‹ L'Espagne sous Ferdinand VIIChapitre 17 sur 79 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

19i L'ESPAGNE

ignorance des choses du monde surnaturel ; il dort la tête vers l'Europe , la queue vers l'Afrique ; il va se réNcilier, se lever; et que deviendra la terre,

foulée sous les pas de ce géant, fils des géants?

Non , jamais il ne fut donné à ce monde de reproduire, par une plus frappante image, une pensée de sou Créateur , ni au ciel d'illuminer la terre d'une manière plus surprenante ! Ici les lignes et les couleurs, tout a de l'esprit, ou plutôt tout est

esprit!

Je n'ai nulle part éprouvé un effet aussi subit , aussi surnaturel : dans ce merveilleux tableau , la pensée déborde la matière. A quoi tiennent les impressions des lieux ? Si j'étais venu la le soir, j'aurais eu la lumière derrière moi ; le rocher de Calpe, au lieu de se dessiner en noir et de ne me laisser voir que sa masse, aurait été lumineux, détaillé, subdivisé; enfin, tout m'aurait paru difîerent de ce que j'ai vu. Si seulement j'étais arrivé à l'heure où le soleil sort de derrière le mont , c'est-à-dire à présent ( car le prestige vient de cesser au moment même où j'ai vu l'astre déborder le roc ) j'aurais admiré sans doute la grandeur du site; mais je n'en aurais pas deviné l'àme. Un peu d'ombre h une place plutôt qu'à une autre, une heure de retard , le temps qu'on donne à essayer de décrire ce qu'on

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voit, change le jugement que porte un voyageur sur les lieux les plus fameux de la terre. Après cela,

croyez à ce qu'on vous dit non , jamais à ce

qu'on vous dit ; mais croyez à ce qu'on vous montre pour montrer il faut être poëte, et le poëte

ne ment pas ; s'il n'est pas toujours exact , il est toujours vrai , parce qu'il crée ce qu'il dit. 11 dessine en paroles : chaque mot qu'il trace est un coup de crayon, et la couleur lui est donnée en même temps par l'émotion de son cœur. C'est le cœur qui fait les modulations du style en poésie; comme en musique, c'est lui qui prête l'expression k la mélodie. Pour l'homme de génie , l'inspiration est tout : l'art ne peut rien ajouter au plaisir de l'artiste ; mais l'artiste ne communique cette inspiration dans sa pureté , qu'après avoir lutté avec les dernières difficultés de l'exécution ; c'est lorsqu il est sorti victorieux de ce combat , combat terrible , et dont je ne veux pas révéler ici toutes les horreurs , qu'il dévoile à la foule des secrets de lui seul connus !..... Pour bien représenter les beautés d'une contrée comme celle-ci, il faut en connaître, en aimer l'auteur ; il ne faut pas craindre de voir Dieu dans la nature, de monter jusqu'à lui, et de lui dire : C'est ton portrait que j'ai fait en décrivant ton œuvre. Mais outre cette force de sentiment , qui est

un don primitif, il faut avoir l'audace et la patience de deviner, et de s'approprier tous les secrets de

l'écrivain Voilà ce qui me décourage Mais,

Jion , il ne faut pas mentir je ne me décourage

pas ; car je me sens jeune , je suis heureux et fort , comme si je n'avais jamais essayé mes forces. Je me laisse aller k mon enthousiasme, comme si ce vo^^age était mon début sur la terre étrangère ; comme si nous étions au jour où je partis avec vous

pour Naples et la Calabre Si je parvenais k

vous faire partager la fièvre d'admiration qui me transporte aujourd'hui comme alors, comme il y a vingt ans , je ne me croirais plus obligé d'excuser ce délire; mais j'ai bien des fois reconnu, à mes dépens, que la facilité à se laisser émouvoir trompe l'écrivain. Il faut, pour faire sentir aux autres ce que vous éprouvez vous-même , quelque chose de plus que de la sensibilité ; il faut de l'art. Plus on est touché, plus on pense que le lecteur doit l'être; et l'on manque son but au moment même où l'on se croit le plus sûr de l'atteindre. C'est comme les faiseurs de contes , qui rient pour faire rire.

Il y a donc un certain désavantage à décrire les lieux sur les lieux mêmes : c'est celui de n'être pas assez calme pour calculer et pour graduer ses

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moyens d'effets. Vous sentez trop pour faire ressentir aux autres le juste contre-coup de vos propres impressions. Mais je ne changerai pas pour cela de méthode : ce que l'art perd dans les tableaux ainsi tracés , la vérité le gagne , et en fait de voyage il faut préférer la vérité à tout; d'ailleurs un voyage, ce n'est pas de la littérature, c'est de la vie moins commune que celle du coin du feu.

