‹ L'Espagne sous Ferdinand VIIChapitre 37 sur 79 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

Grenade, les habitants appelleraient leur promenade le désert , Termitage , ils l'ont nommée le Salon.

De cette promenade on a de superbes échappées de vue sur les cimes de la Sierra Nevada , qui , avec ses plaques et ses zones de neiges étincelantes au milieu des rochers noirs, ressemble à l'échiné d'un animal monstrueux, qu'on aurait vêtu de peaux de tigre et de zèbre : cette apparition produit une nouvelle surprise à chaque pas qu'on fait autour de Grenade. Ce ne sont pas des glaciers, ce sont des inégalités du roc où la neige ne fond pas.

En venant de Loxa, nous avons admiré tout le jour cette chaîne de montagnes ; je n'ai pu en détourner mes regards qu'au moment où l'on nous a montré pour la première fois l'Alhambra.

Par une chaleur caniculaire, nous cheminions lentement au pas de nos mules à travers les terres fertiles de la Vega ; le sang arabe et chrétien s'est mêlé dans ces champs pour en faire le jardin de l'Espagne. Nulle terre n'a été si fécondée par la guerre : chaque pas de terrain disputé , perdu , regagné et reperdu mille fois, a coûté la vie h des bataillons outicrs, dont les cendres nourrissent maintenant une végétation unique en Espagne. C'est beau, mais, quoi qu'on puisse dire, c'est triste,

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11 semble que la terre souffre d'une richesse si chèrement achetée. Néanmoins , les arbres croissent en abondance; la fraîcheur nécessaire à leur vie est entretenue partout au mo;yen de ces irrigations savantes qu'on ne cesse d'admirer en parcourant ce pays; mais cette habile distribution des sources est plus agréable au cultivateur qu'au voyageur; car, en conduisant les ruisseaux partout, les paysans de la Vega n'ont aucun égard aux dégâts qu'ils occasionnent sur la route ; ils l'inondent de place en place, et la rendent souvent impraticable , même en été : c'est ce que nous avons éprouvé. Nous avons traversé lentement , mais sans nous arrêter, le village de Santa- Fé , bâti par le roi Ferdinand IV , dit le Catholique , en mémoire de la conquête de Grenade , qui n'était pas encore terminée quand le village chrétien s'élevait. Il n'était alors qu'un poste avancé de l'armée des assiégeants.

Non loin de Hi , vers fextrémité de la Vega , dont la longueur est de huit lieues et la largeur de quatre , le roi Ferdinand VII a doté d'une magnifique terre le duc de Wellington , commandant de farmée de ses alliés les Anglais pendant la guerre de l'occupation.

En sortant de ce village historique nous tom-

bânies dans une des fondrières dont je viens de vous parler, et qui sont dues à la négligence intéressée des paysans de la Vega. Nous restâmes embourbés là longtemps comme au milieu de l'hiver, sans même pouvoir descendre de voiture, tant la fange qui nous environnait était profonde et s'étendait loin ; enfin , le secours de quelques passants nous fit sortir de cet abîme , que nous ne nous attendions guère à trouver sur notre chemin par la sécheresse et la chaleur qu'il fait : c'est du bord de ce trou, quand notre carrosse en fut retiré, que j'ai eu la première vue de l'Alhambra.

Je suis sorti de voiture pour voir mieux, et muni de mon parasol j'ai grimpé sur l'impériale. Grenade, l'Alhambra, c'étaient pour moi des noms du pays des fées. Le cœur me battait comme h Sinbad le marin , près de l'île aimantée ; rien ne peut répondre à une attente si vive, l'imagination m'avait usé Grenade bien avant que je pusse voir de mes yeux cette ville.

Grenade est bâtie à l'extrémité de la plaine , sur trois collines, dontl'unepeuts'appeler une montagne , c'e.st celle de l'Alhambra ; ce premier étage de rochers s'élève comme une estrade entre la fameuse Vega et la Sierra Nevada ; les trois collines

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sont séparées les unes des autres par des ruisseaux qui font torrents, par des précipices , par des maisons et des promenades qui ressemblent à des bois ; cet ensemble est d'un effet très-pittoresque. Sur chacune des trois collines on avait bâti une forteresse , la première et la moins élevée s'appelait Torres Hermeja , et le quartier qui l'entourait en «'unissant à la plaine se nommait l'Antequerela ; la seconde colline était l'Alhambra, palais forteresse, qui formait une ville à elle seule; la troisième l'Albaycin; ce château est tombé, les maisons d'alentour font encore un des quartiers de la ville actuelle ; le quatrième quartier s'appelait Grenade. Notre voiturier nous expliqua tout cela , et malgré l'horrible chaleur du jour , nous fîmes une table de l'impériale de notre vieille voiture , pour y poser nos livres, nos cartes et nos plans. Couchés sur cette table singulière , nous y restâmes longtemps en contemplation.

