A MISS BO'OTI.ES
Saiat Boch, ce 18 juin i83i.
Le vent d'est. — Description de ses elTels sur l'homme. — L'été des climats chauds. — Le corps et l'àme soufTrent ensemble. — Le mal du pays , le désir de retrouver de l'eau fraîche, des arbres verds. — Ce sentiment magnifiquement décrit par le Tasse. — Tourments des croisés , de ces hommes du Nord campés devant Jérusalem.
LETTRE L
A MISS BO'WI.ES
Ronil.T, ce 'io juin iS3i.
Population de Gibraltar.— Do quoi elle se compose. — Ses relations avec les brigands d'Espagne. — Le vieux [lalrun de la felouque
d'Algesiras. — Nos précautions pour entreprendre le voyage de Ronda. — La protection que nous accorde le fils de cet homme et de leurs amis. — Départ de Saint-Roch. — Le domestique espagnol, — Défense de porter des armes. — Cette mesure ne nuit qu'aux honnêtes gens; les brigands n'ont que faire de permis" sion. — Description des sites des environs de Saint-Roch. — Rosée du matin. — Vue de la baie d'Algesiras. — Adieu au rocher de Calpe. — Forêt de lièges. — Monastère des moines de la Merci. — Il apparaît dftloin dans un des ravins de la forêt. — Solitude de cette abbaye. — Pensées que son aspect inspire au voyageur. — Illusions pieuses. — Elles n'auraient peut-être pas résisté à un examen sévère. — Ce monastère est le but ordinaire de la promenade des (jffîciers anglais. — Description du pays qu'on traverse au delà de cette forêt. — Solitude sans beauté. — Ce que nous avons trouvé à la venta, où nous fûmes forcés de faire halte. — Misère des habitants ; leur méchan' ceté , leurs maladies. — Leurs coUahorateurs présentés sous le titre d'ouvriers. — Un de nos gens malade. — Soins qu'exige son état. — Entrée de deux ouvriers qui nous semblentsuspects. — Leur portrait. — Nos doutes sur le parti que nous avons à prendre.
— Nous nous remettons en route. — Souvenir de la Calabre. — Brusque changement d'aspect à la venta de Caraca. — Montagne de Gaucin. — Sa nature fantastique. — Rencontre intéressante et rom mtique. — Cortège qui rappelle don Quixotte. — Costume des personnages du convoi. — Anes caparaçonnés. — Description de Gaucin. — Danses et chants. — Auberge. — Départ matinal. — Chemin de Ronda. — Villages suspendus aux parois des rochers, — Le chemin passe à une portée de fusil au-dessus des villes. — L'œil du voyageur plonge dans les rues des lieux qu'il ne traverse point. — Querelle entre les muletiers et les habitants.— Les chevaux andaloux sont plus civilisés que les hommes.
— Eventails des muletiers. — Politesse cérémonieuse des Espagnols. — Première vue de Ronda. — L'entaille (el taxo). — Pont singulier. — Prodigieux accident de la nature. — Précipice de 3oo pieds et cascade de 80 au milieu de la ville. — Vue de la campagne. — Tivoli de l'Andalousie. — Encore le pont de Ronda. — Course du taureau par la ville. — Arrivée dans l'hôtellerie. — Scène de désordre. — Toujours Cervantes. — Promenade du soir. — Les enfants jouent au taureau. — La ville
assiégée par les brigands. — Le voyageur en échec— Renforl de miliciens. — .lo^e Maria campé sur la roule. — La police traite avec les briganJs. — iVouvelle description de Ronda.
— Constructions étonnantes. — Mine à exploiter pour les artistes. — La cherté du voyage les arrête. — Caractère des Andaloux. — Plaisanterie du prince de Ligne. — Ce qui suffit à la conversation en tout pays. — Le fond de la conversation espagnole.
LETTRE LL
A MISS BOTt^LXS.
Malaga, ce 23 juin i83i.
Diverses classes de brigands — Les vivais brigands ont leur honneur particulier qui préside à leur association. — Leur caractère. — Leurs lois. — Leurs usages. — 11 y ade nobles voleurs. — Sympathie qu'ilsexcilent. — Us renjj)laccnt les mauvais livres dans l'Espagne actuelle. — José Maria, clief de brigands. — Son portrait. — Nous traversons le pays qu'il occupe. — Conditions nécessaires pour obtenir le grade de commandant des voleurs de race pure. — Ruse de José Maria un jour de foire de Ronda. — Sa hardiesse.
— Nouvelle définition du Ratero , brigand inférieur. — Le métayer brigand. — Malheur récemment arrivé au courrier de Ronda à xMalaga. — Aj)pareil militaire ajouté aux amusements du voyage. — Rencontre de convois dans la montagne. — Vue des montagnes de Borgo à T heure du crépuscule. — Description de la route. — Plaisir de parcourir un pays qui n'est ni tout à fait sauvage , ni entièrement civilisé. — DifTérencc des Alpes et des montagnes d'Espagne. — Intérieur du ménage de l'aubergiste.— Définitions des diverses espères d'auberges espagnoles.
