CHAPITRE ADDITIONNEL. J
par une autre voie que celle de son confesseur, et enfin quels motifs il avait eus pour prendre ce soin lui-même. Ce fut le ministre Roda qui conseilla au roi de demander de plus amples explications au prélat effrayé du danger de la destruction de l’Eglise.
L’évêque^ commença alors à s’apercevoir, quoique un peu tard , qu’il avait été entraîné trop loin par son zèle , et qu’il n’etait pas facile de justifier les assertions hasardées consignées dans sa lettre. 11 différa donc de rédiger ses charges contre le gouvernement du roi, sous prétexte de mauvaise santé; mais poussé à bout, il ne put présenter dans son second écrit que les allégations vagues et les mêmes déclamations banales de sa lettre. Tout se bornait à dire que l’état ecclésiastique était très chargé de subsides et accablé d’autres charges et contributions ; que Ton ne respectait pas la juridiction et l’immunité locale des temples, ni les ministres des autels ; qu’on lisait dans les journaux des faits et des notices injurieuses au pape et aux Jésuites; qu’il fallait réunir des conciles nationaux et provinciaux; que le gouvernement se montrait contraire à la main-morte ecclésiastique; qu’il voulait diminuer le nombre des prêtres et des religieux; enfin , que par la pragmatique, que nous avons rapportée plus haut, on avait poussé le .manque de respect pour l'Église jusqu’à demander
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que les bulles du pape fussent présentées au conseil avant de les rendre exécutoires.
Lorsque cette allégation de Carvajal fut enfin arrivée, on la soumit au Conseil de Castille, pour qu’il eût à examiner en détail les accusations qu’elle contenait. Don Pedro Rodriguez, depuis comte de Campomanes, et don Joseph Monino, qui devint par la suite comte de Florida-Blanca , étaient alors Jiscales (proenreurs du roi) au Conseil de Castille. Leurs rapports au conseil sur cette affaire se trouvent dans X expediente del Übispo de Cuença Carvajal (la procédure) : ils firent grand bruit à cette époque, par les doctrines qu’ils renfermaient et qui étaient favorables aux droits de l’autorité royale, et par leurs principes de législation ecclésiastique, opposés aux prétentions de la cour de Rome. Le résultat de cette affaire fut que le roi , après avoir entendu le conseil , ordonna la saisie des lettres de l'évêque et des copies qui avaient été répandues. L’évêque fut sommé de comparaître devant le conseil pour y être réprimandé : 011 écrivit par ordre du roi une circulaire à tous les évêques et archevêques du royaume, pour les instruire de la conduite inconsidérée de l’évêque de Cuença, qu’ils désapprouveraient sans aucun doute, disait la lettre. On leur donnait en même temps l’assurance : « Que Sa Majesté ne cesserait d’écouter avec bonté leurs représentations , et qu elle y