‹ L'EspagneChapitre 220 sur 287 · ENTERREMENT D'UN PAYSAN · texte numérisé non relu

ENTERREMENT D'UN PAYSAN

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soi des te de ee prises sw tas Re Hs pi Mr dur de Séville et de MAIRE OEM HR et dans le Rastro de Madrid, on retrouverait encore aujourd’hui les originaux de ces portraits. AOL. |

L’argot espagnol n'est plus ce qu'il était autrefois; le langage des voleurs, toujours imagé | Re. et pittoresque, à subi de fréquentes modifications, la majeure partie des expressions étant dues au caprice où à l'imagination des individus. Certains mots ne présentent aucun rapport avec le castillan; d'autres, au contraire, sont empruntés à cette langue, mais une partie des syllabes sont tronquées ou retournées. Assez souvent les mots espagnols sont conservés sans altération, mais détournés de leur signification ordinaire ; il en résulte des tropes d’une hardiesse étonnante, . des métaphores singulières, comme on pourra en juger par les exemples que nous donnerons bientôt. Il ne faut pas oublier, parmi les éléments qui composent l’argot espagnol, le calé, cette eurieuse langue des Gitanos. Cependant, bien que la germania ait ‘emprunté un grand nombre de mots au calé, on ne doit pas les confondre. C’est surtout dans les prisons, dans les presidios (bagnes), dans certains quartiers des grandes villes que se parle la germania : par exemple à Madrid dans le Rastro, à Cadix, à Séville, à Malaga parmi les barateros et les charranes, et encore parmi les contrabandistas andalous et les toreros. De même qu'Eugène Sue dans ses Mystères de Paris, plusieurs auteurs espagnols contemporains ont introduit la germania dans leurs romans ; nous citerons notamment /4s Guardillas de Madrid (les Mansardes de Madrid), dé D. Luis Corsini, ouvrage qui contient de curieux détails sur les voleurs de la capitale.

Pour donner une idée des images pittoresques employées par les voleurs espagnols, nous commencerons par les termes qui se rapportent plus particulièrement au métier : la germania est d'une richesse extraordinaire; elle possède plus de trente mots différents. Voici d'abord el Azor (le vautour), le voleur de haut parage; le Salteador, celui de grand chemin, qu'on appelle aussi Ærmitaño (ermite); le Corredor (courtier), qui combine les vols; le Boeador, qui vole dans les foires. Chaque spécialité a un nom particulier : l'A/cafero opère sur la voie publique, l’'A/miforero sur les chevaux, le Gomarrero sur les poules, le Cachuchero sur l'or. Le Bolata etle Ventoso s'introduisent par la fenêtre; le Lechuza ne travaille que la nuit ; le Murcrglero dévalise les gens endormis; le Æ/orero vole les joueurs; le Æ/atero coupe les poches et les bourses; le Desmotador dépouille ses victimes de leurs vêtements ; l’Afalaya fait le guet, et le (raritero donne asile aux voleurs ; le Piloto les guide ; le Bajamano, c'est le voleur novice; le Bailon, au contraire, a vieilli dans le métier ; le Go/lero, le Buzo, le Levador, V'Aquila, sont d’une habileté rare. Nous n'en finirions pas si nous voulions compléter cette énumération; citons seulement quelques autres noms, tels que Caleta, Caletero, Lobo (loup), Rastillero (qui ratisse), Baile, Baiador (danseur), Bailito, Brasa (braise), Palanquin, Ladrillo, Chori, Chor, Birlo, Bolador, Chiquiribaile, Landrero, ete. .

Continuons notre examen du vocabulaire imagé de la germania. Le corps, c’est le navio, le navire, ou bien l'arbol, l'arbre ; la tête, le chapitel, le chapiteau. L'œil a plusieurs noms : lantôt c’est le fanal, tantôt le rayo (rayon) ; l'avézur, qui avise, ou bien encore e/ quemante, le brülant. Rapprochement curieux : l'œil, en argot français, s'appelle le reluit. Les oreilles se nomment les anses, las asas, — ou les sœurs, /as hermanas. Quant aux dents, elles prennent le nom

or

doigts se Re ai détiles A ou dE ir RE ot e souvent, l'index et le médius, sont appelés las tijeras, (les ciseaux se nom

sauteur.

