CHAPITRE ADDITIONNEL
inséré dans la Rubrique. Il fit sentir en conséquence au P. Osma, qu’il y aurait une grande gloire pour lui et pour sa ville natale , si l’on pouvait obtenir la canonisation de Palafox ; il lui dépeignit avec les plus vives couleurs la reconnaissance qu’il mériterait de l’Espagne , l’admiration qu’il ferait naître pour .sa personne dans toute la chrétienté , si, par ses bons offices, un prélat espagnol d’une aussi haute naissance, et d’une vertu si éminente, était porté sur le catalogue des saints à Rome. Ce fut avec une grande satisfaction , mais non sans quelque surprise , qu’il vit le P. Osma épouser la cause de Palafox avec une ardeur qu’il n’osait attendre de son caractère. Non seulement il dit au roi qu’il devait interposer ses bons offices auprès de Sa Sainteté pour obtenir cette canonisation, mais il l’excitait , l’obsédait, même pour qu’il soutînt les demandes de l’évêque d’Osma avec tout le pouvoir et l’influence de la couronne. Les choses en étaient là, lorsqu’une difficulté inattendue vint se présenter, dont Roda profita habilement et se servit pour susciter une froideur momentanée entre la cour de i Madrid et le Saint- Siège. Charles III se prêta de la meilleure volonté à appuyer les privilèges du saint que son confesseur protégeait; mais il avait pour sa part une demande de la même nature à faire à la cour de Rome : il sollicita à son tour la coopév. • 4
5o CHARLES III. f
ration du P: Osma pour obtenir la canonisation du frère Sébastien.
L’histoire de cet obscur personnage est tellement curieuse , et fait si bien connaître le caractère de Charles III, qu’il ne fera pas hors de propos de la raconter.
Pendant la résidence de Philippe V à Séville, el hermano Sébastian servait dans le couvent de San Francisco cl grande en qualité de donado , sorte de frères lais ou hommes de peine du couvent, qui, sans être assujettis à des vœux, portent l’habit de l’ordre, tout en ayant la faculté de le quitter à volonté. Ils ne sont pas appelés jrày, mais hermano . ïhl hermano Sébastian faisait la quête pour le couvent dans les principales maisons de la ville, et il portait toujours une image de l’enfant Jésus. Les dehors de sainteté, l’humilité qu’il montrait dans sa conduite et ses manières, les maximes de morale qu il avait l’habitude d’inculquer aux femmes et aux enfans, lui avaient donné la réputation d’un saint parmi quelques dévotes. Il n’en fallut pas davantage pour que le bonhomme se crut inspiré. Il composa quelques prières ^et Charles, qui était alors enfant, prit tout-h-coup en grande affection le frère Sébastien de Y enfant Jésus ('): c’est ainsi
(>) On représente très souvent la divinité en Espagne sons les traits d’un enfant. Il y a autant de petites images, hautes d’un pied , de cet enfant appelé le Nino Dios ou le
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