‹ L'Espagne Sous le Rois de la Maison de BourbonChapitre 11 sur 47 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

qu'on le nommait généralement à cause de l’image qu'il porfait en faisant la quête pour le couvent. Ce vieillard chercha à se rendre agréable au jeune prince, et lui fit présent de quelques prières écrites de sa main, en lui disant avec un air de mystère et de sainteté, qu’il était sûr qu’il serait un jour roi d’Espagne, en récompense des inclinations précoces de piété et de résignation qu’il montrait déjà. Charles fut enchanté du présent, et, quoique si jeune encore, les paroles et le sens de la prophétie firent une profonde impression sur son esprit superstitieux. 11 ne parla, à la vérité, que très rarement de cette circonstance pendant un grand nombre d’années , mais il porta toujours sur lui le manuscrit du P. Sébastien : il ne le quittait jamais au château , ou à la campagne; pendant qu’il était levé, il le portait toujours dans sa poche ; lorsqu’il était couché, le manuscrit était placé sous l’oreiller, pen-

Nino Jésus, qu’il y a de religieuses dans chaque couvent; les nonnes les habillent avec toute la variété des costumes nationaux , tantôt en prêtres ou en chanoines avec leurs habits choraux , tantôt en docteurs en théologie avec leurs bonnets , ou en médecins , avec perruque et canne à pomme d’or, etc. Dans quelques provinces de l’Espagne, où la contrebande est l’occupation principale du peuple, on trouve dans les maisons particulières le Ntno Jésus , habillé en contrebandier, portant une paire de pistolets attachés à sa ceinture , et un gros mousqueton à sa main.

( Letters /rom Spain by, Leucadto Doblado. )

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dant les heures du sommeil. Mais quand la prédiction de l’auteur se trouva réalisée par l’avénement de Charles au trône d’Espagne, l’ouvrage fut d’un bien plus grand prix à ses yeux. La persuasion où il était de la sainteté du frère Sébastien s’affermit davantage dans son esprit : le reconnaissant et crédule monarque révéra avecune ardeur nouvelle la mémoire d’un aussi habile homme. Lors donc que l’évèque d’Osma fit de vives démarches pour obtenir de Rome la canonisation de Palafox , le ministre espagnol reçut l’ordre de demander un honneur pareil pour l’humble moine Sébastien : ce fut le spirituel et caustique Azara que l’on chargea de cette négociation. Il se peut que, s’il ne conserva pas les pièces de cette négociation importante , ainsi qu’il en avait le désir, il ait au moins laissé quelques notes parmi ses papiers, dans lesquelles se trouveront des détails sur cette correspondance, racontés, nous sommes fondés à le croire, avec exactitude et avec cette plaisanterie fine et délicate qui est son cachet ordinaire.

De tout temps la cour de Rome a été fertile en ressources, surtout lorsqu’il s’est agi d’élever des obstacles et de créer des difficultés pour un but quelconque utile à son intérêt : on traîna en \ longueur l’instruction relative à la canonisation de Palafox. On pouvait voir aisément que les Jésuites se servaient de toute leur influence au-

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