LE PUERTO DE ARENAS
Tiene capuz be Po Y la Pandera montera, | Lloveré aunque Dios no quiera. 3 2
ne ne celui que nous avons déjà cité au su jet de la montagne de PA pic le royaume de Grenade. On sait que l'Espagne est la terre par excellence des proverbes : elle en
; a de tous les genres, pour les choses comme pour les personnes; il n'est guère de ville ou de pi rovince qui n'ait le sien; c’est ainsi qu'on appelle la province de Jaen : La Galicia de Andalucia (la Galice de l'Andalousie) ; en effet, les Jaetanos ressemblent, sous beaucoup de rapports, aux
Gallegos, qui sont les Auvergnats de l'Espagne.
Jaen était autrefois la clef de l'Andalousie, et excitait la co des rois de Grenade, qui tentèrent à plusieurs reprises, mais inutilement, de s'en rendre maîtres; c'est le vrai type d'une ville du moyen âge, aux rues tranquilles et désertes; il en est quelques-unes où n'arrivent guère
les rayons du soleil, et où l'herbe pousse haute et plantureuse. La cathédrale perd plutôt qu'elle
ne gagne à être examinée de près; comme beaucoup d'églises du midi de l'Espagne, elle a été bâtie sur les fondations d’une ancienne mosquée. L'intérieur, assez grandiose du reste, est de cet abominable style churriqueresque dont les ravages se sont particulièrement étendus sur l'Anda= lousie vers le commencement du siècle dernier. Mais le véritable intérêt, la curiosité particulière de la cathédrale de Jaen, c'est une relique qu’on appelle la Sainte Face, e/ Santo Rostro, ou simplement e/ Santo, de même qu'à Padoue l’église sous l’invocation de saint Antoine est désignée sous le nom d’#/ Santo, — le Saint par excellence. Le Santo Rostro est le linge avée lequel, suivant la tradition, une sainte femme essuya le visage de Notre-Seigneur, ruisselant de sueur et de sano, lorsqu'il montait au Calvaire, et qui aurait conservé l'empreinte de ses traits ; d'autres pré tendent que c’est le suaire même qui fut placé sur le visage du Sauveur. Plusieurs églises prétendent avoir l'honneur de posséder la précieuse relique ; quoi qu'il en soit, celle de la cathédrale de Jaen est tellement vénérée, que beaucoup de paysans en portent une petite copie suspendue à leur cou comme un scapulaire. La sainte image, qu’on expose aux regards du public trois fois par an. est entourée d’un grand cadre d'or orné de pierres précieuses d'une très-grande valeur, qui est conservé dans une boîte placée sur l'autel de la Capilla Mayor. Suivant la tradition, le Santo Rostro fut apporté de Rome, il y a plus de cinq cents ans, par saint Eufrasio, patron de la ville, qui aurait fait le voyage de la Ville Éternelle à Jaen monté sur les épaules du diable, parti eularité qui est rapportée par plusieurs écrivains du pays. Le sacristain nous assura que saint Ferdinand portait le Santo Rostro dans toutes ses expéditions guerrières, ainsi qu'une Vierge quil nous fit voir, et qu'on appelle /4 Antigua. Nous ferons observer en passant qu'on nous a montré, dans bien des églises d'Andalousie, d'autres Vierges en bois ou en ivoire, que le saint guerrier, au dire des sacristains, portait également avec lui dans ses campagnes; de sorte que, s'il fallait ajouter foi à la tradition, il aurait toujours combattu accompagné d’un véritable musée ambulant.