chapitre Additionnel
près du sacré college, pour susciter chaque jour de nouveaux obstacles contre la canonisation de leur adversaire. La cour de Rome ne, Songea jamais sérieusement a donner une place dans le catalogue des saints au P. Sébastien; cependant elle amusa Charles III par de longues discussions sur ses vertus et son mérite, et se livra avec une minutieuse exactitude aux formalités préalables, pour constater la conduite irréprochable exigée pour la canonisation.
C’est un usage établi, une maxime générale, que tout écrit original de la personne dont on demande la déclaration de sainteté, doit être vu et examiné à Rome parle sacré collège, et qu’aucune copie , quelle que puisse être l’autorisation dont elle est accompagnée, ne sera admise comme preuve suffisante; il faut absolument l’original. On demanda donc à Rome le petit livre auquel le monarque espagnol était si attaché. Ce fut là le sujet de négociations qui occasionnèrent des lenteurs. Charles ne voulait pas consentir à se séparer de son trésor. D’un autre côté, les formes suivies constamment dans les canonisations , défendaient au sacré collège de les continuer. Enfin, le roi , entraîné par son zèle ardent et désintéressé pour son moine favori , se laissa fléchir. Ce ne fut pas pourtant sans témoigner que c’était un grand sacrifice de sa part de se dessaisir du cher manuscrit. Azara eut l’ordre de faire ras-
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sembler le sacré cgllége et les cardinaux , pour qu’ils se tinssent prêts au jour et à 1 heure indiqués :*Çn calcula exactement le temps qu’il fallait à un courrier pour aller en toute diligence de Madrid à Rome, porter le livret précieux. Des relais furent commandés sur la route. Charles III remit lui-jnêrae le manuscrit sacré entre les mains du courrier dans lequel il avait le plus de confiance. Il le conjura à plusieurs reprises et avec l’expression de la plus vive anxiété de le conserver avec le plus grand soin, et de ne pas perdre un seul instant pour quitter Rome et se remettre en route aussitôt que l'on aurait pris lecture du contenu de l’intéressant volume.
L’intervalle qui s’écoula, fut pour Charles III un véritable cauchemar, un songe pénible et douloureux ; il était sur les épines; il ne dormait pas. A peine prit-il de la nourriture pendant plusieurs jours, dès qu’il se vit privé de sou cher manuscrit. Sa manière de vivre-, dont la régularité était telle que ni les affaires publiques ni les affections de famille ne pouvaient jamais la changer, souffrit cette fois de l’altération ; le plaisir de la chasse, que les maladies et la mort même de ses enfans n’avaient pu interrompre, fut suspendu , parce que le manuscrit du père Sébastien ne pouvait l’accompagner dans ses excursions à la campagne ou dans les bois; il restait devant les croisées de son appartement , oc-