‹ L'Espagne Sous le Rois de la Maison de BourbonChapitre 4 sur 47 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

trines. A ce compte, les rédacteurs de l’Encyclopédie eux- mêmes méritaient alors la dénomination de jansénistes tout aussi bien que Roda. Je . sais que le vulgaire de la secte des jansénistes a regardé Roda comme un vrai croyant, et que la mort de ce ministre, arrivée le 28 août, jour de la fête de saint Augustin leur patron , a paru une circonstance digne de remarque à ces esprits superstitieux. C’est une opinion que nous ne nous arrêterons pas à combattre.

Don Manuel de Roda acquit une grande célébrité dans le barreau par sa vive et courageuse opposition aux cole^ios majores. Ils étaient au nombre de six, quatre à Salamanque, un à Valladolidct un à Alcala. Ce fut dans le commencement une institution fondée pour l’éducation et l’assistance desétudians pauvres, que le temps avait entièrement dénaturée ; de grands abus y avaient été introduits : personne ne pouvait y être admis autrement que par la voie du concours et à la pluralité des voix. On n’y recevait absolument que des enfans qui tenaient à des familles riches. Les membres de ces collèges étaient parvenus à un haut degré de puissance : outre les évêchés, les dignités et les canonicats des églises cathédrales, qui étaient les principales places de l’état ecclésiastique , ils faisaient le monopole de celles de conseillers dans les cours royales, les chancelleries et les conseils de la cour. Les individus plus

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bornés étaient destinés à remplir les places d’inquisiteurs, et en faisant allusion à leur igno- • rance, on leur appliquait celte légende : Prœstet fides supplenientum. Les colegiales pouvaient parvenir aux emplois de fiscales (procureurs du roi ) , lesquels demandent , à raison des fonctions qui leur sont attachées , des connaissances théoriques et pratiques, sans être préalablement assujettis à l’examen indispensable pour exercer la profession d’avocat. Il n’y avait qu’eux qui en fussent dispensés. Ces privilèges leur donnaient de la considération. D’un autre côté, il fallait faire de grandes dépenses au moment où l’on était élu membre du collège. Elles étaient poussées jusqu’à la folie , surtout lors de l’élection annuelle pour l’emploi de recteur dans chaque collège , place qui jouissait d’une grande considération parmi eux. On éloignait ainsi tous ceux qui n’étaient pas d’une grande naissance , ou dont la fortune ne pouvait supporter ces déboursés.

11 est de toute justice d’avouer, que si les membres des colegios majores étaient généralement entichés de l’esprit exclusif de corps, ils avaient '3 su conserver aussi généralement, et au suprême degré, les sentimens vrais de l’honneur, au lieu de la vanité et de l’orgueil qui sont quelquefois les défauts des ordres privilégiés. De l’aveu même de leurs ennemis, après l’abolition de leurs pri-

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