Lopez Gorrito, de Madrid, qui avait la spécialité de combattre les taureaux subido en los zancos, comme disait l'affiche, c’est-à-dire monté sur des échasses. Alléchés par des promesses aussi séduisantes, nous nous empressämes de retemir les üarandillas de piedra, es places les plus rapprochées du cirque, celles que recherchent les g/cionados consommés. À trois heures nous avions pris possession de nos astentos. Les vendeurs d’eau fraiche, d’oranges et de gâteaux offraient à l’envi leur marchandise avec les cris les plus bizarres : ces industriels sont toujours très-nombreux aux courses de taureaux, les aquadores principalement. Ces derniers n’ont pas besoin d’une mise de fonds considérable : deux réaux pour une céntara où alcarraza de terre poreuse qu'ils vont remplir à la fontaine voisine, un réal pour un verre grossier ; total : soixante-quinze centimes pour le matériel, Parmi les marchands en plein vent, il faut encore citer ceux qui vendent des rosquetes et des barquillos, gâteaux à l'huile qui se sentent de loin ; des avellanas (noisettes), et certains gâteaux légers connus sous le nom pittoresque de suspuros de fraile, — soupirs de moine ; — puis enfin ceux qui crient les alramuces (en dialecte andalou, artamuses), ou lupins grillés, ce modeste légume chanté par Horace.

La corrida était annoncée pour trois heures, et les /oreros sont toujours d’une ponctualité remarquable. On procéda d’abord au despejo, opération qui consiste à faire évacuer le cirque ; puis eut lieu le défilé traditionnel, — paseo de la cuadrilla. Le caballero en plaza, montant un caballo de escuela, un cheval de haute école, ouvrait la marche, suivi de la cuadrilla, des Pegadores, des Indos et des Caporales, qui allèrent successivement faire le salut d'usage à la autoridad competente. Le défilé terminé, Te señor presidente agita son mouchoir, pour faire signe qu’on pouvait commencer. Le cirque n’était occupé que par un des membres de la troupe portugaise, José B6, surnommé le Tigre, à cause de son agilité prodigieuse. Il se plaça debout et sans armes, à quelques pas de la porte du chiquero, la loge étroite où l’on enferme les taureaux. Aux premières notes d'une fanfare de trompettes, la porte s’ouvrit avec bruit, et l'animal s’élança furieux ; mais voyant son adversaire qui l'attendait immobile, il s'arrêta court, et après avoir fait voler avec ses pieds de devant des nuages de poussière, il baissa la tête, et se précipita sur José B6. D'après le programme, celui-ci devait attendre le taureau, et passer por entre sus manos y patas : — on appelle manos, Où mains, les pieds de devant, et patas ceux de derrière. Nous ne saurions dire exacte-

ment comment cela se fit, tant les mouvements du igre furent rapides, mais celui-ci passa comme une flèche entre les jambes du taureau, qui se mit à pousser des beuglements, fort étonné sans doute d’avoir donné ses coups de corne dans le vide.

A l’autre extrémité du cirque se tenait gravement en selle le caballero en plaza, don Joaquin de los Santos ; il était armé d'un rejoncillo, espèce de lance de bois à peu près semblable à celles dont on se servait anciennement dans les tournois, mais plus faible, longue seulement d'un mètre et demi, et garnie à l'extrémité d’une pointe de fer. Dans les anciennes courses de taureaux, il était réservé aux caballeros de briser des lances, guebrar rejoncillos : Goya a représenté cet exer-

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PEGADORES

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SÉVILLE

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