‹ L'EspagneChapitre 85 sur 287 · À LV · texte numérisé non relu

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LE BARATERO EXIGEANT LE BARATO (page 254).

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je vais te tuer du coup; tu peux — Sauve-loi, por Dios, Curriyo, tu vois bien sure plus grande que l’arcade d’un pont. » 6 FO TR g: TE dialogue continuerait plus d'une heure, si les amis n’intervenaient; les deux adversaires, > qui ne demandent pas mieux’ que de s'apaiser, referment leurs couteaux, et on se rend “dans quelque taberna, où l'on oublie la querelle en vidant quelques cañas de jerez. Dir

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Outre les barateros de playa, qui exercent sur la plage, il y a encore celui de la céreel, qui

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règne dans la prison, et le baratero soldado où de tropa : ce dernier est le tyran de la compagnie ou du régiment : le sergent, qui ne veut pas l'avoir pour ennemi, l'exempte des corvées ; il n'est pas | à de querelle à laquelle il ne se trouve mêlé ; c'est à peine s’il connaît les éléments de l'exercice, et il professe la plus grande répugnance pour la discipline ; par exemple, il est de première force sur le maniement du couteau. Le baratero soldado ne se refuse aucune jouissance : il boit du meilleur, que lui verse la cantinière, et fume des purs ; tout cela est payé par le barato qu'il prélève sur les autres soldats. Quand le régiment est en marche. il reçoit la visite des camarades ou compères — camardas, compares — de la localité où l'on fait halte; car il y a entre eux une certaine francmaconnerie, comme entre les Camorristé napolitains ; ils se retrouvent dans les garitos fréquentés par leurs confrères. Quelquefois cependant ces entrevues finissent par quelque pendencia, ou querelle : à la moindre contradiction, on se jette à la figure les cañas de jerez, contenant et contenu, el on sort dans la rue pour se éérer deux ou trois mojadas, après quoi on est meilleurs amis qu'avant. Le baratero de la carcel est le plus dangereux et le plus odieux de tous; perdu de vices depuis son enfance, il a passé la plus grande partie de son existence dans la prison, — elestarivél, où casa de poco trigo, — littéralement la maison où il y a peu de blé, comme disent les voleurs dans leur argot pittoresque. Aussitôt qu'un preso fraîchement condamné a franchi le seuil de la prison, le baratero exige de lui le diesmo, — la bienvenue. Cette demande se fait toujours la navaja à la main, et si le nouveau refuse de payer /as moneas, los metales, la question se décide au moyen de quelques ravajasos échangés. Quand la justice — en argot la severa — intervient pour con— stater le meurtre, il est rare que les navajas se retrouvent ; car les carceleros ont toutes sortes de moyens plus ingénieux les uns que les autres pour les faire disparaître. . Pour achever de peindre l'étrange type que nous venons d’esquisser, nous donnerons quelques couplets d’une chanson andalouse : Æ7 baratero, en germania où argot des voleurs espagnols :

Al que me gruña le mato, Celui qui murmure, je le tue, Que yo compré la baraja . Car j'ai acheté la barqa;

Està osté? Comprenez-vous?

Ya desnudé mi navaja : Je viens de tirer ma navaja : Largue el coscon y el novato 4 Donnez, innocents et novices,

Su parné, É Votre argent :

Porque yo cobro el barato C'est moi qui touche le barato En las chapas y en el cané. Aux chapas et au cuné ! .

ï Rico trujan y buen trago..…. Quel riche tabac! quel bon vin!.. Tengo una vida de obispo! Je mène une vie d'évèque!

Estä osté ? Comprenez-vous?

Mi voluntad satisfago | Je satisfais tous mes goûts, Y à costa ajena machispo, Et je vis aux dépens d'autrui;

Y porque? Et pourquoi ?

Porque yo cobro y no pago Ê Parce que je reçois sans jamais rien payer, En las chapas y en el cané. Aux chapas et au cané! k | \

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