‹ L'Espagne Sous le Rois de la Maison de BourbonChapitre 19 sur 47 · SECTION DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SECTION DEUXIÈME

/Fermeté du gouvernement contre les envahissemens de l'autorité ecclésiastique. — Exil de l’inquisiteur général. — Remontrance de l’évéque de Cuença , Carvajal.

Nous avons déjà eu occasion de remarquer, dans • les chapitres additionnels des règnes de Philippe V a ** et de Ferdinand VI, que l’habileté des partisans' « des doctrines ultrajnonlaines n’avait pu l’emporter en Espagne sur le zèle et les lumières de la magistrature, qui s’était constamment illustrée dans • la defense de 1 autorité royale contre les envahisseurs de la cour de Rome. L’ Inquisition, qni se-

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condait de tout son pouvoir les empiétemens de l’autorité spirituelle, avait, il est vrai, forcé le célèbre jurisconsulte Macanaz à s’exiler, et à éviter par la fuite les horribles cachots du Saint Office ; mais cette persécution n’avait abouti à rien, car Macanaz, exilé et poursuivi , avait eu la consolation de voir ses principes sur la législation ecclésiastique en honneur parmi ses compatriotes. Le concordat de 1737 , quoique loin encore d’établir l’indépendance de la couronne, annonçait assez que le gouvernement veillerait désormais pour empêcher les abus du pouvoir ecclésiastique. Les dispositions contenues dans celui de 1753 étaient un grand pas de fait vers la séparation de la puissance temporelle et de la spirituelle. Les rois d’Espagne, comme représentons de leurs peuples, rentraient par ce concordat dans deâ* facultés dont ils n’auraient jamais dû se dessaisir. Sous Charles III, l’esprit d’affranchissement fît encore de nouveaux progrès : aux raisonnemens puisés dans l'histoire de la discipline ecclésiastique espagnole, venaient maintenant se joindre les conseils et les lumières de la philosophie.

Le gouvernement de Charles prit diverses mesures sous le rapport des matières ecclésiastiques, qui toutes attestent l’esprit éclairé qui le dirigeait.

En 1761 le grand-inquisiteur, don Manuel (^uintano y Bonifaz, avait fait publier, d’accord avec le nonce du pape , un bref portant prohibi-

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