— La fonda — La posada. — La meson. — La venta. — le vin sent la peau de bouc. — Firme des outres, — Elles ressemblent à des spectres. — Distinctions à faire entre les venta des grandes routes et celles des chemins détournés. — Départ de Ronda. — Halte au Borgo. — La nuit que nous y passons. — Différence qu'il y a entre les m<i'urs ties Suisses ou des Italiens, et celles de» Espagnols. — Les premiers font tout pour l'étranger .
ceux-ci pour l'indigène. — Visite dans la chambre du maître de l'auberge. — Ma présence et ma curiosité lui déplaisent singulièrement. — Avant le point du jour nous quittons furtivement celte maison suspecte. — Retard au milieu d'un défilé dangereux. — Accident qui nous arrête. — Le saignement de nez prolongé. — Paysans voleurs. — Bivouac de ces ouvriers brigands. — Une crainte fait oublier l'autre. — Réflexions philosophiques sur ce phénomène moral. — Le Puerto. — Descente vers Casarabonela. — Sùrelé des chevaux andaloux, — Description delà montagne enchantée. — Manière d'arroser les rochers et de distribuer l'eau. — Science héritée des Maures. Toute une contrée qui ressemble à une fontaine en rocaille. —
— Aspect fantastique du pays. — Pyramide de verdure.
— Énormes gradins naturels. — Végétation. — Le travail de l'homme visible à travers les productions de la nature. — Caractère de l'architecture imprimé aux montagnes. — Résignation des Espagnols. — L'eau et le feu sont les principaux liens des hommes de ces contrées. — Instinct des guides pour découvrir l'eau. — La marchande d'eau dans un désert. — Venta de Carmona. — D'autres disent Cartama. — Description de cette venta. — On y manque de tout absolument. — Réponses négatives de la servante. — La Bohémienne malade. — Son portrait.— Son langage. — Sa maladie. — L'hôte caché. — Soupçons des muletiers. — Le calessino de l'hôte. — On me le refuse.
— Nouveau saignement de nez. — La Bohémienne nous poursuit.— Les imprécations. — Entrée de M.ilaga. — Description des rues de cette ville poétique. — Une dame avec son cortège. — Peuple qui vit d'amour. — Deux races d'hommes diverses. — Mérite du cheval andaloux. — Son adresse dans les précipices. — Le cheval plus sûr que l'homme. — Impossibilité d'amener de ces chevaux en France.
LETTRE LIT
A MISS BCÇ^LES.
M.Tlaga , ce 25 juin i83i.
Air d'élégance de la ville deMalaga. — 11 n'y a plus de société depuis la révolution de i823. — C'est dç U mi\uv^ise humeur, ce
n'est pas de la misère. — Le brigandage profite des troubles politiques. — (]e qui est immoral est anli->.ocial. — Sociélô des brigands; sa base. — Tendance de notre littérature moderne. — Leone Leoni. — L'amour du genre humain ne remplacera jamais eilicacement l'amour de Dieu et l'amour de la pairie. — Le bien que la France fait à l'Espagne. — Le brigandage fait un mal incalculable et prépare la catastrophe générale. — Moyen employé par le gouverneur de Malaga pour voyager en sûreté. — Anecdote très-véritable.
— Manièi-e de vivre des gens riches. — Ils sont les seuls malheureux. — Leurs avantages tournent contre eux. — Conversation avec un vieux banquier de Malaga. — L'avenir de l'Espagne en i83i. — Chances de tranquillité. — L'Alameda de Malaga. — Le vieux château. — Description du site.
— Coucher de soleil. — Aspect du pays. — Ses productions. — Antiquités. — La cathédrale. — La mer se retire du port. — Aspect de la ville au commencement de la nuit. — Gaieté, insouciance des habitants.
LETTRE Lin.
A MISS BO-WLES.
Loxn , ce 1^7 juin i83l.
Les approches de Grenade. — Souvenirs des fêtes et de l'élégance des Maures. — Attente trop vive pour n'être point trompée. — Histoires romanesques. — Récit du voyage de Malaga à l.oxa. — Oépuscule du malui. — l'aysagc grandiose. — L'été attriste ici la nature comme l'iiivcr la dépouille chez nous. — ElVcl de la chaleur sur le sol. — Transparence de l'air au point du jour. — On dislingue le mont des Singes à quarante lieues. — Description détaillée de la moisson. — Souvenirs des mœurs antiques.
— Aspect pittoresque d'une aire en plein champ. — Les moissonneurs. — Chaleur des ravins desséches. — La venta d'Alfarnate.— Une histoire de brigands. — Magnanimité du chef. — Sa justice souveraine trop cxpéditive. — Autre histoire. — Cruauté du même chef. —Mort dune jeune filJe dont le père devient fou. — Description du col il'Alfarnate. —
Changement d'aspect. — Végétation de la Vega. — Pressentiment des beautés de Grenade. — Description deLoxa. — Voyage d'un Espagnol en 1774. — 11 ne parle que- des antiquités romaines. — Petit rocher couvert d'habitations qui s'élève au milieu même de la ville de Loxa. — Superbe cascade du Xenil, dont personne n'a parlé. — L'auberge de Loxa. — Elle est tenue par un horloger. — Impatience du voyageur arrêté pour la nuit à huit lieues de Grenade.
LETTRE LIV