C'est dans ce village de Santa-Fé , bâti par la reine Isabelle, que cette courageuse femme fit vœu, selon quelques chroniqueurs, de ne pas changer de chemise avant la prise de Grenade.

De ce point , le palais de l'Alhambra ressemble à toute autre forteresse. La haute colline qui le

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porte domine Grenade. A la racine de ce mont s'étend ia ville ; au sommet l'Alliambra , dont l'enceinte recouvre un grand plateau de montagne; l'intervalle qui sépare la ville basse des ruines de ce palais est rempli par un bosquet toujours vert, arrosé, dit-on, d'innombrables ruisseaux qui coulent à l'ombre et se précipitent en torrents vers la plaine. Nous n'étions qu'à trois lieues de cette promenade encbantée , que notre voiturier me décrivait avec orgueil. A cette distance elle me faisait l'effet d'une forêt ; ma pensée descendait des sommets zébrés de la Sierra Nevada dans ces retraites animées par la puissante magie de l'Orient; j'y trouvais toujours les fées et les génies. Mais l'extérieur du palais ne me paraissait qu'une suite de tours carrées en briques, rougies par le temps sous un soleil d'Afrique , et séparées ou plutôt réunies par de hautes murailles, à la manière de tous les autres édifices mauresques , qui , vus du dehors , m'ont donné l'idée de la guerre plutôt que celle de l'élégance et du plaisir.

Les ornements de ce genre d'architecture sont réservés pour l'intérieur : amoureux du mystère, l'Arabe dérobait aux regards delà foule, non-seulement ses amours, mais jusqu'aux prestiges de l'art qu'il employail à parer lii solitude de ses retraites

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enchantées; il aurait craint d'afficher aux yeux de la foule le luxe de ses palais , asiles du demi-jour , des parfums magiques, de la musique, de la danse, et des plaisirs secrets; cacher sa vie,c'était l'instinct qui dominait ce peuple le plus adonné de tous aux voluptés physiques. Cebesoin du mystère meparaît un dernier hommage rendu à des plaisirs plus purs ; tant de secret ne décèle-t-il pas un peu de honte ?

Qu'il y a loin des ruines mauresques, des débris de tous ces alcazars, de ces palais forteresses, dont le sol de l'Espagne est hérissé, aux restes si nobles , si imposants des villes de l'antiquité païenne! La vue d'une seule colonne du Parthénon vous cause l'impression du grand; tandis qu'une galerie tout entière bâtie par les Maures, fût-elle longue d'une lieue, ne vous paraîtrait jamais plus grandiose qu'un charmant ouvrage en filigrane posé sur votre console ; qu'importe que la matière soit du marbre ? le résultat n'est jamais qu'une broderie. Les acropolis de la Grèce et de la Sicile , espèces d'alcazars antiques, les temples de Rome et de Pœstum , les aqueducs italiens , avaient des formes si belles , des lignes si pures , que tout détruits qu'ils sont , ils embellissent le désert que le temps a fait autour d'eux , et dans leur décadence subhme ils nous

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révèlent encore le génie des peuples destinés par la Providence à rendre sa vraie noblesse, sa vraie poésie à la race humaine. On voit l'œuvre d'hommes dont l'esprit s'était mis en communication avec le ciel , du moins par le sentiment du beau dans les arts , par le type éternel de la perfection dérobé au Créateur pour le rendre à la créature. Ici point de sublime !... rien que de l'esprit, et, selon l'expression d'un juge compétent : L'esprit sert à tout et ne suffit k rien * !

L'art chez les Arabes n'avait ni le sérieux des monuments grecs , ni l'élévation des ouvrages chrétiens ; il est resté à part de toutes les autres productions humaines, pour montrer au monde jusqu'où l'homme peut arriver par la patience. Les plus beaux monuments mauresques sont les derniers chefs-d'œuvre de l'esclavage, c'est l'Egypte amoindrie. Les architectes grecs ornèrent le globe , les Maures embellissent un bloc de pierres : leur architecture est comme une cristallisation , grossière en dehors, précieuse eu dedans. Je n'ai pas encore vu l'Alhambra ; mais , après Cordoue et Séville , je sais ce que je puis trouver en ce genre à Grenade.

