‹ L'EspagneChapitre 78 sur 287 · UN MENDIANT CENTENAIRE · texte numérisé non relu

UN MENDIANT CENTENAIRE

ET SA PETITE-FILLE, A BERJA (page 239).

Nous quittâmes notre guide et nos montures à Velez, nous primes place sur l'impériale de la diligence, qui partait de grand matin, et avant midi nous faisions, au grand galop de nos huit mules, notre entrée dans Malaga.

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C'est à l'Alameda, la promenade ane qu'on eut aies Le beauté ré à Médent ; célèbre dans toute l'Espagne. Moins sévère que la Grenadine, moins coquette que la Sévillane et que la Gaditane, la Malagueña se distingue des autres femmes andalouses par un teint plus ambré, par des traits plus réguliers, mais non moins expressifs ; des sourcils épais et bien dessinés, des. sg cils longs et fournis donnent à ses yeux noirs une profondeur et un charme qu’on ne saurait rendre; elle sait à merveille, avec une simple fleur, un dahlia rouge ou blanc gracieusement posé derrière l'oreille, faire ressortir la beauté de ses cheveux d'un noir bleu comme l'aile d'un corbeau. |

Le climat de Malaga est un des plus doux de l'Espagne; on vend dans les rues des cannes à sucre et des patates douces — batatas dulces — ressource importante pour les gens du peuple qui, avec quelques cuartos, peuvent s’en rassasier; aux angles des rues et sur le port, on voit des batateros qui font cuire leur marchandise en appelant les acheteurs au cri de : balatas! ricas y gordas! Leurs cris se confondent avec ceux des charranes, marchands de poissons, qui crient à tue-tête leurs 4oguerones, espèce de petites sardines, les pintarrojas, les calamares, les dentones el autres produits de la pêche méditerranéenne. Les charranes, dont nous parlerons un peu plus tard, portent leur marchandise dans des cenachos, paniers de jonc qu'ils tiennent suspendus à leurs coudes en appuyant les mains sur les hanches.

Les malagueñas, chansons populaires de la province, se composent ordinairement de couplets de quatre vers chacun; le premier et le dernier vers se répètent deux fois. Le sujet, quand il n est pas mélancolique, est souvent sentimental : |

Échame, nina bonila, Lägrimas en {u pañuelo,

Y las Ilevaré à Grenada, Que las engarze un platero.

« Donne-moï, charmante petite, — Tes larmes dans ton mouchoir, — Je les porterai à Grenade, — Chez un bijoutier qui les enchâssera, »

Son tus labios dos cortinas De terciopelo carmesi, Entre cortina y cortina Estoy esperando el si,

« Tes lèvres sont deux rideaux, — De velours cramoisi ; — Entre rideau et rideau — J'attends le oui. » 1

Voy à la fuente y bebo;

No la amenoro,

Que aumienta su corriente | Con lo que Iloro, | |

‘ « Je vais boire à la fontaine, — Et ne peux l'épuiser, — Car j'augmente son cours — Avec les larmes que je pleure. » à (10 #,

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