On me presse de remonter à cheval pour descendre vers Algesiras, que je vois là sous mes pas tout près, et dont nous sommes pourtant à quelques lieues : mais avant de me remettre en route , je veux vous dire encore un mot de la première apparition du roc de Gibraltar. Ce que je n'ai pu vous peindre , je veux vous le raconter.

Ce môle, avancé de l'Europe sur l'Afrique , restera dans ma mémoire comme un monstrueux animal coulé en bronze et encadré dans de l'outremer : le ciel de la Mauritanie est comme une coupole de lapis lazuli, le détroit de Gadès comme une émeraude, et Calpe gravé k Venu forte par le génie pittoresque d'un Rembrandt , se détachait tout à l'heure en noir sur ce fond brillait; contre les règles ordinaires de l'art , c'était l'ombre qui venait en avant j avouons que la nature sait bien

quand elle le veut se moquer de la peinture

«Ce roc ainsi ombré, est la silhouette d'un géant » , disions-nous ; je ne suis plus surpris que l'imagination créatrice des anciens ait attaché l'idée d'une barrière insurmontable à ce terrible mont : ce qui le rend doublement singulier , c'est que , malgré sa prodigieuse élévation, il semble sorti tout seul des flots et des sables qui l'environnent : il ne tient à aucune chaîne de montagnes ; une terre imperceptible , tant elle est plate , le sépare de l'Espagne , et la mer l'isole du reste du monde. C'est un épouvantable roc tombé du ciel, ou plutôt remonté de l'abîme pour diviser la mer et la terre. A moins qu'on n'aime mieux le prendre pour l'apparition d'une bête de l'Apocalypse , pétrifiée par la parole de Dieu. Ceciserait peut-être l'explication la plus naturelle ; on peut encore comparer Calpe à la carène d'un vaisseau naufragé et retourné sur lui - même : mais ce serait le navire d'un peuple de géants, d'un peuple dont les éléphants , les hyppopotames , et les rhinocéros étaient les carlins; et dont les girafes étaient les lévriers : rien de toutes ces mesures ne vous donne encore l'idée de l'étonnante disproportion de la masse noire dont je ne vois que les contours avec les autres objets qui composent le paysage ,

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et se dessinent à peine en traits incertains sur une mer de nacre et sur un rivage d'argent. La terre est aride en ce pays et l'onde éclatante. Si je fais un pas , cette aridité du désert m'apparait entre les branches des arbres les plus verds et les plus touffus , au-dessous des têtes fleuries du rhododendron et du laurier-rose ; ces élégants arbustes croissent en liberté autour des sources que distille le ejranit

sous le soleil de l'Andalousie Je vous le dis :

je suis trop heureux!!... plus que je ne me suis senti à plaindre de ma vie !... Est-ce un blasphème de lèze douleur que je profère ? Parler ainsi n'est-ce pas commettre un crime , dans un temps où la tristesse est en vénération chez tout ce qui

tient une plume? Le monde est assez tenté

d'accuser de sacrilège quiconque lui dit et lui prouve que le bonheur et le malheur ne dépendent pas de lui. Le monde a cela de commun avec les coquettes, qu'il aime à faire souffrir même ceux qu'il n'aime pas : à plus forte raison ceux qui ne l'aiment pas !.... Au reste, l'éloignement est presque toujours réciproque!!... Fuir un souverain, c'est déplaire. Ceci ne m'empêche pas de fuir, comme vous savez; car vous le savez aussi : je me résigne à tout, hors à l'ennui. Je suis né aussi mauvais courtisan qu'anti-révoJu-

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lioimaire.D ijpiès cela, trouvez-moi ma place : moi je n'en connais qu'une ; celle de voyageur. Cette place est véritablement la mienne ; et la seule qui me convienne à la longue. Voilà pourquoi je ne me lasse pas de vous répéter que je suis heureux.

LETTRE XLII

SOMMAXRE

Algesiras. — Contraste des campagnes et des villes de l'Andalousie.

— Le proscrit de Vejer. — Danger qu'il court et qu'il me fait courir. — La réflexion nuit à la générosité. — Gibraltar. — Police anglaise. — La manière de vivre des habitants de Londres imposée à ceux de Gibraltar. — Nourriture , ameublement, usages, tout est anglais. — Difficulté qu'éprouve un étranger pour entrer à Gibraltar. — Traitement que les soldats anglais et écossais font subir aux indigènes.— L'aspect des rues n'a plus rien de méridional. — Immensité du roc. — Voitures anglaises pour se promener autour de Calpe. — Bizarres contrastes entre les efTets de la nature et les habitudes sociales. — Jardin anglais planté sur les flancs du rocher. — Une forteresse moderne gâte les plus beaux site- . — Fraîcheur et parfum des nouveaux bosquets plantés par le gouverneur anglais. — Ces travaux sont une des merveilles de l'Andalousie. — Détails sur la fièvre jaune. — Récit d'une dame anglaise. — Ses nuits pendant l'épidémie. — Silence et solitude de la ville. — Campement dans le désert. — Gibraltar abandonné. — La sentinelle de nuit. — La faction changée de lieu; pourquoi. — Caractère du fléau.

