ÉTUDIANTS DE LA TUNA
L'Escurial ; — le vœu de Philippe 11; — le gril de Saint-Laurent ; — le Patio de los Reyes; — le Relicario: — le Panteon : — le Podridero ; — la Bibliothèque. — Alcalä de Hénarès : — l'Université ; — la Magistral; — Les Estudiantes de lu tuna ; — quelques couplets sur les étudiants espagnols ; — Je tricornio, la sotana et le manteo ; — les estudiantinas. — De Madrid à Cuenca..— Les pinares. — Le Huecar. — La cathédrale de Cuenca. — San fldefonso (la Granja). — Quelques artistes français. — Ségovie : l'Aqueduc, l’Alcäzar et la Cathédrale, — Orgueil castillan ; — anciennes caricatures et ouvrages satiriques; — l’Antipathie des François et des Espagnols. — Les voyageurs étrangers en Espagne. — Exagérations et mensonges.— Bévues d’un auteur anglais. — Une nouvelle manière de juger la peinture. — L'Asador et le chapeau Gibus d'Alexandre Dumas.
« La distance de Madrid à l'Escurial, dit un ancien voyageur, approche fort de celle de Paris à Fontainebleau. » On ne compte guère, en effet, qu'une huitaine de lieues d'Espagne entre la capitale et le real monasterio. C'était pourtant un voyage long et fatigant; plus d'une fois nous l'avons fait, soit en diligence, soit dans un de ces antiques carrosses à panneaux Jaunes ornés de peintures fantastiques et attelés de mules empanachées. Il ne fallait pas moins de huit ou dix heures pour parcourir ce chemin, avec des cahots sans nombre et une poussière asphyxiante. Nous avons lu quelque part qu’autrefois on avait soin, quand les rois d’Espagne se rendaient à l'Escurial, de faire arroser la route qu'ils devaient parcourir, opération fort utile, ear les mules des écuries royales couraient tout le temps ventre à terre. Aujourd'hui le voyage se fait par chemin de ler, et dure tout au plus deux heures. Tout le monde connaît la tradition qui rattache la fondation de l'Escurial au gain de la bataille de Saint-Quentin. « Les Espagnols, dit un des combattants qui avait survéeu au désastre, pouvoient parachever la totale extermination des forces de France, el nous oster toute ressource et toute espérance de nous remettre sus... Mais il semble que le
Ro en À ae : ï Moioe de » Philippe Il, et joua même un ns le ae l oe de don Carlos. La vérité est que les plans de l’Escurial ont été tracés par un architecte espagnol, Juan Bautista de Toledo, qui construisit une des rues les plus connues de Naples, la Strada di Toledo. Ces plans approuvés par Philippe Il, Juan Bautista posa lui-même la première pierre de l'édifice, le 23 avril 1563, en présence du roi et des moines hiéronymites qui devaient habiter le couvent. Juan Bautista mourut en 1567, les fondations presque terminées ; la suite des travaux fut confiée à Juan de Herrera et à l'Italien Pacciotto, qui apportèrent certaines modifications au plan primitif. L'édifice ne fut entièrement terminé qu’en 1583, l’année même de la mort de Philippe IL. Chaque voyageur a jugé l'Escurial à sa manière et suivant son impression particulière. Pour nous, le sentiment qui domine au premier aspect, c’est la tristesse. C’est grandiose et très-imposant, mais cette masse énorme de granit, semblable à une nécropole, laisse une impression des plus lugubres. Lors de nos premières visites à l’Escurial, nous fûmes accompagnés par un aveugle nommé Cornelio, qui était lui-même une des curiosités de l'endroit. C'était un petit vieillard sec, qui passa sa vie à guider les étrangers, et qui se trompait rarement dans un dédale de cours, de cloîtres, d’escaliers et de salles.
On sait que l'architecte à donné à l'édifice la forme d’un gril, en l'honneur de saint Laurent, diacre espagnol qui fut martyrisé à Huesca en l'an 258, par ordre de l’empereur Valérien, et dont le martyre a été raconté en détail par le poëte Prudentius, de Tarragone. Il est difficile de retrouver la forme du gril, à moins de monter jusqu’à la lanterne qui surmonte la coupole de l’église. De là on aperçoit à vol d'oiseau la disposition de l'édifice : les grandes tours carrées placées aux angles occupent la place des pieds du gril, et les cours intérieures figurent les intervalles des barreaux. Du reste, on retrouve à chaque pas l'instrument du supplice de saint Laurent. « On a représenté des grils partout, dit un ancien voyageur; on y voit des grils en sculpture, des grils peints, des grils de fer, de bois, de marbre, de stuc; des grils sur les portes, dans les cours, dans les croisées et dans les galeries. Jamais aucun st de martyre ne fut ie en tant de manières. Quant à moi, je ne vois plus de gril sans songer à l'Escurial. » Notre guide ne nous fit grâce d'aucun chiffre dans l’'énumération des merveilles du monument : les bâtiments ont la forme d’un parallélogramme ayant d’un côté cent quatre-vingtdix, et de l’autre cent cinquante mètres; on compte soixante-trois fontaines, quatre-vingts escaliers, douze cloîtres, seize cours, et, pour finir, onze mille fenêtres, en souvenir des onze mille vierges de Cologne. Ces chiffres varient, du reste, suivant imagination de chaque guide.
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péniroits dans le monument : nous remarquons en entrant, à côté d'une statue colossale de saint Laurent, les mâchoires d'une baleine qui fut prise, dit-on, en 1574, dans les eaux de Valence. La première cour est appelée patio de los Reyes, à cause des statues colossales de six rois
er.