‹ L'Espagne Sous le Rois de la Maison de BourbonChapitre 16 sur 47 · chapitre additionnel · texte numérisé non relu

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les supportèrent; elles ont arraché des pleurs et des éloges à ceux même qui étaient intimement convaincus de leur funeste influence sur les cours de l’Europe. 11 y eut sans doute une plus grande

de mon expérience pouvait être, ajoute-t-il, que la religion, telle qu’on l’enseigne généralement en Espagne (*) et qu’on est contraint de professer, rend malheureux les coeurs sensibles et bons, en même temps qu’elle déprave ceux qui ne sont pas dgués de ces qualités; qu’elle est contraire au développement de la raison , et favorise l’ignorance et l’absnrdité; qu’elle produit nécessairement l’hypocrisie et la dissimulation dans la classe la plus élevée et la plus utile de la population; qu’elle empêche enfin de croître, ou pour mieux dire qu’elle étouffe les plus nobles vertus, telles que la candeur et le courage ; si tout cela , dis-je , et beaucoup d’autres choses qu’il est impossible d’indiqner dans cette esquisse rapide, pouvaient résulter évidemment de la relation simple et sincère d’un individu obscur, on ne penserait pas, je crois, que je n’avais en vue que la folle vanité de vouloir occuper l’attention publique par l’histoire d’événeraens domestiques , et de sentimens purement personnels qu’on va lire , ni y attacher plus d’importance qu’ils ne méritent. »

Après cette légère notice sur l’auteur et l’ouvrage, disons

nn mot sur la Relation ci-dessus de l’expulsion des Jé-

suites qui s’y trouve comme un appendice. Elle est extraite d’une lettre de lord H.... : « Don Gaspar JTelchior de Jovellanos, dit l’auteur de la lettre , qui avait connu tous ceux qui prirent part à cette grande mesure , et qui fut même intimement lié avec quelques uns d’entre eux , me raconta plusieurs détails à ce sujet : il poussa même la complaisance .(*) L’auteur a embrassé la religion protestante.

•Dig

6a CfUHT.ES III.

inhumanité dans l’expulsion et la persécution des prêtres pendant la révolution française} mais à peine ces mesures même furent-elles plus acerbes que les souffrances et les peines imposées par des gouvernemens légitimes et réguliers à ces Jésuites qu’ils avaient favorisés et protégés d’une manière éclatante depuis la naissance de cet ordre. Mettant à part cette persécution, la suppression de la Société fut très favorable à la cause de la liber^p, de la morale et de l’instruction universelle des peuples, s’il faut s’en rapporter à l’opinion de quelques personnes ; car on vantera tant qu’on voudra , disentelles, leu r système d’éducation , il existe u n fai t toujours constant, c’est qu’en Espagne la littérature était tombée dans une grande décadence, et que l’ignorance devint générale depuis l’époque où l’éducation de la jeunesse fut confiée aux Jésuites. S’il faut juger de l’état de l’éducation dans un pays par

pour moi jusqu’à rédiger et m’envoyer une description curieuse et pleine d’intérét sur les caractères de ces personnages en deux ou trois lettres que je conserve, et dans lesquelles se trouve une partie de l'histoire secrète de cette mesure importante. J’en donne ici la substance; j’y ajouterai quelques autres anecdotes qui m’ont été racontées par d’autres Espagnols; cela ne pourra que jeter un grand jour sur les causes qui amenèrent la destruction A cette société puissante. »

Il ne nous reste plus qu’à ajouter qu’en conservant le contenu de cette lettre, nous y avons mêlé quelques réflexions relatives , soit aux événemens, soit aux personnages dont il est question.

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