‹ L'Espagne, orné de quatre gravures d'après M. Gustave DoréChapitre 57 sur 174 · CHAPITRE IV. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. H

de blancheur au milieu des ronces de l'immonde gentilité; c'est Complufum ou Alcala de Hénarès. et les saints Just et Pastor; c'est Abula, maintenant Avila, et saint Vincent avec les frère et sœur Christèle et Sabine; c'est Oretum, aujourd'hui Galatrava, et les soldats martyrs Euretrius etCaledonius; c'est Burgos, alors Bramnn Burgi, et ses vierges Hélène et Gentola; c'est Léon ou Legio Sept/' mu gc ruina, et Mancellus, immolé avec sa femme et ses filles; c'est Astorga, Asturica Augusta, et sa vierge Martha, qui unit les roses du martyre aux lis de la pureté : c'est Orense , Aquœ Origines, et les saintes Marina et Euphemia ; c'est Braga, Bracara Augusla, empourprée du sang de sainte Susanne et des saints Victor et Silvestre; c'est Lisbonne , Olisippo ou Félicitas Julia des Romains, avec les saints Verissimus, Manimus, sainte Julie et toute une pléiade d'autres martyrs; c'est Mérida, Emerita Auguste,, avec une phalange non moins éclatante, qui compte les héroïques femmes Eulalie et Julia; c'est Gordoue, Conhtha, noyée dans le sang de ses fils chrétiens; comme Cadix, Malaga {Malaca)i Gironne (Gerunda ) . Barcelone (Barcino) et Lérida (Herda); c'est encore Séville, Hispalis ou Julia Romula, et les sœurs Juste et Rufine, les pieuses marchandes de gargoulettes en terre cuite; c'est enfin et surtout Cœsarea Augusta, dont le nom est devenu par corruption Saragosse , cette ville que le poëte espagnol Prudence appelle la patrie des martyrs : patr.ia sanetorum martyrttm. Entre tous, le monde chrétien a distingué de bonne heure le diacre Vin-

cent, cet apologiste de la foi auquel des tourments inouïs ne purent arracher une plainte; du temps de saint Augustin, toutes les Eglises célébraient sa mémoire.

L'Église d'Espagne ne versait pas seulement le sang de ses veines, elle répandait à flots la lumière : le concile d'Elvireou d'Illyberis, près Grenade, réuni en 303, démentait l'inscription fameuse tracée sur un monument d'Espagne par les persécuteurs Dioclétien et Maximien :

INVICTI CAESARES... OB CHRISTIANAM

HORVM PIA CVRA SVPRESSAM

EXTINCTAMQVE SVPERSTITIONEM .

« Les invincibles Césars, en actions de grâces pour la suppression et l'anéantissement de la superstition chrétienne obtenus par leur pieuse sollicitude. »

Mais les vingt évêques, d'autres disent quarante, rassemblés à ce concile prouvèrent de plus, par les quatre-vingts canons de discipline dressés en cette circonstance, que l'Eglise d'Espagne travaillait avec énergie à détruire les superstitions et à maintenir les mœurs chrétiennes. L'un d'eux, Osius, évêque de Cordoue, aura la gloire de présider, au nom du pape, en 325, le concile de Nicée, le premier des conciles universels.

Dans le cours du même siècle, le poëte Juvencus composait ses Histoires évangéliques; Prudence, son traité Des Péchés et des Vertus et ses Hymnes , où l'Eglise a choisi des chants liturgiques.

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