ROND
C u'un br RME à on in d exposer sa tête e en ls ; ON “a mettait rs une cage de fer, au | sommet d'un poteau qui était placé sur le bord d'un chemin fréquenté, et on laissait pendant quelques ; jours la cabeza del malvado — a tête du scélérat — exposée comme un exemple salutaire ; tel fut le sort de Paco el Zalao (Joseph le Gracieux), célèbre bandit andalou qui travaillait dans les environs de Séville. Si peu vraisemblable que puisse paraître le fait, il est parfaitement exact : nous possédons un p/ego qui ne date pas de vingt ans, et qui représente la scène en question.
Peu de temps après avoir quitté Antequera, nous aperçûmes à notre gauche une petite ville située sur une hauteur, au milieu d’un paysage magnifique ; cette petite ville, c'était Teba, qui a donné son nom à une illustre personne dont nous avons toujours entendu parler en Andalousie avec respect.
-Ronda est la ville des toreros, des majos, des contrabandistas ; l'ancien costume andalou s'y conservera longtemps encore, en dépit des chemins de fer et des progrès de la civilisation. La ville est perchée, comme un nid d’aigle, au sommet d'un rocher; un immense et profond ravin, — el Tajo, — au fond duquel coule le Guadalvin, la sépare en deux. Du haut d’un pont qu'on dit romain, hardiment jeté entre deux rochers, nous apercevions, à plusieur$ centaines de pieds audessous de nous, les anciens moulins arabes construits au bord du torrent, et qui, à cette distance, nous faisaient l'effet de joujoux de Nuremberg.
Ronda n’a presque rien perdu de son caractère moresque; beaucoup de rues et de maisons ont conservé, sans altération, leur nom arabe ; on nous montra la maison du Roi More, /a casa del Rey Moro, habitée jadis, suivant la tradition, par Al-Motahed, ce prince arabe qui faisait monter en or, dit Conde, les crânes de ceux qu'il avait décapités. et s'en servait comme de coupes.
L'air de Ronda, plus vif et plus frais que celui de la plaine, est renommé pour sa pureté, el les habitants ont l'aspect robuste et dégagé qui convient à des contrebandiers et à des /oreros. Suivant un proverbe local,
En Ronda los hombres À ochenta son pollones !
« À Ronda, les hommes de quatre-vingts ans ne sont encore que des enfants!»
La plaza de Toros de Ronda est digne d’une ville qui a toujours été regardée comme la terre classique de la tauromachie ; les jeunes Æondeños jouent au taureau comme chez nous les enfants jouent au soldat. Un jour nous fûmes témoins d’une scène de ce genre, — petit tableau de famille on ne peut mieux composé : le père était à genoux, tête baissée, dans la position du taureau qui va charger ; un gamin de huit ans, qui faisait l’espada, tenait de la main gauche sa veste en guise de muleta, et de la droite un jonc qui lui servait d'épée. Un autre gamin, à cheval sur les épaules de son frère, et un long bâton à la main, paraissait très-fier de jouer le rôle de pécador. Les voisins, qui Sélaient approchés, regardaient le combat en amateurs consommés, et nous demandâmes nous-mêmes la permission d'assister à la corr/da.
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le MOoresque .
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De même que 1 une les nas se ALAN a de cé ff Re vers, dont | premier se répète deux fois. On trouve quelquefois des idées charmantes dans. ces poésies populaires : qu'on en juge par les couplets suivants : | ru Vas
El dia que tu Rs Nacieron todas las flores:
Y en la pila del bautismo Cantaron los ruisenores.
« Le jour de ta naissance, — Naquirent toutes les fleurs ; — Et au-dessus des fonts baptismaux — Chantèrent les rossignols. »
Tus ojos son ladrones Que roban y hurtan; Tus pestanas el monte Donde se ocultan.
« Tes yeux sont des brigands — Qui volent et ravissent; — Tes cils sont la forêt — Sous laquelle ils s'abritent. »
El amor y la naranja Se parecen infinito :
Por muy dulces que sean . De agrio tienen su poquito.
«L'amour et l'orange — Se ressemblent extrêmement : — Si doux qu'ils soient, — Ils ont toujours quelque chose d'amer, »
La route qui va rejoindre Gauein, San Roque et Aljeciras était, il y a une trentaine d'années. lrès-fréquentée par les bandoleros, et l'est encore aujourd'hui par les contrabandistas, Nous avions loué à Ronda des mules vigoureuses, car cette route, impraticable pour les diligences, est une des plus accidentées et une des plus fatigantes de toute l'Espagne ; mais cest aussi une des plus pitloresques ; à chaque instant elles s'amusaient à marcher sur le bord des plus effroyables précipices, comme si elles eussent voulu à plaisir braver le danger.
Le type le plus curieux de la Serrania de Ronda, c'est le contrabandista ; ces montagnes abruptes, sillonnées de sentiers souvent impraticables, sont parcourues en tous sens par d'agiles et hardis serranos, qui vont s'approvisionner à Gibraltar, ce grand entrepôt que l'Angleterre fourni sans cesse de marchandises de rebut destinées à être introduites en Espagne, et qui font la fortune des contrebandiers ; car ils opèrent ordinairement sur des objets qui sont grevés en Espagne de plus de trente pour cent, ce qui leur laisse une marge honnête, Nous fimes rencontre dans une venta, un peu avant d'arriver à Gaucin, d'un contrabandista qui, comme nous, se rendait à San Roque et à Aljeciras, les deux plus grands centres, après Gibraltar, des opérations de contrebande. Notre compagnon de route avait pour monture une belle jument noire rasée à mi-corps, une jument de velours, — una jaca € terciopelo, comme il e
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