‹ L'Espagne littéraireChapitre 12 sur 36 · MANUEL TAMAYO Y BAUS. II · texte numérisé non relu

MANUEL TAMAYO Y BAUS. II

NUMITORA, ta femme.

Hélas! qu'entends-je? — Toi, avilir à ce point ta compagne!... — Es-tu bien toujours le même?

VIRGINIE

Père, tu changes — en ce moment? Et tu ne me crois plus tienne? — Malheureuse que je suis!

VIRGINIUS, la rassurant.

Comme si je te croyais mienne, toujours, — comme sa fille le meilleur des pères, je t'aime. — (A Appiut.) Ah! laisse, Appius, qu'encore, seulement une fois, — avant de la perdre pour toujours, je la serre — sur ce sein autrefois paternel. Brisé, anéanti, — vois, mon orgueil tombe : en toi de Rome — la majesté, les lois j'adore, et les dieux. — Mais, de l'amour paternel, qui en moi tant d'années — fut une partie de ma vie, en un seul jour — puis-je me dépouiller, en un instant?...

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