‹ L'Espagne Sous le Rois de la Maison de BourbonChapitre 14 sur 47 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

qui confirmait les bruits répandus sur les Jésuites, c’était la désignation que la populace avait faite d’Ensenada pour remplacer Squilace, lui qui avait été le protecteur le plus déclaré des Jésuites sous le règne précédent. A vrai dire, s’il n’existait • pas de motifs réels , les apparences ne manquaient pas pour attribuer le mécontement de la capitale aux manœuvres des Jésuites ou de leurs protecteurs.

On est fondé à penser que , sous prétexte d’approfondir les causes du dernier soulèvement, d’Aranda et Roda cherchèrent à recueillir tous les renseignemens propres à enflammer l’esprit du roi contre la Société, qu’ils avaient en vue de renverser. A cette occasion, ils rappelèrent la conduite du vénérable Palafox, et fixèrent l’attenfon de Charles et du public sur les lettres célèbres de ce prélat, où il raconte les machinations des Jésuites dans l’Amérique espagnole; lettres que l’influence de la compagnie avait fait condamner quelques années après à être brûlées publiquement dans la grande place de Madrid.

Mais tout en pouvant compter sur l’assistance du P. Osma , sur l’acquiescement du roi et sur la coopération de plusieurs étrangers ennemis de la Société, il fallait encore à Roda et à d’Aranda d’autres secours puisés dans le talent , le travail, le savoir et le caractère 'des personnages; tant était nécessaire un concours raisonné de

sagesse et de prudence pour mener à bien un projet vaste par sa nature, extrêmement compliqué dans ses détails, et difficile à exécuter. Heureusement que toutes ces qualités se trouvaient réunies dans le célèbre comte de Campomanesi II se peut que Jovellanos, à qui nous devons ces détails, pénétré du souvenir des services qu’il reçut de Campomanes, et n’écoutant que son caractère généreux, ait trop vanté les talens et les vertus de son premier protecteur, qui fut aussi son maître dans les études même qu’il a portées depuis à une grande perfection; maison doit toujours regarder Campomanes comme un savant laborieux et comme un magistrat éclairé a qui l’Espagne doit une sincère reconnaissance pour Ses travaux utiles et ses écrits lumineux. A l’époque dont il s’agit, il étailjiscalet gouverneur payntérim du Conseil de Castille. Il jouissait à just?titre de la plus grande considération parmi les gens de < robe, ainsi qu’auprès des grandes corporations commerciales et politiques de toute l’Espagne, qui le regardaient comme un oracle infaillible dans tout ce qui avait rapport à l’administration intérieure du royaume. Le recueil des mesures prises par le gouvernement au sujet du bannissement et de la confiscation des biens des religieux de la compagnie de Jésus ( Çoleccion de Providencias toniadas por el gobiertio sobre el extrananiento y occupation de las trmporalidades de 1ns régula rrs

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