‹ L'Espagne sous Ferdinand VIIChapitre 72 sur 79 · A MONSIEUR HENRY HEINE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR HENRY HEINE

Tanger, ce ii juin i83i.

Le paquebot porteur des dépêches de Gibraltar à Tanger. — Les vagues dans le détroit. — Départ. — Vent contraire. — Marée contraire. — Description du phénomène de la Fata Morgana , dont le voyageur est témoin. — Villages, palais , forêts fantastiques et renversés de sorte qu'on les voit doubles. — Calme de l'eau. — Température brûlante de l'air quand le vent ne souffle pas. — Beauté des sites de la baie d'Algesiras. — Partout des illusions d'optique. — Difficulté de la navigation au sortir de la baie. — Cinq heures pour faire deux lieues. — Le danger n'existait réellement pas; mais si l'auteur le voulait, il existerait dans son récit. — Force que la distance prête aux paroles. — Souvenir de Normandie. — Honfleur. — Le courage qu'il faut dans les voyageslointains a peu de mérite. — Nous jetons l'ancre vers la fin du jour sous les côtes d'Espagne. — Rencontre singulière. — L'émissaire de la propagande révolutionnaire. — C'est un Anglais. — Type des perturbateurs des sociétés modernes — Son histoire. — Il est franc-macon. — Explication naturelle de plusieurs miracles politiques. — Ressorts secrets des révolutions, qui changent la décoration du monde. — Pourquoi les peuples paraissent inspirés comme les rois l'étaient au commencement des sociétés. — Superstition politique. — Pourquoi l'auteur adresse cette lettre à M. Heine. — Sincérité de la presse française.— Chaque parti ment et se trompe lui-même. — Egoïsme partout , dans la prudence comme dans la témérité. — Ni con servateurs ni novateurs ne triompheront par la vertu , mais ils vaincront par la force. — La monarchie est un gouvernement plus naturel et plus clair que la république. — .L'autorité paternelle sera éternellement le type des gouvernements. — Dans la république, c'est la liberté qui est la fiction. — Conversation avec l'émissaire libéral. — Son but. — Son récit. — Il vieut des Grandes-Indes pour délivrer les Espagnols et faire fortune à force d'héroTsme. — Tarif du dévouement.

— Dialogue entre le voyageur et 1 étranger. — Exactitude du récit certifiée par l'auteur. — Course du jeune Anglais à Paris. — Son entrevue avec MM. *". — 11 re<;oit 3o,ooo fr.de M. *" pour soulever Cadix. — Un poëte célèbre Je présente à M. "", qui le refuse en lui disant, deux mois avant les grandes journées , que la France ne voulait point de révolution. — Indiscrétion du libéral anglais. — Son portrait. — Contradictions de son caractère. — 11 raconte l'histoire du faux Torrijos. — Tour de passe-passe du jeune révolulionnaire. — Dans quels rapports se trouve la garnison de G ibraltar avec l'Espagne. — Coup de théâtre. — Fourberie de Soapin appliquée à la politique. — Inci'oyable bonheur du voyageur. — Motif particulier du voyage du jeune aventurier anglais à Tanger. — Son imprudente confiance. — Nouveau roman à faire : le don Quixotte politique.

— La science nuit aux intuitions du poëte. — Prisonnier espagnol enlevé par les corsaires de l'empereur de Maroc. — Intérêt qu'on s'efforce d'inspirer à S. M. marocaine pour ce libéral espagnol. — Le paquebot relâche encore sous les murs de Tarifa.

— Terreur du libéral anglais. — Il dit son nom ( Boyd ) à mon compagnon de voyage, et lui propose de se faire passer pour lui. — Escobarderie qui pouvait nous coûter la vie. — Nous apprenons que la tète de Boyd est mise à prix en Espagne.

— Le capitaine du paquebot paye pour éviter la visite. — Découverte! — Le domestique de Boyd est l'assassin du gouverneur de Cadix. — Horreur de l'auteur pour la société de ces deux hommes. — Boyd , criminel ridicule , franc-macon errant. — Ses mensonges , son étourderie. — Tempête. — Entrée au port de Tanger.

