‹ L'Espagne littéraireChapitre 8 sur 36 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

grands poètes. A ces moments-là, « le lecteur incline à croire, au pied de la lettre, et non comme une hyperbole orientale, qu'un génie ou un démon meut la plume du poète et lui souffle à Voreille de merveilleuses révélations i ». On ne peut traduire d'une manière plus exacte la puissance enchanteresse de cette poésie. Prenons le roman, qui est un des genres où l'Espagne a le mieux marqué son empreinte originale; je ne crois pas qu'il y ait aujourd'hui un romancier qui, par le don d'embrasser tout entière la vie d'une époque, rappelle autant que Galdàs l'auteur de la Comédie humaine, ou qui ait pénétré, comme Pereda, au fond de F âme populaire , et rendu comme lui l'austère poésie de la montagne.

J'imagine qu'à des lecteurs fatigués de tant de livres trop bien faits, toujours les mêmes, les œuvres fortes et quelquefois un peu frustes de ces Espagnols paraîtront d'une saveur toute particulière. N'est-ce pas d'avoir entendu trop le martellement sonore des vers parnassiens, de si labo-

i. Nuevo arte de escribir novelas. Madrid, 1887. Prôlogo, p. xvii.

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