‹ L'EspagneChapitre 210 sur 287 · BIBLIOTHÈQUE DE L'ESCURIAL · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE L'ESCURIAL

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que de pe y Balle. » te qui ti conndiBea non en ee encore dans le Colog de los Perros (le Dialogue des Chiens), où il trace une curieuse peinture de la vie des estu 7 ni les, en faisant parler le chien Berganza : « ..….. Je menais une vie d’ étudiant, sauf la faim et la gale,

ce qui est dire que c'était une joyeuse vie; car, si la faim et la gale n ’étaient si inséparables ( des étudiants, il n°y aurait pas de vie plus agréable et plus réjouissante.….. » Les anciens romans picaresques Sont pleins de récits des espiègleries auxquelles se livraient ie étudiants : quand ils ne bâtonnaient pas quelque a/quaci, ils s’amusaient, en carnaval, à berner sur une couverture les chiens du voisinage, comme Othon, la nuit, les ivrognes dans les rues de Rome, ou comme on fit au pauvre Sancho dans l’hôtellerie. Nous avons lu dans la PAilosophia vulgar un vieux proverbe qui dit qu'avec le latin, un florin et un bidet on peut parcourir le monde :

Con latin, florin, y rocin, SF Andaräs el mundo.

Qui sait si ce proverbe n’a pas été fait pour les étudiants nomades ? I] n’est pas de plaisanteries dont ces pauvres hères n’aient été l’objet : on en trouve à foison, avec force caricatures,

dans les chansons populaires à deux cuartos. Voici d’abord la Relacion jocosa del estudiante enamo-

rado, que vendii la sotana y el manteo por casarse con una tuerta, c'est-à-dire la « Joyeuse relation de l’étudiant amoureux qui vendit sa soutane et son manteau pour se marier avec une borgne. » Quelquefois le sujet du romance est dramatique et tourne à la complainte : tel est celui de Lésardo, el estudiante de Cérdoba, « en lequel on déclare les transes, frayeurs et angoisses qu'il eut à souffrir avec une religieuse, doûa Teodora, native de Salamanque. On y rapporte comment, ayant été une nuit escalader les murs de son couvent, il fut témoin de son enterrement, et autres particularités. » Nous possédons quelques-unes de ces chansons en dialecte valencien, par exemple le Chiste dels estudiants y el porc, ahon se declara el chasco que li donaren à un Îla rador de Benifayô, ou « Farce des étudiants et du cochon, dans laquelle on déclare la plaisanterie qu'ils firent à un paysan de Benifayo. » IL est question dans ce chiste d'un cultivateur qui se rend à la ville pour vendre son cochon; le /aurador était à peine installé sur la place du marché, que passent quatre étudiants qui s’en allaient courant la {una ; ils lui achètent l'animal, sans le payer, bien entendu, et ils imaginent, pour l’escamoter, de le couvrir de leur manteau et de le faire passer pour un mort. L'université de Valence était fameuse autrefois, et est encore l'une des plus importantes de l'Espagne; les étudiants valenciens ont été souvent chansonnés, comme dans ce couplet si connu, qui se chante sur l'air de la Jota : |

Un estudiante en Valencia Se pus6 à pintar el sol,

Y de hambre que tenia Pinto un pan de municion !

«Un étudiant à Valence — Se mit à peindre le soleil, — Et à cause de la faim qu'il avait, — Il peignit un pain de munition ! »

La misère des estudiantes est proverbiale : «Depuis que je suis étudiant, dit l’un d'eux, depuis que je porte le manteau, je n’ai mangé que des soupes aux semelles de bottes. Depuis trois mois je ne mange plus; je suis abattu par la faim; et je me mets du plomb aux jambes, pour que le vent ne m'enlève pas. » |

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