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TOILETTE D'UNE GITANA, A DIEZMA (p. 135).
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ADIZ ET DIEZMA
ires, un repaire favori de bu us n'y ne que 4 2 Fa to rs de moutons, à l'air assez farouche, qui nous RARE fort RAAEEE le ee vi
Queden ustedes con Dios! Restez avec Dieu !
Après quelques heures de marche, nous arrivàmes à Guadiz, el - nous descendimes à la posada de los Naranjeros. dont le propriétaire était un vieil Auvergnat, fait prisonnier pendant la guerre , de l'indépendance et naturalisé Espagnol; il portait le costume andalou, mais cinquante ans de séjour en Espagne ne lui avaient rien fait perdre de l'accent du Cantal.
Les restes de constructions et d'inscriptions romaines ne sont pas rares dans la ville, mais les souvenirs moresques l'emportent et se retrouvent presque à chaque pas. Les femmes de Guadiz ont, ainsi que celles de Baza, une réputation de beauté qui nous parut méritée ; les hommes ont l'aspect assez farouche, et si on en croit les statistiques criminelles, ils se servent assez volontiers des cuchillos renommés qui se fabriquent dans la ville. En traversant la plaza de la Consti- ‘tucion, nous remarquâmes un édifice fort ancien, sur lequel nous lûmes cette inscription : La Cércel, la prison ; nous aperçûmes, derrière une fenêtre munie de barreaux de fer, deux gaillards portant le costume andalou, qui nous souhaitèrent le bonjour. Nous apprîmes, en les faisant causer, que le plus âgé des deux avait été condamné avec trois autres pour un assassinat; mais il nous assura que ce n'était pas lui qui avait fait le coup. Le plus Jeune, âgé de vingt-cinq ans à peine, avait une figure presque féminine, des cheveux noirs et de très-beaux yeux bleus ; il nous conta d'un air très-doux, et avec un fort accent andalou qu’on l'avait enfermé pour une puñala qu'il avait donnée dans un accès de jalousie. Comme il se conduisait bien, ainsi que son camarade, on leur accordait un cachot au rez-de-chaussée, donnant sur la place, où ils obtenæent quelques pièces de monnaie de la charité des passants.
En quittant Guadiz, nous traversimes un pays toujours accidenté, et nous apercümes bientôt sur notre gauche les cimes neigeuses de la sierra Nevada, que dominait majestueusement le Pico de Mulhacen; devant nous la sierra de Susana étendait à l'horizon ses découpures bizarres. Ce | paysage, un des plus vastes que l'imagination puisse rêver, est plus sauvage assurément, et aussi crandiose qu'aucun de ceux qu'on admire en Suisse.
La route que nous parcourions est une des moins fréquentées d'Espagne ; nous ne rencon-
trions guère que quelques paysans à âne, embossés dans leur mante et armés de leur escopette et des gitanos en voyage. Notre calesero nous fit remarquer une vieille gitana accroupie sur le bord de la route, près d’un pauvre feu sur lequel euisait, en plein air, un maigre puchero. « Voyez, nous dit-il un peu plus loin, voici les dents de cette sorcière. » Et il nous montrait des rochers auxquels leur forme fantastique a fait donner le nom de Los Dientes de la Veeja, et ressemblant en effet, avec un peu de bonne volonté, à la mâchoire accidentée de quelque vieille sorcière.
A Diezma, nid d'aigle brûlé par le soleil, notre calesero nous fit d'assez longs loisirs, motivés par la fatigue de ses chers mulets Bandolero et Comusario ; nous en fûmes enchantés, car ce retard nous valut un spectacle des plus picaresques. Dans la cour d’une maison à moitié en ruine, qu'abritait une treille gigantesque, était assise, un pandero à la main, une jeune gitana de la plus grande beauté; sa mère, ou plutôt sa grand'mère, debout derrière elle, passait un vieux peigne édenté dans ses longs cheveux, d’un noir bleu comme l'aile d’un corbeau ; un chat et une pie,
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d un air tout à fait belges « « Dépêche-toi, dis-je à Pot. de crayonner ‘bette sue MTS sorcières vont enfourcher leur balai et partir pour le sabhat. » Et, discrètement abrite se un laurier:rôse, il fit, en quelques minutes, un ravissant croquis. ;
Impatients d'atteindre le but de notre voyage, nous pressâmes le calesero de partir Fe + à nous traversâmes Huetor; nous n'étions plus qu'à deux heures de l'antique ville de | enfin, après de nombreuses montées, nous franchissions une enceinte de murailles nv dominant des coteaux couverts de cactus : nous étions dans Grenade.
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