‹ L'EspagneChapitre 29 sur 287 · AU || LEA LL · texte numérisé non relu

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LES ORANGERS. pet 87

naranjos de semalle ; puis les nar an) os enjertados, c'est-à-dire greffés. Ces derniers produisent des fruits beaucoup plus savoureux; mais ils vivent moins longtemps et n’atteignent pas une hauteur égale à celle des naranjos de semilla. Ceux-ci s'élèvent quelquefois jusqu'à vingt-cinq pieds et vivent, dit-on, jusqu'à une centaine d'années, et même davantage. Du reste, les orangers qu'on cultive chez nous, dans les serres tempérées, peuvent dépasser cet âge. Citons comme exemple celui de Versailles, connu sous le nom d'oranger de François °°, ou du Grand-Connétable, et qu’on dit avoir été semé à Pampelune en 1421, puis acheté par le connétable de Bourbon, et transporté successivement à Chantilly, à Fontainebleau et à Versailles. | . On emploie comme boutures des tiges de citronnier ou de poncire, qui prennent très-facilement. On les greffe en écusson, depuis le mois d'avril Jusqu'au mois de juin, quand les sujets ont atteint à peu près la grosseur du pouce. Les orangers qu'on obtient par ce moyen ne vivent guère au delà d'une trentaine d'années, mais en revanche ils sont un peu plus précoces que les autres. Il est rare que les orangers commencent à donner des fruits avant l'âge de cinq ans; quand ils sont arrivés à la période de leur plein & rapport, ils donnent tous les ans jusqu'à deux D == mille oranges ; un naturaliste espagnol, Cava- N ) nilles, assure même qu'on en a compté jusqu à cinq mille sur un seul arbre. Ordinairement les fruits acquièrent d'autant plus de grosseur que l'arbre est plus jeune et en produit moins. Ceux qu'on cueille sur des orangers déjà vieux ont, en général, la peau plus mince, et donnent un jus plus sucré.

Les oranges ne commencent guère à prendre leur belle couleur jaune avant le mois de novembre; cependant, il s'en faut bien qu'alors elles soient arrivées à leur maturité. Celles qu'on envoie en France ne supportent le transport que parce qu'elles ne sont pas encore mûres, ‘autrement elles arriveraient en grande partie oâtées. Pour manger des oranges véritablement savoureuses, il faut les cueillir soi-même sur l'arbre au printemps, surtout au mois de mai. Une particularité qui nous frappa, c'est que les pourceaux, lorsqu'on les laisse pénétrer au milieu des naranjales, ne se montrent nullement friands des oranges, qui se trouvent presque toujours sous les arbres en assez grande abondance. Un pareil dédain nous étonna beaucoup de la part de ces animaux, qui ne passent pourtant pas pour être des plus difficiles sous le rapport de la nourriture; on aurait bien pu leur confier en toute sécurité la garde des pommes d'or du jardin des Hespérides. Les vaches, au contraire, sont assez friandes d'oranges.

C’est principalement pendant les mois d'avril et de mai qu'il faut visiter les beaux naranjales de Carcagente et d’Alcira. Alors les orangers, qui conservent encore une partie de leurs fruits, sont en même temps couverts de ces fleurs auxquelles un poëte florentin du seizième siècle, Luigi

MARCHAND DE FERRAILLE À ALCIRA (page 88).

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