” Passons aux vêtements ; leurs noms sont aussi aie use le Re de io Ja mr

c’est la prèma ; le manteau a plusieurs noms : tantôt c'est la agüela, V'aïeule, probablement à cause de ses nombreuses années de service ; tantôt {a nube, le nuage dans lequel on. S'enveloppe ; quant à la veste, c'est la pelosa, la velue. Le chapeau prend le nom de techo, Je toit ; la poche est devenue la potosia, par allusion aux richesses des mines du Potosi, si. célèbres en Espagne ; on l'appelle également e/ /oso, le fossé, à cause de sa profondeur. Les otas sont les ilustres, et les guètres les Zabrados, c'est-à-dire les travaillés : on sait avec quel luxe de broderies et de piqûres cette partie du costume est ornée, notamment en Andalousie. Un drap de lit reçoit le nom d'alba, qui signifie anche dans le langage poétique, et veut dire également : l'aube; quant au lit, c’est le moelleux, /4 blanda. Mentionnons seulement deux objets qui font partie du costume féminin : le corset d’abord, e/ apretado, le serré, le pressé ; puis les brodequins, dos dichosos, les bienheureux, métaphore ingénieuse que justifie la beauté bien connue du pied des Espagnoles.

La prison et tous les objets qui s'y rapportent doivent tenir leur place dans la germania ; aussi les synonymes sont-ils nombreux : tantôt c'est le panier, banasto ; tantôt le four, horno, ou bien la banque, 4anco ; la marâtre, /a madrastra ; angoisse, /a anqustia, la träpala, la confusion. La tour s'appelle la haute, alta ; les grilles du cachot, sur lesquelles le prisonnier appuie son front pour voir quelque chose du dehors, deviennent des lunettes, antoos ; et celui qui est sous les verrous pour avoir travaillé, #rabajado, celui-là à des lunettes : il est antojado. Les menottes s'appellent los anellos, c’est-à-dire les anneaux ou les bagues. Les sens de justice, bien entendu, ont chacun leur nom: le geôlier est appelé banquero, où banquier : on l'appelle aussi e/ apasionado, le passionné. Le fiscal crèminal, magistrat dont les fonctions répondent à celles de notre procureur de la République, est connu sous le nom expressif de venga-injurias, le vengeur de méfaits. Le juge d'instruction, que nos voleurs appellent le curieux, s'appelle e/ avisado, l'avisé ; on le nomme encore e/ bravo, le brave. Les agents de la justice sont des feras, des bêtes féroces, — ou des harpies, arpias ; quant à la justice elle-même, les voleurs s’inclinent devant elle en l'appelant /« justa, la juste, comme ils

s'inclinent devant la religion en donnant à l'Église le nom de Salud. La sentence de mort,

c'est la #risteza, la tristesse ; on la désigne également par un mot plus significatif encore : la noche, la nuit! Le ea qu'on n'aime pas à voir à côté de soi, a reçu le surnom pittoresque de mal vecino, le mauvais voisin. A l'époque où l’on pendait, le gibet s'appelait alanzu, la balance. Une nouvelle de Cervantès nous apprend que de son temps les voleurs espagnols lui donnaient le nom de fénibusterre, la fin du monde ; le pendu était comparé à une grappe de raisin, racèmo. Aujourd'hui la potence est remplacée Du le garrote, collier de fer qu’on passe autour du cou du patient ; aussi ne dit-on pas mettre le garrote, mais ajustar la golilla, ajuster la collerette, — ou la corbata de hierro, la cravate de fer, ou bien encore, comme nous l'avons déjà dit, el corbatin de vizcaya. Quant à la mort, elle ne saurait être mieux nommée : C est la cierla, la certaine.

Les armes ne doivent pas être oubliées, car elles figurent forcément dans le langage de gens

mordants, los mordientes). Le nom du pied n en pas moins bien imaginé : c'es e ‘ LU

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