— Anecdote péruvienne.

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Gibraltar , 2 juin , à 1 heures après midi.

Comme toutes les villes de cette partie de l'Espagne, Algesiras est plantée toute seule au milieu d'une terre nue et dépeuplée. Dans d'autres pays, la campagne voisine des cités est la mieux cultivée : ici les champs qui entourent les villes paraissent dévastés. Mais l'intérieur d'Algesiras est soigné, neuf, gai, propre. De belles rues, revêtues de superbes dalles blanches, reposent les yeux des voyageurs attristés par la vue de la campagne d'alentour et par l'aspect de Tarifa , encore présent à son souvenir. Cette élégance d'architecture, ce luxe de places et de promenoirs, fait exception en Espai:^ne. Algesiras est la ville la plus habitable que

j'aie vue dans cette partie du p-iys; je parle uniquement de ses avantages matériels; nous n'avons fait que la traverser.

Au moment de nous embarquer, nous fûmes encore accostés par le voyageur de Yejer. Ce malheureux paraissait si troublé , que mes soupçons se changèrent en certitude.

J'ai perdu mon passe-port, me dit-il, pouvez-vous méprendre comme domestique jusqu'à Gibraltar; une fois là je n'ai plus besoin de personne ?

Les gens du port, les douaniers, les alguazils nous entouraient, et devant tant de surveillants il m'était impossible de substituer l'étranger à l'un de mes gens. D'ailleurs laisser dans de telles circonstances un Français derrière moi en Espiigne sans papiers, sans protecteur, c'était l'exposer aux mêmes dangers auxquels j'aurais voulu soustraire l'inconnu : je n'avais pas ce droit-là; j'aurais pu envoyer le proscrit à Gibraltar avec mon passe-port et rester moi-même en arrière; mais le signalement, l'accent espagnol , la figure, l'âge, tout aurait trahi la fraude à la porte de la ville anglaise , où la police s'exerce avec plus de sévérité que partout ailleurs; le voyageur aurait été ramené ici, et, confronté avec moi, il m'aurait fait partager son sort saut, profit pour lui.

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Heureusement pour nous deux j'eus le temps et la présence d'esprit nécessaire pour faire tous ces calculs : il n'y a pas de quoi se vanter; mais je vous l'avoue. Les deux polices sont d'une vigilance qu'il est difficile de tromper , et la moindre apparence d'intrigue politique peut devenir funeste à tout étranger, mais particulièrement à un Français : un mot malveillant proféré par un homme du gouvernement devant les gens du peuple, serait le signal d'un massacre inévitable, et après notre mort les magistrats se justifieraient auprès de leur gouvernement et de notre consul, en alléguantla fureur des habitants contre tous les émissaires des révolutionnaires étrangers; espèce d'excuse que la cour de Madrid ne manque jamais d'accueillir. Telles sont les réflexions qui me passèrent rapidement par l'esprit et me décidèrent à refuser le malheureux; mais quand je pensai que sa vie était peut-être en danger, mon cœur se serra et mes yeux se remplirent de larmes. Que pouvais-je faire? Le péril devenait le même pour lui, pour moi, pour mes gens : il fallait donc choisir entre l'inconnu et nous; ou bien il eût fallu ne pas réfléchir.. .Mais je réfléchissais!....

Après tout cet homme m'était entièrement étranger, le danger qu'il courait n'était peut-être pas aussi imminent qrie celui auquel je me serais

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exposé pour lui : j'iguorais sa véritable position et jusqu'à la moindre circonstance de son histoire : il ne pouvait , sous les yeux des gens qui nous observaient, me donner aucune des explications qui peut-être m'auraient déterminé ii tout braver pour le sauver. Honteux et malheureux de me sentir si raisonnable, je l'abandonnai à sou sort.

Je fis mettre à la voile , mais sans réussir à me distraire de cette figure pâle et défaite, qui me regardait partir et restait là comme un remords , sur ce rivage qu'elle ne pouvait quitter. Le souvenir de cette rencontre m'attristera longtemps *.

En une demi-heure un vent frais nous avait poussés jusqu'à l'entrée du port de Gibraltar.

