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DEUX GUARDIAS CIVILES (GENDARMES), ROUTE DE SALAMANQUE A ZAMORA

blés, d’une qualité exceptionnelle, sont achetés en grande partie par des négociants de Paris.

qui envoient leurs représentants sur les marchés de Medina et des environs.

L'arrivée à Valladolid produit sur le voyageur une impression à laquelle il n’est guère habitué en Espagne : les cheminées des usines obscurcissent le ciel de leur fumée noire; on voit qu'on est dans une cité active et laborieuse. Jusqu'au milieu du seizième siècle Valladolid fut la capitale de l'Espagne ; on l'appelait alors Val/adolid la Noble, rica de toda grandeza, et, d’après un dicton très-ancien, elle n’avait pas de rivale dans toute la Castille :

Villa por villa, Valladolid en Castilla. à

On en lit une description enthousiaste dans le Fidèle Conducteur pour le Voyage d'Espagne, par le sieur Covlon, — un im-douze de 1654, précurseur très-rudimentaire des excellents Guides- Joanne : «Quoiqu'elle ne soit pas la capitale de la Vieille Castille, elle semble néantmoins avoir beaucoup d'avantage sur elle, comme étant tenue pour une des plus belles et agréables villes de l’Europe, qui a servy quelquefois de demeure aux roys d'Espagne... Ses rues sont belles et larges, bordées de magnifiques palais, entre lesquelles on admire celle de l’Argenterie, où se tiennent les Orfevres…..» Sous les arcades de granit de la Plaza Mayor se trouvent les boutiques élégantes ; on y voit même des Æioskos où l'on vend des journaux et des caricatures politiques; c’est la promenade d'hiver où les Va/isoletanos viennent prendre le soleil, comme les Madrileños à la Puerta del Sol. La Plaza Mayor était autrefois le lieu des spectacles, des fêtes, des combats de taureaux, des exécutions. L’auto qu'on y donna le 7 octobre 1559 est un des plus terribles dont on ait gardé la mémoire. Le Campo Grande, autre vaste place, fut aussi témoin la même année d’un auto de fe auquel assista le célèbre prince Don Carlos. Ces exécutions, qui se firent avec un appareil inusité, avaient pour but d'arrêter les tentatives de propagande luthérienne qui avaient lieu depuis quelque temps en Espagne. C’est le cas de rappeler la fine boutade de Montesquieu : «Les Espagnols qu'on ne brûle pas paroissent si attachés à l’inquisition, qu'il y auroit de lamauvaise humeur de la leur ôter. » Aujourd’hui les Actes de foi sont remplacés parles Corridas de toros. Nous en vimes une fort curieuse, donnée par les étudiants de l’université de Valladolid, dont quelques-uns méritaientle diplôme de torero. À quelques pas de la Plaza Mayor se trouve la Calle de la Plateria, dont un côté est occupé par des boutiques d’orfévres. Valladolid, que Cean-Bermudez appelle emporio de las bellas artes, était autrefois la ville d’Espagne la plusrenommée pour son orfévrerie ; Juan de Arfe y Villafañe, qu’on a appelé le Cellini de l'Espagne, y séjourna longtemps, ainsi que son frère Antonio. Écoutons ce que dit Navagiero, qui visita la ville en 1525 : «Ilya à Valladolid beaucoup d'artisans en différents genres, et on y travaille très-bien dans toutes sortes de métiers, notamment l'orfévrerie ; on y trouve autant d'orfévres qu'il y en a dans deux autres villes, les premières d'Espagne ; cette abondance de métiers vient sans doute de ce que la Cour séjourne très-souvent ici...» Les petites boutiques de la Platerta sont bien loin de leur splendeur passée ; on y voit cependant quelques bijoux populaires quine manquent pas d'originalité, mais qui ne tarderont guère à disparaître devant l'invasion de l'article Paris.

Valladolid possède un musée, qui occupe les bâtiments de l’ancien Colejio de Santa Cruz. Il nous serait difficile de dire le nombre des peiutures qui encombrent les dix ou douze salles, et jusqu'aux corridors et aux escaliers : mais, après une Assomption et deux autres toiles de Rubens, il est bien peu de tableaux qui méritent d'être cités. La sculpture. est mieux représentée : voici d'abord deux belles statues de bronze doré de Pompeo Leoni : le duc et la duchesse de Lerma,

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NOVILLOS DONNÉE PAR LES ÉTUDIANTS, A VALLADOLID (page 658).

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