‹ L'EspagneChapitre 79 sur 287 · MALAGA · texte numérisé non relu

MALAGA

es de la côte, Malaga est une ancienne colonie phénicienne; les

la fameuse bataille du Guadalete, et elle ne cessa d'être musulmane rise de Grenade. Ce n'est qu'une cinquantaine d'années plus tard que important édifice qui domine majestueusement le port et la mer; un Jane accès dans la nef principale, à côté de laquelle s'élèvent parallèle-

à 0 térales ; de chaque côté de la façade s'élèvent deux hautes tours, dont l’une

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est restée inachev La vraie manière de bien voir la cathédrale de Malaga, c'est de prendre une

falüa dans le port, et de s'éloigner assez pour qu’on puisse apercevoir du large la masse impo-

sante de l'édifice, qui s'élève au-dessus des maisons blanches de la ville : splendide tableau dont .

le fond est formé par les hautes montagnes derrière lesquelles se cache Grenade. | … Nous trouvâmes les quais de Malaga encombrés de caisses de pasas et de tonneaux de toutes

dimensions. Les vins et les pasas — c’est ainsi qu’on appelle les raisins secs — sont les principales

productions de Malaga ; cependant n'oublions pas l'industrie des terres cuites coloriées ; c’est

dans le Pasaje de Heredia que, se modèlent ces statuettes qui représentent invariablement: des

costumes andalous : tantôt c'est une »2a/a au jupon court, dansant le polo ou le jaleo; tantôt

cest un contrabandista, le trabuco à la main; un mao coupant, avec sa ravaja, le tabac destiné à

sa cigarette, où un curé coiffé du chapeau long, sombrero de leja.

Si l'usage de la navaja, du puñal et du cuchillo est général en Espagne, il est certaines villes où les saines traditions se conservent plus particulièrement ; Cordoue et Séville possèdent des maîtres fort renommés ; mais nulle part l’art de manier le fer — la herramienta — n’est cultivé autant qu'à Malaga. Peu de villes offrent l'exemple d'un pareil penchant à l'homieide, et, dit-on, il n'est guère d'endroit où les delitos de sangre — les crimes de sang — soient aussi fréquents. D'où vient cette habitude du meurtre, si générale parmi les gens du peuple? Est-ce de l’oisiveté, de la passion du jeu, ou de la négligence de la police? « Les serenos de Malaga, dit un refrain populaire, prétendent qu'ils ne boivent pas de vin; mais le vin qu'ils boivent suffirait à faire tourner un moulin : »

En Malaga los serenos

Dicen que no beben vino; J Y con el vino que beben, ;

Puede moler un molino !

Faut-il attribuer encore, comme on l’a prétendu, l'issue sanglante des querelles d’une cer taine classe au so/ano, ce vent brûlant venant d'Afrique, imprégné, comme le sr0cco des Napohtains, de la chaleur irritante des sables du Sahara? Quoi qu'il en soit, l'impunité des assassins est proverbiale : Mata al rey, y vete d Mälaga, — Tue le roi et va-t'en à Malaga; — tel est le dicton populaire. | Es

Déjà, en parlant d’Albacete, nous avons cité cette ville comme très enommée pour la fabrication des navaÿas ; Guadiz, Séville, Mora, Valence, Jaen, Santa Cruz de Mudela, et d'autres villes one possèdent aussi des couteliers renommés. Outre bien d'autres noms de fantaisie que reçoit ISA vaja, on l'appelle encore, en Andalousie, la moÿosa, la chaira, la tea, expressions plus RARE aux gitanos ; les barateros, dont nous parlerons bientôt, l’appellent plutôt corte (tranchänt), Lerramuenta ou lüerro (fer), abanico (éventail), etc.

Pendant notre séjour à Malaga, nous eûmes la fantaisie de prendre des leçons chez un des

bre de réputation : au bout de quelques séances, Doré était devenu o élève distingué ; armés de petits jones taillés en ravqja, nous nous livrions de rudes assauts, et nous pou Riu suivant toutes les règles d'une escrime spéciale, les plus terribles out de taille et d estoc : le pouce placé sur la partie la plus large de la lame, la main gauche LP EN | des les jambes légèrement entr'ouvertes, afin de rendre les évolutions Lui Des ébuaiiesL, tion quand nous nous mettions en garde pour nous pourfendre. Le professeur commençait alors

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la démonstration des différents golpes, —- c'est ainsi qu'on appelle les coups, — qui reçoivent égale-

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ment le nom de puñaladas, ou puñalas, suivant la prononciation andalouse Ces coups se portent à . L ? : [ dans la parte alta ou dans la parte baja : la partie haute s'étend

buis le sommet de la tête à i i inture jusqu'aux pieds, de manière que les jusqu'à la ceinture, et la partie basse depuis la ceinture jusqu'aux pieds, ue I coups sont «/{os ou bajos, suivant qu'on les porte dans le haut ou dans le bas du ns 0.

Un des principaux coups de la partie haute est le javeque où churlo : on nomme ainsi une

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