‹ L'EspagneChapitre 96 sur 287 · EE — RE · texte numérisé non relu

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| ‘a mantilla de tira, si or chantée dans les nos dues andalouses, diffère de l'autre + ce que le fond, tantôt de soie, tantôt de laine, est bordé d’une large bande de vel découpée en dentelures ou en zigzag. La mantilla de tira est réservée aux 714) as, aux cg

qui savent la porter avec une crânerie et une désinvolture particulières, avec la soltura andalot «avec une grossière étoffe de Malaga, dit la maja d’une chanson en dialecte populaire, je fais plus d'effet dans Séville qu'une grande dame avec son chapeau ou son bonnet. Quand je vais ‘par les rues avec ma mantille de #ra, il n'y a pas d’yeux qui ne m'admirent ni de cœur qui résiste, et si je rencontre quelque Français qui s'approche de moi le cœur enflammé, je lui fais perdre la tête et chanter ses Litanies :»

Con la sarga malagueña

Mas gorpe doy en Seviya

Que toita una señora

Con sombrero y papalina.

Cuando voy por esas cayes

Con la mantiya é tira,

No hay ojos que no me miren,

Ni corazon que resista ;

Y si encuentro argun Franchute

Y à enamorarme se arrima,

Le jago perder el pesquis

Y cantar las Letanias.

C'est encore dans la calle de las Sierpes, où se trouvent les boutiques les plus élégantes de Séville, que vont chercher fortune les industriels ambulants aux costumes pittoresques : ici, un florero, son long panier à la main, vante avec une voix de fausset ses dahlias, ses œillets et ses roses : « T'engo dalia, clavel y rosa! » Ou bien un aveugle, qu'un gamin débraillé conduit par la main, et qui offre des billets de loterie, en promettant le gros lot à chacun : Æ7 premio gordo ! Quiën se lo leva? — « Le gros lot! Qui le prend? »

À un des angles de la calle de las Sierpes se trouve le Correo, c'est-à-dire la Poste. Il n'y a pas

longtemps qu'on affichait encore, sur les murs du vestibule, les noms de ceux à qui des lettres étaient adressées poste restante. Nous eùmes l’occasion, en venant prendre notre correspondance, de faire des études assez sérieuses sur les noms de baptème des femmes espagnoles : la mn sont empruntés à des idées de mysticisme ou de religion ; tels sont, pour ne citer que ceux qu'on rencontre le plus fréquemment, ceux de Cérmen (du Mont-Carmel), — Dolorès (de Notre-Dame

des Sept Douleurs), — Trinidad, — Concepcion, — Encarnacion, — Rosario (Rosaire), — Pilar,

(littéralement : Pier, de la célèbre Notre-Dame del Pilar, de Saragosse), — Belen (Bethléem), — Reyes (des trois Rois Mages), — Asuncion (Assomption), — Amparo (de Notre-Dame de Bon- Secours), — A/egria (Allégresse), — Trinidad, — Angustias (Angoisses), etc.

D'autres noms de ferame sont simplement empruntés au martyrologe, comme Pepa, Pepita ou Pepiya (Joséphine), — Inès (Agnès), — Rafaela, — Ramona (Raymonde), — Paca ou Paquita (Françoise), — Manuela, — Angela, — Hermenigilda, — Rita (Marguerite), Leona, Petra, Nicolasa, Melitona, Cayetana, Vicenta, Olalla (Eulalie), etc.

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1oms d aptème, js ho d'Andslotsie, Sato mn | partieu iè — Lézaro, — Juan de Dios (Jean de Dieu), — Angel, — Ign qui, du reste, ne prouve pas qu'ils soient toujours de parfaits chrétiens. RE à

… Quantaux noms de baptème des gitanas, — car on les baptise aussi, — ceux qu'on leur donné

“te plus communément sont fort singuliers ; il nous suffira de citer Rocio de la Vérgen del Rocio,

pèlerinage très-connu des environs de Séville), — So/edad (Solitude, qu'on prononce tantôt

Soléda, tantôt Soléa, — Salud (prononcez Salou, de Nuestra Señora de la Salud), — Candelaria (dur Candelario, ou cierge pascal), — Aurora (un nom illustré par une des plus célèbres danseuses gitanas de Séville : Aurora, surnommée la Cujiri, mot qui, dans le langage des gitanos, signifie la Rose, — a (iracles), — (reltrudis (Gertrude), ete., etc. |

L'autre extrémité de la calle de las Sierpes aboutit à la plaza de la Constitucion, dont un des côtés est occupé par l'hôtel de ville ou Ayuntamiento. La Casa del Ayuntamiento, construite dans la première moitié du seizième siècle, est un des plus beaux spécimens de l'architecture plateresque en Espagne; le mot plateresco, employé par les Espagnols pour désigner le style de la renaissance. est emprunté à l'orfévrerie : les riches détails d'ornementation prodigués par les artistes de ce temps, sur les monuments, ontpresque la finesse des ciselures sur or ou argent. Malheureusement, ce beau monument n'a pas été achevé; parmi ses ornements, qui ont été récemment réparés avec goût et intelligence, figurent les armes et devises de Séville; on voit saint Ferdinand assis sur son trône, une large épée dans la main droite, accompagné de saint Isidore et de saint Léandre, les deux patrons de la ville, qui se tiennent debout à ses côtés ; on y lit cette inscription :

Sello de la muy noble ciudad de Sevilla.

« Sceau de la très-noble cité de Séville, »

El au-dessous la devise :

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Celle devise, que les Espagnols appellent empresa, — l'équivalent des imprese ilaliennes, se retrouve à chaque instant sur tous les monuments de Séville ; elle forme une espèce de rébus, peu intelligible au premier abord, qui demande une explication particulière,

Vers la lin du treizième siècle, le roi A//onso el Sabio, le Savant, ayant été délrôné par son fils Don Sancho, la plupart des villes de son royaume s'insurgèrent contre lui; Séville seule lui resta fidèle, et, en récompense de sa loyauté, le roi lui octroya cette empresa qu'on appelle el Nodo, le nœud ; entre les deux syllabes du mot No-po se trouve un signe qui a la forme d'un 8 et qui représente un nœud, #0do, ou un écheveau, en ancien espagnol : #adexa ; or ce mot, intercalé entre les deux syllabes ci-dessus, forme la phrase : No-madera-do, où no m'ha dexado, ce qui signifie, littéralement : Æ{le ne m'a pas abandonné; le nœud, nodo, pris isolément, sert en outre d'emblème et fait allusion au lien de fidélité qui unissait Séville à son roi,

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LA GIRALDA, A SÉVILLE (page 309).

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