ELCHE ET SA FORÊT DE PALMIERS
environ un réal, les paysans ne se soucient que du côté utilitaire et le préfèrent infiniment au coté pittoresque. Is grimpent jusqu'au sommet des palmiers avec une merveilleuse agilité : pour se garantir de chutes qui pourraient être fort dangereuses, ils se servent d’une corde qui entoure à la lois leur corps et la tige de l'arbre, et forme ainsi une espèce d'anneau mobile; puis ils s'élèvent
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CROQUIS FAIT A ALICANTE (page 101).
rapidement en appuvant alternativement leurs pieds nus sur les aspérités du tronc el en soulevant, à mesure qu'ils montent, l'anneau de corde destiné à les retenir dans le cas où le pied viendrait à leur manquer. Arrivés au faite, ils commencent à former un faisceau de toutes les palmes et à Le assujettir au moyen de cordes qu'ils serrent davantage à mesure qu'ils approchent de 1 Pene supérieure : ils se servent, pour cette périlleuse opération, de légères échelles à dix ou douze éche-
lons, qu’ils appuient sur le sommet de la tige. Nous étions effrayés de les voir dans cette position, où cependant ils se maintenaient avec une extrême habileté, malgré les mouvements du faisceau de palmes, que le vent faisait balancer dans tous les sens.
Nous nous étions pris pour les palmiers d’une telle passion, que nous prolongeämes notre séjour à Elche; il est cependant peu de villes où la vie soit plus calme et plus monotone; néanmoins ce ne fut pas sans regret et sans jeter un regard d'adieu sur les palnares que nous montâmes dans la fartana peu suspendue que nous avions frétée pour nous rendre à Orihuela.