CHAPITRE X
lippe II , l'inquisition devient un tribunal beaucoup moins ecclésiastique que politique, et l'on voit dans son ressort des affaires de contrebande, par exemple, qui ne touchent pas à l'Eglise ni à ses doctrines. C'est donc au pouvoir civil, au bras séculier qu'il faut adresser des reproches, s'il en est de mérités, mais non point aux papes : ceux-ci ont tempéré les rigueurs de l'inquisition; jamais ils ne les ont aggravées.
Depuis longtemps l'agresseur auquel nous répondions avait cessé de pérorer; son ignorance des faits, des noms historiques et des dates avait éclaté d'une manière si humiliante, qu'il sentit la nécessité de faire sa retraite en bon ordre et de garder enfin le silence . seul rôle qui lui convînt en pareil cas.
Les immenses et riches vignobles de Jérès ' commençaient à border la route, et je ne pus refuser à William de nous arrêter une journée dans cette ville si renommée en Angleterre. Car c'est en Angleterre surtout que s'exportent les vins fameux dont Jérès remplit annuellement cinq cent mille arrobas, c'està-dire environ huit millions de litres, seize litres formant une arrobe. Depuis quelque temps l'oïdium, ce fléau du raisin, a diminué la moyenne des récoltes.
1 On écrit en espagnol Jeres ou Xeres; car l'emploi des lettres J, X, et même G devant certaines voyelles , n'est pas soumis à une règle généralement adoptée. Aujourd'hui, dans bien des cas, on substitue volontiers à l'X le J (la jota). Il n'y a pas non plus de règle bien déterminée pour l'emploi du B et du V; on les écrit dans une foule de cas l'un pour l'autre : « Aqui se bende buen bino, pour : Aqui se vende buen vino : Ici on vend du bon vin. »
Elle se relèvera sans doute quand la Providence aura fait mourir ce microscopique champignon , qui est veau rappeler à l'homme que Dieu seul a dans ses mains notre pain quotidien. Après six ans d'un règne désastreux, cette poussière corrosive commence à disparaître au moins des meilleures terres.
Les territoires de Puerto -Santa -Maria et de San- Lucar de Barameda produisent aussi le vin de Jérès.
Un travail de la nature, qui est encore inexpliqué, modifie le vin mis en pipes de telle sorte que, malgré l'identité du raisin, du pressurage, de la futaille, les qualités du vin diffèrent d'une pipe à l'autre. Le meilleur et le pire au bout de quelque temps se trouvent être parfois absolument les mêmes.
Les bodegas ne sont point des caves souterraines , mais de vastes constructions au-dessus du sol où la température est maintenue autant que possible à l'abri des grandes et brusques variations qu'elle subit au dehors. Là se déroulent , superposées l'une à l'autre, des files interminables de futailles, dont la valeur au total monte à deux, trois, quatre, cinq millions de francs pour une seule cave. Les vins y sont classés par qualités et mis en éolerâSj c'est-à-dire mélangés méthodiquement, les vins jeunes avec de plus vieux, de manière à prendre les qualités de ces derniers. 11 faut do l'habileté, beaucoup d'expérience pour la direction des soleras. Le mélange doit avoir lieu selon les qualités des vins et entre les années qui se conviennent. Une grande différence de nature entre les vins les gâterait.