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Georges, et les danses recommencèrent de plus belle, accompagnées de la même musique et des détonations des fusils et des pétards. | |
LL.” x" ÿ \ A. : ". \ ‘ ul à x ‘à j % Pendant ces quatre Jours de liesse il fut consommé à Alcoy une incommensurable quantité
de éurron, espèce de nougat très-renommé, et les vendeurs d'orchata de chufas durent faire des affaires très-considérables : telles sont les principales consommations des fêtes populaires du midi de l'Espagne.
Concentayna, que nous traversâämes peu de temps après avoir quitté Alcoy, est dans une situa-tion charmante. Nous en dirons autant de Jativa, où nous arrivämes le soir. La ville, d’un aspect
RUINES DU CHATEAU DE CHINCHILLA (page 100).
arabe, est adossée à une montagne couronnée de vieilles murailles crénelées ; la campagne, d'une admirable fertilité, s'étend à perte de vue, océan de verdure au-dessus duquel les palmiers s élèvent comme des mâts. Jativa est la station la plus importante du chemin de fer de Valence, chemin dont la voie unique n’est défendue par aucune espèce de barrière, mais est bordée, sur une bonne partie du parcours, d'orangers, de müûriers et de grenadiers dont nous pouvions presque attemdre les branches avec la main en nous penchant à la fenêtre du wagon.
Nous ne tardâmes pas à arriver au Puerto de Almanza, passage étroit entre deux montagnes, et nous quittâmes la province de Valence pour entrer dans celle d'Albacete. A peine a-t-on franchi le Puerto, qu'on s'apersoit d'un changement de climat: laloès, le cactus et les autres plantes méridionales disparaissent pour faire place à la végétation du Nord. Nous approchions de la station d'Almanza, où la ligne de Valence vient s'embrancher avec celle de Madrid à Alicante. Quelques centaines de mètres avant d'arriver à cette station, nous aperçümes à notre droite, au milieu de
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vo, la plaine, une pyramide élevée par Philippe V sur le lieu même où se donna, en 41705, la | + d'Almanza. À part les souvenirs historiques, la ville n'offre rien de remarquable : le vieux € hu” démantelé qui la domine avait autrefois une grande importance, car Almanza élait une des clefs du royaume de Valence. Le-pays que nous traversimes pour nous rendre à Albacete nous fit bien regretter le beau royaume de Valence, etnous donna un avant-goût des plaines de la Manche et de
la Castille : le climat, d'une chaleur brûlante en été, est glacial pendant l'hiver ; pas un arbre, pas une fleur; mais, en revanche, des chardons à profusion : chardons gigantesques, du reste, dont
la fleur à son mérite au point de vue de l’ornemaniste, et dont les feuilles offrent des découpures superbes, que les artistes du moyen âge ont su mettre à profit, aussi bien en Espagne qu'ailleurs.
| Doré en fit quelques croquis, et il les
a utilisés à merveille dans les gravures
de son Don Quichotte.
Les champs de blé succédaient aux champs de blé, et s'étendaient à l'infini; quelquefois un monticule nous apparaissait à l'horizon, couronné d'une rangée de moulins à vent qui nous faisaient tout naturel lement penser au héros de la Manche.
Cette monotonie cessa enfin quand nous atteignimes la station de Chinchilla. On n'aperçoit pas la ville:
mais en revanche le château, qui s'élève au sommet d’une roche abrupte, vous reporte en plein moyen âge.
Une demi-heure après, nous étions à Albacete, et le train était à: peine arrêté que nous étions assaillis par des marchands de couteaux. $
Albacete est à l'Espagne ce que Châtellerault est à la France, Sheffield à l'Angleterre ; les navajas, les cuchillos, les puñales, S'y fabriquent par milliers : coutellerie on ne peut plus grossière, et dont l'aspect rappelle celui des ouvrages arabes. La navaja est une des cosas de España ; sa forme varie peu; le manche, en