‹ L'EspagneChapitre 30 sur 287 · EN · texte numérisé non relu

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ss CHAPITRE CINQUIÈME.

Alamanni, donne la palme sur toutes les autres, dans le poëme de la, Coltivatione, qu'il dédia à

François I°* :

« Il fior d’arancio, che d’ogni fiore il re. » 1#

On ne peut se faire une idée de l'intensité du parfum que répandent les orangers ; c'est sur tout pendant les soirées tièdes qu'il se fait sentir avec le plus de force et à des distarices vrai ment incroyables ; suivant un proverbe du pays, on sent leur odeur bien avant que l'œil puisse les apercevoir. Les fleurs sont tellement abondantes que lorsqu'un vent un peu fort les a fait tomber, elles couvrent la terre d’une épaisse couche blanche, semblable à de la neige. On les recueille sur de grands draps de toile, et elles représentent encore un produit assez important, car chaque oranger fournit en moyenne douze ou quinze kilogrammes de fleurs. Un des plus riches propriétaires de Carcagente nous assurait qu'il existe, tant sur le territoire de cette ville que sur celui d'Alcira, plus de six cents naranjales ou jardins d'orangers, et que le produit des années ordipaires s'élève à plus de deux cent cinquante mille arrobas, qui représentent plus de trois millions de kilogrammes. Or, comme il faut en moyenne six ou sept fruits pour former un kilogramme, ces deux villes réunies produisent annuellement plus de vingt millions d'oranges, total des plus

appétissants : elles sont si communes qu'on voit souvent les enfants s'en servir dans leurs jeux.

comme en Normandie ils font des pommes à cidre.

Si les orangers donnent quelque monotonie à Alcira et à Carcagente, on y rencontre, en revanche. de curieux types : tantôt c'est quelque vieux marchand de ferraille qui porte encore le chapeau pointu rare spécimen de l'ancien costume valencien. Ce sont aussi des musiciens ambulants, qui font résonner guitares et panderos, ou bien encore un convoi de paysans se rendant au marché.

Les oranges une fois cueillies, il s’agit de les classer suivant leur grosseur : on se sert, pour les mesurer, d'anneaux de différents calibres, et on les range dans tel ou tel choix, suivant le diamètre des anneaux. Ce classement opéré, on les met dans des caisses de bois blanc de forme allongée, en ayant soin qu'elles dépassent un peu la surface et qu’elles soient fort tassées.

La côte de la Méditerranée, entre Valence et Alicante, se trouvant tout à fait en dehors des itinéraires consacrés, n'est que très-peu connue ; cependant elle mériterait d’être plus souvent visitée par les louristes : les montagnes boisées, les vallées à végétation presque tropicale des environs de Gandia, de Denia et de Javea n’ont rien à envier à Castellamare, à Amalfi, à Sorrente, eUaux autres siles si vantés de la côte napolitaine.

Cest par la huerta de Gandia que nous commencâmes notre excursion dans cet Eden des poëtes espagnols, dans ce paradis terrestre des Arabes d'Occident. Beaucoup moins étendue que celle de Valence, cette huerta offre peut-être une végétation encore plus luxuriante, et le climat y est, dit-on, plus tempéré. Cette contrée était renommée pour la culture de la canne à sucre dès le lemps des rois arabes de Valence. et il y existait alors beaucoup de moulins à sucre. Aujourd hui même, on y voit encore quelques champs où sont cultivées les cañas de azucar, Qui acquièrent sous ce beau climat une complète maturité. Les orangers, les fiouiers, les grenadiers et une infinité d'autres arbres à fruit y forment d'épais ombrages ; les caroubiers, très-nombreux dans le pays, sont cultivés principalement sur les coteaux, et dépassent quelquefois la grosseur des plus gros chênes.

Mais une plante qu'on remarque souvent dans les environs de Gandia, où elle atteint des proportions extraordinaires, c’est l'aloës ou agave d'Amérique, qu'on retrouve du reste dans tout l'appellent les Espagnols, ne sert pas seulement, comme partout ailleurs, pour la clôture des champs ; on utilise ses filaments très-tenaces, en ayant som de choisir les feuilles extérieures, qui deviennent très-dures ; celles de l’intérieur sont trop tendres pour qu'on puisse les employer

le sud de la Péninsule, Ici la péta, ainsi que

| - Nous fûmes témoins de cette préparation, qui est tes plus simples, et dont Doré put à son aise faire un croquis, au grand étonnement des braves

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LE LAC D'ALBUFERA (page 83).

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