DÉCADENCE DE CORDOUE
puis deux peintres, Juan de Alfaré, Pablo de Cespédès ; Ambrosio de Moralès, un des hommes les plus érudits du seizième siècle; et enfin le père Sanchez, ce fameux casuiste, qui publia ses Disputationes sur le mariage, — un ouvrage intraduisible, et de qui on disait qu'il en savait sur le mariage plus long que le démon : Del matrimonio, sabe mas que el demonio. s
Nous parlerons plus tard des cuirs de Cordoue et de son orfévrerie, si célèbres autrefois. Cette pauvre Cordoue, si florissante sous la domination arabe, n’est plus aujourd’hui que l'ombre de ce qu’elle était autrefois, et depuis longtemps les écrivains espagnols déplorent à l'envi l’état de décadence où elle se trouve. « Partout des façades sans édifices, où croissent la mousse et la mauve, des fenêtres ouvertes où passent librement les oiseaux amis des grandes ruines, des monastères inhabités, des temples déserts, des places où l'herbe croît, des rues silencieuses à toute heure, des marchés où l’on ne vend pas, des ateliers où l’on ne travaille pas, une population inactive, endormie, réduite à rien, pauvre, privée des bienfaits de la civilisation de Pislam, divorcée avec les douceurs du progrès chrétien, marquée du stigmate d’une douloureuse décadence matérielle et morale...» — Telle est la peinture que fait de la Cordoue d'aujourd'hui l’auteur des Recuerdos y bellezas de España.
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