‹ L'Espagne, orné de quatre gravures d'après M. Gustave DoréChapitre 2 sur 174 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ENTRÉE EN ESPAGNE. — CONSEILS AUX VOYAGEURS. — D'iRUN A RURGOS. — LES BASQUES. — BURGOS. — LE CID.

Placée à une extrémité de l'Europe et séparée d'elle par la mer et par la chaîne des Pyrénées , moins bien pourvue que les autres pays d'Occident des moyens qui facilitent les communications , l'Espagne est une contrée peu visitée par les touristes, peu connue et cependant bien digne de l'être. Son histoire est pleine degrandeur comme son climat de séduction ; la richesse de ses monuments égale celle de son territoire , et son isolement a eu du moins pour avantage de lui conserver ses croyances, ses mœurs et ses vertus antiques. Elle offre à l'observateur d'autant plus d'intérêt qu'elle ne s'est pas aplatie sous le niveau de la civilisation

matérialiste, qui rend souvent les voyages en d'autres parties de l'Europe aussi fastidieux qu'ils sont uniformes.

C'est le fond de la conversation que j'engageai, dans la berline de la diligence de Bayonne à Madrid, avec mon ami William Rose, Anglais jeune encore et passionné pour les voyages , comme tant d'autres hommes de son pays. Nous avions visité l'un et l'autre la France, l'Italie et la côte d'Afrique, de l'Egypte au Maroc; mais de plus il connaissait l'Inde, et il avait reçu le baptême de la ligne. La multitude de ses observations chez les peuples divers lui permettait ces comparaisons, ces rapprochements qui jettent tant de lumière sur les objets soumis aux appréciations du voyageur. L'Espagne n'était pas pour moi un pays totalement étranger; de mon côté, donc, je pouvais initier mon ami à l'étude de la Péninsule, que nous voulions visiter ensemble.

Nos relations étaient déjà anciennes. A leur début, je n'avais pas tardé à sentir, sous les apparences d'une glace bientôt brisée, un caractère sympathique. William, vers la fin de ses premières études, était venu à Rome; il avait examiné l'Eglise romaine, sa doctrine et ses oeuvres, sans prévention; et Dieu avait récompensé la pureté de ses vues en l'amenant au bercail du vrai Pasteur, h la religion de sa mère. Son esprit était donc dégagé de ces préjugés étroits qui empêchent souvent les Anglais protestants de rien comprendre aux usages, aux arts, aux traditions des peuples catholiques. Muni de son Hanilhoo/,- un

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