' Ce mot Cft de M. de Talleyrand.

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Si j'avais un voyageur h conseiller, je lui dirais : Descendez tout droit de Madrid à Grenade , vous verrez le reste après ; mais commencez par ce qu'il y a de plus beau : il ne faut pas user son attention à examiner le médiocre. C'est le tort que j'ai eu ; avant d'avoir admiré l'Alhambra je suis blasé sur les effets de l'architecture mauresque. C'est une surprise dont je me suis privé.

Plus nous approchions de Grenade, plus mon étonnement devenait grand : point de solitude, point de silence , point de majesté ; une population riche, élégante, plus élégante que celle de Madrid ; des hommes à cheval , des voitures; beaucoup de costumes français; des promenades uniques en Espagne par l'abondance et la rapidité des eaux qui les traversent ; enfin , des monuments du séjourde l'armée française pendant la guerre de l'occupation : on me parlait d'un pont Sébastiani àl'extrémité de la plus belle promenade de la ville mauresque et de travaux français à l'Alhambra , où nos généraux ont fait, dit-on , dépaver la cour des Lions pour y planter des rosiers. Voilà ce que j'ai vu et ce dont j'ai eu l'esprit occupé en arrivant à Grenade. Dans mon inquiétude fébrile, j'ai couru d'abord à la promenade del'Alameda, puis à celle du Salon,

qui en est la suite : le Xenil y entretient une fraîcheur admirable; un torrent alpestre à cette latitude est une curiosité naturelle ; mais cette singularité même ôte à toute la contrée le cachet espagnol dont j'avais été frappé dans le reste de mon voyage. Des arbres de nos climats croissent au bord du Xenil , et jusque sur la colline de l'Alhambra ; végétation merveilleuse aux yeux des Andaloux, mais qui m'inspire peu d'admiration. Les sables de Tanger et quelques palmiers , si je les trouvais autour de Grenade , me feraient rêver davantage

Cependant j'oublie que les pays ne sont pas arrangés pour l'imagination du voyageur qui doit se borner à les voir, et s'il est possible à les peindre tels qu'ils sont.

Après vingt-et-un jours, j'en suis à ma seconde tournée dans Grenade : je n'ai pas encore eu la force de monter h l'Alhambra. On m'a mené d'abord k la promenade Saint-Pierre; elle est à l'extrémité de la ville opposée à l'Alameda. C'est le Darro qui l'arrose et en fait l'ornement. Ce ruisseau , beaucoup moins rapide que le Xenil, coule au pied de la colline de l'Alhambra , dont la pente, extrêmement roide dans cette partie, est déchirée par plusieurs éboulcments récents; des

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pans de murs et des restes de tours se sont écroulés ; mais bientôt les déchirures des ruines et de la montagne ont été recouvertes de plantes et d'arbres qui croissent dans les interstices des murailles et dans les crevasses des rochers ; on dirait que la nature s'empresse de déguiser les pertes de l'art. L'aspect de celte vallée obstruée de fleurs est pittoresque et ne ressemble à rien de ce qu'on peut voir ailleurs.

La ville est grande , elle s'étend en partie dans la plaine , en partie sur les hautes collines dont je vous ai parlé , et qui lui donnent un aspect original. Des couvents , des chapelles ornent le sommet des plus hauts coteaux , et contribuent à donner aux paysages de Grenade un caractère plus arrêté que celui des sites d'une grande partie de l'Andalousie. En général , l'aspect de cette contrée , excepté dans l'intérieur des plus hautes montagnes , a quelque chose de vague , de grandiose , qui la rend plus poétique que pittoresque. Les paysages y parlent à l'âme plus qu'aux yeux , et les tableaux qu'on y admire brillent par l'éclat et la richesse de la couleur plus que par la variété et la netteté des objets. Les environs de Grenade réunissent les deux caractères. On y trouve îa lumière du H} fi

