PAYSAN DES ENVIRONS DE MADRID
là de petits incidents qui troublent à peine la gaieté de la fête de San Isidro.
Madrid a bien d’autres fêtes encore, par exemple les Verbenas, qui se célèbrent la veille des lêtes de saint Antoine, de saint Pierre et de saint Jean. Les Vockes de Verbena sont de grandes OCCasions de réJouissance, et on va passer la nuit au Prado, où l’on danse la 7ofa au son des Suilares et à la lueur des lanternes vénitiennes. Ce nom de Verbena vient d’un ancien usage,
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souvenir du paganisme, qui consistait à aller cueillir la verveine. Pendant le carnaval, — carnes-
tolendas, — les rues de Madrid se remplissent de masques couverts des oripeaux et des paillettes
de rigueur. On chante des esudiantinas, on fait une grande consommation de va/depeñas et de
carinena, eton danse dans la rue, dans les maisons, dans les théâtres et dans les sa/ones de baile.
Le mercredi des Cendres, la foule se porte sur les bords du Manzanarès, pour assister à la fête * \
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INTÉRIEUR D’UNE TABERN ‘ D UNE TABERNA (CABARET) DU RASTRO, À MADRID (page 583).
grotesque de l'enterrement de la sardina. Le dimanche suivant est appelé domengo de piñala, il cause ces dragées aux amandes de pommes de pin qui se consomment ce jour-là. Le soir, dans les fertulias de brasero (soirées au coin du feu), on met les dulces de piñata dans un vase de etes et elles appartiennent à celui des invités qui, les yeux bandés, parvient à le briser au moyen dun bâton. N'oublions pas la Mocke buena, — la nuit de Noël : toute la semaine est une époque
gamins qui suivent le cortége en poussant force cris et en frappant à tour de bras sur de vieilles casseroles.
Il est difficile de rien imaginer de plus see, de plus nu, de plus triste que les environs de Madrid. Au lieu des innombrables maisons de campagne qui donnent tant de gaieté, tant d’animation aux abords de Londres et de Paris, on ne voit près de la capitale de l'Espagne, surtout quand on arrive du nord, qu'un désert semé d'énormes pierres. Ces pierres, dont la couleur noirâtre ajoute encore à la désolation du paysage, ont fait dire de Madrid, comme de la petite ville de Trujillo en Estrémadure, qu’elle est entourée de feu, —allusion aux étincelles produites par le silex. On pourrait croire, en vérité, qu'un immense incendie a passé par là, tant la végétation est rare. On comprend facilement que le goût de la villégiature soit peu développé chez les Madrilègnes. Du reste, les châteaux et les maisons de campagne sont moins nombreux ici que dans la plupart des autres pays de l'Europe. N'est-ce pas à cette rareté des châteaux qu'il faut attribuer l'origme de la locution proverbiale relative aux châteaux en Espagne, et que nos voisins traduisent par castillos en el aire, — châteaux en l'air ? Il est vrai que nous en avons lu quelque part une autre explication : Vers la fin du onzième siècle, Henri de Bourgogne, à la tête de nombreux chevaliers, franchit les Pyrénées pour aller porter secours à Alphonse, roi de Castille. Ce prince lui donna, dit-on, la main de sa fille en récompense. Le succès des aventuriers exeita l’émulation et les espérances de la noblesse française, et il n’y eut fils de bonne famille qui ne se flattât de fonder, comme eux, quelque riche établissement, qui ne bâtit dans son esprit des chdteaux en Espagne.
C'est dans les environs immédiats de la ville que les bourgeois de Madrid vont ordinairement faire leur promenade du dimanche. Tantôt, sortant par la porte d'Alcalà, ils vont faire une merienda champêtre, tantôt ils se dirigent vers la plaine de Chambérr; ou bien encore ils suivent les bords du Manzanarès ou ceux du canal. Dans ces parages se donnent également rendez-vous chaque dimanche les chasseurs naïfs. Le cazador del canal est un type qui rappelle beaucoup le chasseur de la plaine Saint-Denis, ou l’inoffensif cassairé des environs de Marseille. Les caricatures locales nous représentent le cazador del canal, guètré, bouclé et sanglé, armé de toutes pièces, succombant sous le poids des munitions de toute sorte et des provisions de bouche ; et il se charge de tout cet équipage pour faire la guerre, presque toujours sans résultat, à quelques alouettes et aux rares moineaux des environs. Un endroit où le gibier est plus abondant, c’est la Casa del campo, un des rendez-vous de chasse favoris de Charles II, ainsi que le Pardo, dont les bois touffus et les ombrages séculaires contrastent fort heureusement avec la sécheresse et l'aridité d'une grande partie de la contrée. Ces bois, plantés de châtaigniers et de chênes verts, furent longtemps le théâtre des exploits cynégétiques des rois d'Espagne. Saint-Simon raconte une chasse curieuse à laquelle il assista en compagnie de Philippe IV : « Deux, trois, quatre cents paysans commandés avoient fait dans la nuit des enceintes, et des huées dès le matin, au loin, pour effrayer les animaux, les faire lever, les rassembler autant qu’il étoit possible, et les pousser doucement du côté des feuillées. Dans ces feuillées, il ne falloit pas parler ni remuer le moins du
30 d'apereevor de e plus 1 loin les» payes. maÿos. de naïf ch en Re ats Ha course à AREAS outrance par ses camarades, par des gens du peuple qui l'éclairent avec des torches, et par des
monde, ni qu'il y eût aucun habit voyant, et chacun demeuroit en silence. Enfin nous entendimes de loin de grandes huées, et bientôt après nous vimes des troupes d'animaux passer à mainte reprise à la portée et à demi-portée de fusil de nous, et tout aussitôt le roi et la reine faire beau feu. Ce plaisir ou cette espèce de boucherie dura plus de demi-heure à voir passer, tuer, estropier, cerfs, biches, chevreuils, sangliers, lièvres, loups, blaireaux, renards, fouines sans nombre. Voilà le plaisir de Leurs Majestés Catholiques tous les jours ouvriers. » .
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