AYANT-PROPOS. XV
rieuse facture, qui nous fit mieux goûter à nouveau la divine harmonie des vers de Lamartine, et comprendre la supérieure beauté d'une vraie poésie jaillie de Vâme ?
— J'ajouterai que la littérature espagnole se recommande encore à nous par sa valeur morale. Malgré les tentatives isolées de quelques jeunes écrivains, qui feront bien de choisir en France de meilleurs modèles, on peut dire qu'elle n'est pas tombée dans les excès d'un naturalisme brutal et ne connaît pas davantage la sensualité voluptueuse et morbide. Dans son ensemble, elle reste saine et virile, ce qui est un mérite assez rare pour qu'il vaille la peine d'être signalé.
Dans les études qu'on va lire, j'ai tâché à dégager la personnalité de chaque auteur et à définir sa manière; mais j'ai insisté aussi, et à dessein, sur tout ce qui peut donner une idée plus exacte du caractère espagnol et de l'Espagne vraie, si différente — nos voisins nous le crient sur tous les tons — de l'Espagne conventionnelle et romantique. On trouvera un peu dans ces pages « les Espagnols peints et jugés par eux-mêmes ». Je me suis effacé le plus pos-