et la végétation du Nord. Toutes les fois que vous sortez de la ville ou (jue vous montez sur quelqu'éniinence , sur quelque tour élevée , vous apercevez avec intérêt les campagnes environnantes; le ton des champs poudreux de la Vega , toute tachetée de bouquets d'arbres gris dans cette saison , malgré l'eau qui les nourrit, se perd dans les teintes violettes des derniers lointains terminés par des contours de montagnes d'une forme et d'une couleur merveilleuses. C'est bien là le paysage andaloux dans son majestueux dédain de tout ce qui fait tableau ailleurs : on admire , mais on ne sait pourquoi ; on se demande ce qu'on voit. Le ciel et la terre ne sont point séparés; les teintes des nuages descendent sur les monts qui, par leurs formes pompeuses, par leurs couleurs diaprées, font la continuation de la voûte du ciel ; la poudre de la plaine se confond avec les vapeurs de l'air, l'éclat doré du jour pénètre jusque dans l'obscurité des cavernes. Il n'y a pas un coin d'ombre sans clarté, tant la lumière est riche , tant la puissance du soleil déborde obstinément jusque dans le fond des ténèbres; ce sont des compositions de Salvator Rose coloriées par Rembrandt. Paysages merveilleux, dont on sent la beauté sans pouvoir l'expri-

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mer; plus on est frappé d'admiration, plus la parole vous manque : il y a des moments où l'on n'éprouve que la fatigue du plaisir, alors la beauté de la nature terrasse l'homme Et pourquoi cette luite? Quelle destinée non accomplie nous est révélée par la tristesse de l'âme en présence de certains sites plus grands, plus sublimes que d'autres? Quel regret, quel remords poursuit incessamment l'homme prisonnier sur la terre ? Pouvait-il faire autrement qu'il n'a fait •'' Et s'il le pouvait, qui donc a borné sa liberté? Quelque loin qu'on remonte dans l'histoire, dans la philosophie, on n'arrive jamais au point où l'homme a

choisi sa route S'il s'est toujours laissé conduire,

d'où vient son inquiétude? Dans la fable symbolique d'Eden, Dieu même est le provocateur, puisqu'il permet au serpent de tenter la femme et l'homme par elle : triste condition que celle d'un être qui subit k la fois tous les inconvénients de la force et tous ceux de la faiblesse I!...

Malheur'.... malheur!... malheur!... J'entends toujours ces mots prononcés d'une voix creuse par la Bohémienne de la venta près de Malaga. Le souvenir de cette rencontre m'a poursuivi tout le temps de la maladie dont je suis à peine relevé....

Ce soir j'ai traversé la l'ameuse porte d'Elvire , dont le nom revient à chaque ligne dans l'histoire de Grenade. C'est un des plus grands arcs mauresques qui existé : il est parfaitement bien conservé. Nous avons été voir ensuite la place de Bivarrarabla, théâtre de toutes les fêtes de la Grenade chevaleresque ; puis la place neuve , très-fameuse aussi. Enfm nous avons parcouru la rue Zacatin , qui est restée telle qu'elle était du temps des Maures.

On y voit l'Alcazaria , espèce de bazar où sont encore aujourd'hui les plus belles boutiques de Grenade.

La ville moderne est pleine de maisons bâties par les Maures. Sur la route de l'Alhambra on trouve les écuties du roi Chico , nom donné par le peuple à Boabdil , h cause de la petite taille de ce prince. Ailleurs on voit des bâtiments dont la destination primitive est ignorée de nos jours et que chacun baptise selon sa fantaisie. Il y a aussi une mosquée changée en église. La cathédrale renierme les tombeaux des rois Ferdinand le Catholique et Philippe I", et ceux des reines leurs épouses, Isabelle de Castille et Jeanne la Folle , mèie de Charles-Quint. L'église des Hiéronimite.-}

possède aussi un monument intéressant, le tombeau de Gonzalve de Cordoue, dit le grand capitaine- Tous ces souvenirs vous inondent d'un genre de tristesse diflerent de la tristesse de la nature , et quand on est aussi faible que je le suis encore, on rentre chez soi accablé d'admiration.

Demain , au point du jour, je monte à cheval pour aller voir l'Alhambra.

