‹ L'EspagneChapitre 28 sur 287 · —— FOUR ED · texte numérisé non relu

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MUSICIENS AMBULANTS (page 88).

leur faire.

Le signal de monter en bateau nous fut enfin donné; toutes les embarcations se mirent en

mouvement avec beaucoup d'ordre, et commencèrent à se diriger vers le centre du lac en décrivant

une courbe immense. À mesure que nous avancions, les bateaux qui formaient les deux extrémités

84 CHAPITRE CINOUIÈME.

de la ligne se rapprochaient peu à peu, de manière à enveloppen le gibier. Une des ME composée de plusieurs milliers d'oiseaux, s’éleva d'abord en l'air, et s'étendit Mara ge pie “2 noir qui se détachait sur le bleu du ciel. Des décharges répétées, semblables à des É e 7 leurs, ne tardèrent pas à se faire entendre dans plusieurs directions et à devenir de P us en plus nombreuses à mesure que le cercle allait se rétrécissant. Les oiseaux continuaient à s'envoler par milliers, et notre tour de les saluer au passage arriva enfin. Notre Chasse avait été fructueuse : un nombre respectable d'oiseaux de passage, dont plusieurs nous étaient tout à fait APRnAEE, étaient rangés au fond de notre barque. Suivant le récit d'un voyageur ANErAONE CURE Fischer. imprimé à Leipsick vers le commencement du siècle, on se servait alors d CRUE qu on déchargeait sur les volées d'oiseaux qui s'élevaient en l'air. Nous regrettämes infiniment de ne pouvoir mettre en pratique le moyen, à la fois si simple et si expéditif, indiqué par le compatriote du baron de Munchhausen ; nous-aurions pu nous faire. servir un plat de langues de phénicoptères, ce mets si estimé chez les Romains et qui figurait, dit-on, dans les repas d’Apicius, de Caligula et d'Héliogabale.

La chaleur est intolérable sur les bords de l’Albufera ; les #0squitos y pullulent à tel pont, que les pêcheurs sont obligés d'aller coucher dans des villages éloignés du lac, sous peine d'être dévorés par les insectes. Ceci nous rappelle ce passage d'un ancien auteur arabe : « À Valence, les mouches dansent au son de la musique des moustiques. »

Nous terminâmes notre journée en assistant à une partie de pêche, pour laquelle nous avions donné rendez-vous à un pescador de Sueca, petite ville située à la pointe méridionale du lae. La pêche de l’Albufera n'est pas moins abondante que sa chasse : elle approvisionne le marché de Valence d'une grande quantité de poissons, et particulièrement d'anguilles ; nous en primes un assez grand nombre, ainsi que des poissons appelés l/obarros, qui nous parurent être les loups qu'on pêche sur les côtes de Provence. C’est pendant les nuits sombres que se font les plus belles pêches. d'après ce que nous assura notre brave pescador, et principalement lorsqu'un vent d'est vient se jomdre à l’obseurité de la nuit: alors les anguilles se prennent par centaines, et les nasas, espèces de grands réservoirs ovales en osier dans lesquels on conserve les poissons, ne sont pas assez larges pour les contenir.

I était temps de dire adieu aux plaisirs du sport valencien ; je proposai donc à mes compagnons d'aller passer la nuit à Cullera, jolie petite ville près de l'embouchure du Jucar. De là nous devions nous rendre à Alcira et à Carcagente, et nous reposer de nos fatigues à l'ombre des orangers.

Les environs d'Alcira et de Carcagente ont le privilége d'approvisionner Paris de la plus grande partie des oranges qui s’y consomment. et que les petits marchands vont eriant dans les rues de la capitale sous le nom de : /4 belle Valence! On se tromperait si on croyait que, sous un si beau climat, la culture des orangers n’exige pas des soins très-attentifs. D'abord, ces arbres ne prospérent pas dans tous les terrains : les champs qui leur conviennent sont ceux d’une nature ise el Des arrosages assez fréquents sont nécessaires : ils doivent avoir lieu environ tous les vingt jours, de février à novembre. Une grande abondance d'engrais est égal sable à la terre, qui doit être fumée au moins trois fois par an. Les ve

sablonneuse et légère,

ement indispenns trop forts sont redoutés au moyen de cyprès plantés agne, qu'on appelle cañas. Les propriétaires

des cultivateurs ; pour abriter les orangers, 1ls élèvent des remparts très-dru, ou de ces grands roseaux, si communs en Esp

du pays savent par expérience que les arbres ne rendent qu en proportion des soins qu on leur donne. Les orangers cultivés sont de deux espèces différentes : ceux qu'on obtient en semant les pepins :

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GUADALAVIAR (page 80).

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