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les rues les daïms et même les sangliers. O
Charles Il avait peuplé son parc de toutes sortes sas animaux
des guanacos, des zèbres en liberté. Déjà Philippe V y avait établi un se é de Hé à | ployait pour l’agriculture, et dont le lait était, dit encore Saint-Simon, « le plus exceller ë
tous, et de bien loin. Il est doux, sucré, et avec cela relevé, plus épais que la meilleure crème,
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et sans aucun goût de bête, de fromage ni de beurre. Je me suis étonné souvent qu'ils n n’en aient pas quelques-uns de la Casa del Campo, pour faire usage à Madrid d’un si délicieux laitage.» ly avait aussi un assez grand nombre de chameaux, qui servaient pour l’agriculture, comme ceux qu’on voit encore à la Cascina di san Rossore, dans les environs de Pise. |
Après les jardins et le château, il nous restait à visiter la ville d'Aranjuez : ce fut l'affaire de peu de temps, car elle est presque moderne, et ne se compose que de quelques rues alignées au cordeau. Ce n’était encore, au dix-septième siècle, qu'un pauvre village : ce petit hameau, lisonsnous dans un récit contemporain, «est si chétif, qu’à peine on y trouve à loger... A peine trouvâmes-nous au lieu où nous fûmes une écurie pour nos chevaux et le couvert pour nous, et nous fûmes trop heureux d’y dormir sur des bancs et sur des chaises.» « Lorsque le roi y va, dit un autre, ceux qui l’accompagnent sont si mal logez, qu'il faut se contenter d’y aller à toute bride faire un peu sa cour, ou de passer jusques à Tolède, car il n’y à que deux méchantes hôtelleries et quelques maisons de particuliers en fort petit nombre.» Aujourd’hui, on ne court plus le risque de mourir de faim à Aranjuez. La population de la ville, qui en temps ordinaire ne s'élève guère à plus de quatre mille habitants, montait, dit-on, à quinze ou vingt mille pendant les mois de mai et de juin, époque où séjournait habituellement la cour.
Une course de taureaux était annoncée pour le lendemain de notre arrivée : nous n’eûmes garde d'y manquer, car l'affiche promettait aux amateurs, outre la corrida de rigueur, une lucha entre un taureau et un tigre. C’est une ancienne tradition que ces combats d'animaux à Aranjuez, où ils étaient déjà fort à la mode il y a deux siècles. Nous avons dit qu'il y avait autrefois, dans le parc du château, de nombreux chameaux : on faisait battre ces animaux contre des chiens : « C'étoit, dit un témoin oculaire, un agréable divertissement, de voir comment cette beste. si mal faite, se défendoit adroitement des mâtins qui l’attaquoient et que quelquefois sa furie forçoit les barrières, et se déchargeoit sur les spectateurs. » Plus tard, on fit lutter des nègres contre les taureaux : on raconte l’histoire d’un nègre de Buenos-Ayres qui, habitué dès son enfance à poursuivre dans les déserts les troupeaux sauvages, montrait dans ces combats une force et une habileté extraordinaires. Il prenait une longue corde munie d’un nœud coulant, — le /aso de son pays, — et après l'avoir passée entre les cornes du taureau, il le conduisait près d’un poteau solidement fixé au milieu de la place. Après l'avoir attaché au poteau, il lui jetaitune
selle sur le dos, et l’enfourchait comme il eût fait d’un cheval. On coupait alors les cordes, et
l’ânimal se mettait à courir de tous côtés, cherchant à se débarrasser de ce cavalier improvisé. Lorsque ce fatigant exercice commençait à diminuer les forces du taureau, le nègre dirigeait comme il pouvait sa monture vers un autre taureau, qu'il ne tardait pas à tuer ; après quoi il tuait
également celui sur lequel il était monté. RANCE à la lutte annoncée. Déjà nous avions vu el
COMBATS D'ANIMAUX A ARANJUEZ. be +
Andalousie de ces combats où le taureau avait à se mesurer, soit avec un tigre, soit avec un lion; une autre fois, c'était un lion qui devait lutter contre un éléphant. Mais ordinairement les adversaires montraient des dispositions très-pacifiques, et tout se terminait à la plus grande satisfaction de la Société protectrice des animaux. Le combat dont nous fûmes témoins ne fut pas long : le tigre, malgré toutes sortes d'excitations, malgré les cris de la foule, restait parfaitement tranquille, et rien, dans son attitude, n'indiquait la férocité naturelle à sa race. Le taureau, au contraire, bien que de petite taille, avait des allures vives et belliqueuses : aussi se dirigea-t-il résolûment vers son adversaire, qu’il enleva d’un vigoureux coup de cornes, et qu'il envoya sauter presque aussi haut que la barrière en bois élevée pour la sûreté des spectateurs. Les cris : fuera ! fuera ! (à la porte !) se firent entendre, avec toutes sortes d’imprécations contre le tigre, qui rentra honteusement dans sa cage, tandis que le taureau restait maître du champ de bataille.
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