LETTRE XLV

A raONTSIEUn CHARLES NODIER.

Tanger, oc 12 juin i83i.

Aspect mopacal des pays gouvernés par les Mahomélans. — Le mystère y préside à la vie. — L'esprit de l'Asie se reconnaît dans l'empire de Maroc— Epouvantable égalité des conditions humaines sous le despotisme. — La vraie liberté pr<>

duit la diversité. — Elle ne peut naître que de l'exercice scrupuleux des devoirs de chacun envers tous. — C'est la conscience de la société. — Costume des Maui'es. — Le peuple arabe.

— Difficultés du débarquement sur la terre de Maroc. — Attente prolongée en rade de Tanger par un gros temps.

— Aspect du pays, de la plage et de la ville. — L'Afrique avec sa stérilité et tout ce qu'elle contient d'hommes malheureux , attriste la pensée comme les regards. — Perplexité de l'auteur à la vue d'une race d'hommes si différente de la nôtre.

— D'où sortent les nègres ? — Que devient notre foi devant ce problème ? — S'il n'est immortel , l'homme est trahi, et Dieu est vaincu par la nature. — Aspect misérable des pêcheurs arabes,

— Comparaison de la condition humaine en Afrique, et de la misère de quelques-uns des habitants de nos côtes. — Cavaliers armés galopant sur la plage. — La guerre est la vie des états mahométans. — Arrivée du consul de France. — Notre entrée à Tanger. — Capitaine du port : sa figure, ses manières. — Dignité apparente des Musulmans. — L'exaction est le système financier et administratif du pays. — Ce qu'il en l'ésulte pour l'Empereur lui-même. — Apparence des habitations mauresques. — Unifoimité delà vie qu'on mène à Tanger. — Elle fait oublier autre chose. — Chez les catholiques le cloîti-e est une exception: chez les Arabes , l'exception devient la règle. — Mahomet a copié le Christ, tout en maudissant les chrétiens. — Les modèles injuriés par les imitateurs. — Auberge de Tanger. — Elle vaut mieux que les hôtelleries d'Espagne. — La source de la civilisation espagnole se retrouve chez les Maures. — Musique , architecture , habitudes de vie , manière d'exprimer sa pensée : tout chez le peuple arabe rappelle l'Andalousie. — Ce que sont les Juifs chez les Maures. — Définition du caractère de ce peuple. — Leurs mœurs , leur situation , leur emploi à Tanger. — Usage qu'ils font de la vertu de leurs femmes. — Description d'une noce juive à laquelle- l'auteur assiste. — Disposition de la salle. — Costume de la mariée. — Ses joyaux. — Musique et danse nationale. — Rapports qu'il y a entre ces divertissements et les danses espagnoles. — Danse sur place. — Plus ridicule qu'indécente. — Origine des combats de taureaux. — Qu'est-ce (jue les Espagnols doivent aux Maures , qu'est-ce que les Marnes doivent aux Espagnols , riuestions assez oiseuses

et trop souvetit agitées. — L'esprit de Dieu conduit le genre humain par la vérité. — La vérité : pouvoir inexorable. — Oinséquences de la vérité. — La diversité est contraire à la nature de l'homme , et dès lors elle prouve l'existence de Dieu. — La religion se simplifie à mesure que l'homme s'élève. — Dieu est le seul èlre intelligent qui n'ait pas de religion. — Ce n'est pas seulement par la pratique des vertus austères qu'où peut mériter la reconnaissance des hommes. — Ennoblir le plaisir c'est aussi faire du bien. — Tanger est la capitale de la diplomatie européenne en Afrique. — Manière de vivre des consuls. — Leurs jardins. — Leur hospitalité. — Leurs divertissements. — Avantage des nations du Midi, — Exception au pystéme de l'auteur.

LETTRE XLVI

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