LETTRE LV

SOMMAIRE

Course de l'Alhambra. — Je la fais à cheval. — Aspect de la colline. — Route tournante. — Jardin qui ressemble à un bois. — Jets d'eau dans la foret. — Ils retombent en ruisseaux. — Arbres des pays du Nord. — Ils prospèrent sur ce coteau. — Nature analogue à celle des odes d'Horace. — Mélange d'art et de nature. — Caractère particulier de cette promenade. — L'art de l'irrigation fait admirer et regretter les Maures. — Vues lointaines. — La Sierra Nevada. — Son aspect particulier. — Ce serait invraisemblabledans un tableau. — Mot du dernier ambassadeur des Maures auprès du roi d'Espagne Charles 111. — Prière des Arabes de la côte. — Porte du Jugement. — La main et la clef. — Sens de cet hiéroglyphe.— Idée que les Maures attachaient à ces signes. — Les murailles leur servaient de livres comme aux Egyptiens. — La clef est en vénération chez les Maures comme la croix chez les chrétiens.— Etymologie du nom de Gibraltar. — Coutume de l'Asie où l'on rend la justice à la porte des villes. — Diverses significations du signe de la main. — L'horoscope. — Préservatif contre le mauvais ce«7.— Symbole de la foi musulmane. — Cour des citernes. — Palais de Charles-Quint. — Sa forme , style de son architecture. — Ruse de l'empereur pour extorquer aux Sarrasins l'argent nécessaire à la construction de ce palais. — Exagération des voyageurs. — Mensonges volontaires et involontaires des faiseurs de descriptions et des peintres.— Ce que l'auteur croit la vérité. — L'AUiambra n'est que joli. — Mal que cause aux voyageurs la fausse admiration de leurs prédécesseurs. — De l'esprit sans génie : voilà ce que l'auteur trouve dans

TOMR lY. 11

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rarchileclure mauresque. — Supériorito de l'art thez les Grecs et chez les chrclieiis. — L'archilcclure arabe est une cristallisation. — Discordance du dedans et du dehors. — L'esprit du sérail se reconnaît dans le génie qui a présidé à la construction de ces monuments. — On comprend que le croissant ait fini par tomber devant la croix. — Comparaison des divers monmnents d'architecture chez les principaux peuples de la terre. — Les monuments grecs ornaient le monde. — Les architectes arabes enjolivent des alcôves. — Population de Grenade sous les Maures. — Cour des bains. — Les portiques. — Tour de Comarès. — Inscription. — Salle des ambassadeurs. — Vues qu'on a des ouvertures de cette salle. — L'amour, nécessaire au voyageur qui veut bien voir ce lieu. — Compensations accordéesà chaque âge.— Ce n'est pas Dieu qui est visible dans ce séjour, c'est le peuple des génies.— Appartements de la reine et du roi. — Toccador. — Salles ornées par des écoliers de Michel-Ange. — Contradiction entre le grand style italien et le goût efféminé des Maures. — La courdes Lions. — Son mérite. — Ses dimensions. — Désappointement. — Corps avancé. — Ai'chiteclure de confiseur. — Les lions de la fontaine.— Souvenirs des Abencerrages.— Comment les Français ont gâté cette cour. — L'architecture mauresque est de la végétation pétrifiée. — Ancienne corniche du cloître de cette cour. — Barbarie d'un gouverneur espagnol. — Profanation de Ciiarles- (Jiiint. — Ijiceinte extérieure de l'Alhambra. — Ensemble des ruines. — Jerrains vagues. — Points de vue à traveis les mms tombés. — Le gardien du palais.— Humeur peu obligeante des Espagnols. — D'où vient leur manque de complaisance pour les étrangers.- Explication du voyagem". — Sa faiblesse. — Sa figure de mprt elTraie le gardien.— Les Anglais logés dans les ruines de l'Alhambra. — Ils nous donnent l'hospitalité. — Souvenir du voyage de M. de Forbin en Egypte. — Trait d'amoui' maternel d'une Anglaise. — Les enfants anglais adresses à un banquier.

SOMMAIRE. 163

— Ils voyagent dans une charrette sans leurs parents. — Excursion au Généralif. — Beauté des sites. — Végétation — Vue deTAlhambra. — Intérieur du Généralif. — Nature fantastique. — État de l'âme d'un convalescent favorable aux impressions de la nature. — Défaut de la manière de l'auteur — Jardins du Généralif.— Cyprès de la sultane. — Eaux du jardin. — Caractère particulier de ce lieu changé en cimetière.— Arbre de la femme du roi Boabdil. — Singulier cours d'eau. — Pourquoi le voyageur préfère le Généralif à l'Alhambra. — Coucher du soleil. — Description du paysage au moment où la nuit vient.

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A MADAME

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