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Fe se te a Gta nous pan à ua en. po n nous € mes le temps de visiter la ville tout à notre aise. Manzanarès n’a que le nom de commun avec le cours d'eat
est censé arroser la capitale de l'Espagne; la ville est d’un aspect moins désolé que Jee autel" e PMP
Ê endroits de la Manche ; elle nous parut plus vivante et moins dépourvue de ressources que Santa- # 10 é: LATE ENS Re Cruz de Mudela et Valdepeñas. | Hasta 5 + Le | Tousles voyageurs qui ont fait le voyage QE il y a quinze ou vingt ans, ont eat he À
parler de la Ciega de Manzanarès, qui improvisait des vers et parlait latin ; ; Théophile Gautier consacra quelques lignes à la Ciega, qui était venue lui souhaiter la ee pendant qu'il sou- pait en plein air au milieu de la nuit. Desbarolles, dans son voyage avec Eugène Giraud, eut ‘aussi occasion de voir la fameuse aveugle de Manzanarès, Maria Catarina Diaz, qui se tenait ordinairement au parador de las diligencias, où dans l’espoir de quelques réaux elle débitait, dans l'intervalle des relais, ses poésies aux voyageurs. La dernière fois que nous vimes la C?ega, elle se mit à psalmodier avec volubilité des paroles que nous voulûmes bien prendre pour des vers ; en même temps, elle avait arrondi ses deux bras à la manière des gutarreros, et ses doigts, ” agités par un frémissement continuel, semblaient se promener sur les cordes d’une guitare absente. Pendant qu'elle continuait à gratter son instrument imaginaire, survint un curé, le bras gauche enveloppé dans un pli de son vaste manteau à collet et coiffé de l’immense chapeau à la Basile ; une culotte courte serrée aux genoux, des bas de soie noire et des souliers à larges boucles d'argent complétaient son costume. C’était un prêtre séculier, de ceux qu'on appelle céérigos de misa y olla, littéralement «de messe et de pot-au-feu », c’est-à-dire de ceux qui ont étudié tout juste pour entrer dans les ordres. Le brave curé, après avoir jeté la cigarette qui expirait entre ses lèvres, salua l’aveugle d’un vale! auquel celle-ci répondit en latin. Le curé reprit dans la même langue, et le dialogue s’engagea ; mais nous eùmes bien de la peine à trouver dans leurs phrases quelque analogie avec la langue de Tacite et de Cicéron : le curé parlait le latin comme un sacristain, et celui de l’aveugle nous parut à peine mériter le nom de latin de cuisine. Du reste, les deux interlocuteurs, qui sans doute ne se comprenaient qu'à demi, furent bientôt aussi embarrassés l’un que l’autre ; aussi la conversation ne tarda-t-elle pas à tomber à plat.
Quand nous rentrâmes à la casa de huéspedes, notre équipage nous attendait : c'était un birlocho, espèce de cabriolet à brancards droits, à siége étroit, qui pouvait avoir été neuf sous le règne de Ferdinand VIT; le siége, qui portait des traces de peinture jaune, disparaissait presque entre deux roues énormes. Comme nous voulions arriver de bonne heure à Argamasilla de Alba, nous fimes aussitôt l'ascension de notre véhicule, qui roula avec force cahots, en rendant un bruit de ferraille, sur le sol inégal des rues désertes de Manzanarès. Nous venions de traverser un hameau qu’on appelle, nous ne savons pourquoi, casa del Duende, c’est-à-dire la maison de l'esprit follet; nous ne tardâmes pas à faire notre entrée dans le bourg dont le nom est inséparable du souvenir de Cervantès. Nous traversâmes la voie du chemin de fer; de nombreux ouvriers, couchés sur la voie, se reposaient en plein soleil : c’est ce que les Espagnols appellent {omar el sol. Argamasilla est un bourg aux maisons noires, la plupart à un seul étage, qui n’a ni commerce ni industrie, si ce n’est ce drap grossier qu'on appelle paño pardo. Mais la grande curiosité d’Argamasilla, c’est une maison en assez mauvais état, dont la construction nous parut remonter au seizième siècle, la casa de Medrano, et qui passe, d’après la tradition, pour l’ancienne prison de Cervantès. C'est là qu'il eut tant à souffrir, comme le montre une lettre qu'il écrivait à son oncle, habitant d’une ville voisine, Alcazar de San-Juan, lettre qui commençait ainsi : « De longs jours et de courtes nuits me fatiguent dans cette prison, Ou, pour mieux dire, caverne. » Ce sont ces pénibles souvenirs qui expliquent le commencement Pr:
du Don Quichotte : « Dans un endroit de la Manche, dont je ne veux pas me rappeler le nom. »
On sait que Cervantès écrivit pendant sa captivité une partie de son admirable roman : « Ce fils maigre, jauni, fantasque.…..; dit-il dans son prologue, s’est engendré dans une prison, où toute incommodité a son siége, où tout bruit sinistre fait sa demeure. » Son livre eut une trèsgrande vogue, et il nous l’apprend lui-même par ces lignes qu'il met dans la bouche de son héros : « Par mes nombreuses, vaillantes et chrétiennes prouesses, j'ai mérité de courir en lettres moulées presque tous les pays du globe. Trente mille volumes de mon histoire se sont imprimés déjà, et elle prend le chemin de s’imprimer trente mille milliers de fois, si le ciel n'y remédie, ».
La première partie du Don Quichotte fut imprimée pour la première fois à Madrid, en 1605, par Juan de la Cuesta ; la seconde partie ne parut que dix ans plus tard, en 1615 : malgré les trente mille volumes dont parle Cervantès, cette première édition est devenue extrêmement rare. Une curieuse édition du Quijote a été publiée en 186% : cette édition dont le texte a été revu avec soin par M. Hartzembusch, un poëte et un érudit, a été imprimée à Argamasilla de Alba, dans la maison même qui servit de prison à Cervantès.
SN Eses ne = ES 84
PRUNAIRE,