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Qui n'a vu Grenade, na rien vu

2. Aussi bien, l'Alhambra n'était point l'unique palais des rois de Grenade. Au delà du Généralife, sur le sommet appelé aujourd'hui Silla del Moro, ils possédaient le palais féerique de Dar Alarosa, plus loin celui de los Alixares. Les historiens arabes célèbrent les jardins délicieux de l'Axariz, la Casa del Gallo élevée au xi« siècle, les jardins paradisiaques de Neched et de Ainadawar. Les érudits, seuls, savent encore la place qu'occupaient ces splendeurs.

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quartier opulent. Philippe le Beau y admira des mosquées « où Ton voit plusieurs files de colonnes ». Disparues, ces mosquées! Les maisons arabes étaient petites, comme les maisons romaines de Pompéi. « Du côté de Santa Fé, raconte le secrétaire de Philippe le Beau S le pays est plat et assez fertile et Ton y voit quelques beaux jardins. De l'autre côté, tout est hautes montagnes. La ville est très grande. Les maisons étaient petites. Voilà pourquoi le roi et la reine firent démolir quelques-unes de ces petites rues, et ordonnèrent de les reconstruire plus larges et plus grandes, et obligèrent les habitants à élever des maisons grandes, à la manière de celles d'Espagne. Chaque maison a sa fontaine... »

L'Albaïcin n'est plus que le repaire des gitanos. Ils se terrent dans des grottes couronnées de cactus ou dans des maisons sans dehors, mais dont les patios réservent aux curieux de délicieuses surprises. Frangée de pampre, une arcade légère en occupe parfois les côtés, aussi délicate que celles de FAlhambra. Sur des cactus aux fleurs jaunes, sur des grenadiers aux étoiles écarlates, sèchent des linges blancs et des robes jaunes. Et devant les colonnettes de marbre, les blanches guipures de stuc, dans les broussailles, des enfants jouent avec des chèvres, des femmes se peignent en plein vent. C'est le royaume du pittoresque.

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