Gibraltar me paraît très-curieux. Là, deux génies opposés sont en présence : l'activité du Nord, l'apathie méridionale; l'intérêt et la sensualité, l'industrie et l'imagination : l'Occident et l'Orient, la civilisation et la nature se rapprochent sans se confondre. Il faut venir suffoquer au pied de ce rocher pour apprendre à connaître l'orgueil anglais, qui veut soumettre aux habitudes du peu-

' .le n'ai plus entendu parlci- de cet honunc ; s'il eût elé pris à Algesiras , après mon départ , cette arrestation aurait fait la non velle du jour à Gibraltar , où l'on ne tarde jamais k savoir ce qui se passe sur la terre ferme. Il a donc pu échapper : moi je n'ai jaiUAis pu l'oublier.

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pie de Londres le climat et la terre de l'Afrique ; l'on y peut en même temps apprécier la fierté des Espagnols qu'on vient de quitter. Ces hommes de l'ancien monde dédaignent toutes les améliorations de leurs voisins, et se complaisent dans leur paresse; ils cheminent sur des routes impraticables, ou restent couchés sur leurs remparts démantelés en face des jardins toujours verts plantés et entretenus sous le ciel de l'Afrique par les colons venus de la Grande-Bretagne, d'où ils apportent l'activité patiente et la mauvaise humeur propre aux hommes avides de gain.

Je me représente la joie des vrais anglomanes français retrouvant à leur entrée dans Gilbraîtar les petites maisons de Brighlon, les trottoirs de Londres, les rues à la Mac- Adam, les gigs, les tilburys, et jusqu'aux Nursery- malds , qui font oublier qu'une vingtaine de provinces , dont plusieurs sont des royaumes, séparent Calpe de l'Angleterre. Mais passé le moment de la surprise, trouveront-ils beaucoup de plaisir à marcher sur des tapis qui leur brûlent les pieds ? L'idée que ce meuble est toujours de saison à Londres, les consolera-t-elle du malaise qu'il leur cause en Espagne? Quant à moi, j'aime mieux marcher sur des nattes des Philippines, qui ne me font pas

enfler les pieds, manger des jambons de Malaga, des fruits de Séville, boire du vin d'Alicante, que de déchirer le beefsteak très-dur qu'on m'apporte vivant du Devonshire*, de me bourrer de pommes-de-terre arrivées d'Irlande, et de boire le sherry préparé à l'eau-de-vie pour l'usage de la garnison anglaise. Figurez -vous le plaisir d'être logé sous un climat plus brûlant que celui de la Barbarie , dans des cases meublées à la manière des habitations de Londres.... Ajoutez k tout cela l'étiquette des auberges d'Angleterre sans leur propreté, et vous aurez l'idée des inconvénients de l'anglomanie parmi des colons transplantés de l'Ecosse à Vautre bout de la terre.

Ce qu'on appelle la saison de Londres est le temps de la chaleur; croirez-vous qu'à cause de cela on danse tout l'été à Gibraltar dans \es petits co^f*^/ 0-65 habités par les familles desofiiciers delà garnison 1 II semble que les formes extérieures de l'existence fjssent la destinée des Anglais, comme l'antique falaliié des passions dominait les Grecs. Enfin, par une chaleur inconnue àrAngleterre,puisqu'elle surpasse celle de l'Afrique, les Anglais qui vivent ici se nichent dans des loges inhabitables pour les

' On embai que en Angleterre des troupeaux de bœufs destiaés à l'approvisionnemeal de plusieurs colonies.

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hommes placés sous cette latitude; ainsi ce peuple dépaysé se condamne à perpétuer ici tous les inconvénients de la société telle qu'on la comprend h Londres , sans penser que l'activité des habitants de la Grande-Bretagne devient sans but à Gibraltar, où l'on n'a plus ni brouillard à secouer, ni vanité sociale à nourrir.

On se plaint des difficultés qu'éprouvent les étrangers pour entrer dans Cadix : la maladroite exigence de l'autorité espagnole n'approche pourtant pas des minuties de la police anglaise à Gibraltar. A peine débarqué sur cette terre où les hommes sont, dit-on, libéralement gouvernés, j'ai été retenu au grand soleil par des commis ; et quoiqu'arrivant avec un Anglais, on a exigé que je fournisse la caution d'un habitant de la ville. J'ai envoyé ma requête , avec une note de recommandation , à un négociant de Gibraltar, pour lequel heureusement j'avais une lettre de crédit , et j'ai chargé de ce message un homme du port , non sans m'attirer maintes objections des gardiens de la porte. Au bout de deux mortelles heures d'attente , on est venu me dire que je pouvais entrer dans la ville , quitte à satisfaire le lendemain aux ordonnances de police. La vérification des signalements n'est pas une des moindres incommodités

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