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À las doce de la noche l | Ech6 un galan un requiebro, Pensando que era su dama.… Y era un galo negro.
| Un autre, qui a éprouvé des déceptions, exhale ses plaintes dans le couplet suivant :
Yo me enamoré de noche
Y la luna me engañ6 ;
Otra vez que me enamore Û Serà de dia y con sol.
« C'est de nuit que je me suis enflammé, — Et la lune m'a trompé ; — La première fois que je m'enflammerai, — (:e sera de jour, et en plein soleil. »
* Lorsque le pe/ador de para compte des musiciens parmi ses amis, il leur donne rendez-vous sous le balcon de sa novia, qui jouit ainsi des charmes de la musique tout en écoutant les douces paroles de son fiancé. Nous assistämes par une belle nuit d'été, dans une rue de Cordoue, à une serenala de ce genre, qui nous fit penser à celle de Don Pasquale : l'orchestre improvisé, qu'on appelle en Andalousie la ronda, se composait de guitares, de bandurrias ou mandolines, et de flûtes ; tandis que les musiciens accompagnaient la voix des cantadores, le novio semblait, comme dit la chanson andalouse, attaché avec un cheveu aux barreaux de la fenêtre :
Atado con un cabello À la reja de su casa.
Quant à la jeune fille, dont un rayon de la lune éclairait la charmante figure à travers sa 7'eJ4, elle nous parut prendre beaucoup plus d'intérêt aux paroles de son fiancé qu'aux trilles des flûtes et au punteado de la bandurria.
Assez souvent, tandis que le rovio est occupé à pelar la pava, quelques amis embusqués dans le voisinage le surprennent, l'entourent, et l’obligent à leur payer tribut, ce qui s'appelle cobrar el piso. Il est rare que le fiancé refuse de se conformer à cette coutume, car, suivant le proverbe andalou, celui qui plume la dinde, doit payer sa place : A/ que pela la pava, cobrarle el piso.
L'Andalousie est renommée pour sa dévotion à la sainte Vierge, la Santisima, — la Très- Sainte; les Andalous désignent eux-mêmes leur pays sous le nom de la Tüerra de la Santisima. On aurait de la peine à se faire une idée de la quantité extraordinaire de livres imprimés dans la Péninsule à la louange de la Mère du Sauveur. Le bibliographe Antonio, qui vivait au milieu du dix-septième siècle, citait, dans sa Bibliotheca Hispana Nova, quatre-vingt-quatre ouvrages sur les Vierges vénérées particulièrement dans certaines localités, et quatre cent trente qui traitent de la sainte Vierge en général. Il est probable que le nombre des livres de ce genre à doublé depuis. Dès les premiers temps de l'introduction du christianisme en Espagne, le culte de la Vierge y prit une très-grande extension. Les rois goths dédiaient à Sancta Maria, dans les temples qui lui étaient consacrés, ces belles couronnes d’or enrichies de perles et de saphirs, * PNE comme on en a découvert il y a quelques années non loin de Tolède ; Jaime e/ Conquistador, roi SR d'Aragon, fit élever, dit-on, mille églises toutes dédiées à la Vierge Marie. ve 4, VAR