CHAPITRE ADDITIONNEL
des mesures promptes et vigoureuses, il donna toute, son attention à les préparer. Il échoua à l’égard de l’Inquisition. Quant à l’expulsion de
retentissaient en Europe ; Linguet disait dans ses Annales politiques, en parlant de la réforme du code espagnol : « Ce serait un grand bien qu’une législation claire , courte et uniforme; il serait plaisant que ce fut le Mançanarez qui en donnât le premier exemple à l’Europe et même au monde. »
Les efforts du ministère espagnol ne furent pas entièrement perdus : on leur doit un bon livre de législation , le Discours de Lnrdizabal sur les peines , ouvrage très estimé, dans lequel, après avoir tracé l’historique de la législation criminelle, on examine dans cinq chapitres la nature des peines , leur origine, le pouvoir de l’autorité souveraine pour les établir et les réformer, les circonstances qu’elles doivent avoir pour être utiles et convenables, la véritable proportion entre les peines et les délits, enfin les divers genres de peines dont on peut user pour la punir tion des coupables dans l’intérêt public.
M. Scmpere tenait de Lardizabal lui-même les détails que l’on vient de lire sur les démarches du gouvernement auprès du Conseil de Castille pour la réforme du code criminel.
Bibüoteca de los mejorcs escritores Espanoles del rcinado de Carlos 11 J , article Lardizabal.
Roda passe pour avoir été un littérateur distingué; mais il ne reste de lui aucun ouvrage : on ne cite d’autre écrit de ce ministre, que les Réflexions écrites à l’occasion des Remarques sur te concordai entre Benoit XIV et Ferdinand VI ( 1753 ) , par don Cregorio May a ns y Siscar. Roda s’y opposait à la publication de cet ouvrage de Mayans ,
la Société de Jésus, on est fondé à croire que l’idée de ,1a supprimer date du moment même de son entrée au ministère ; car depuis lors une partie des membres du cabinet poursuivit cette idée d’une manière lente, à la vérité, mais systématique.
Non seulement Roda y employait le pouvoir que lui donnait son ministère, mais par tous les moyens qui dépendaient de lui, il travaillait sans relâche à réaliser cet important projet. Le caustique Azara disait en plaisantant sur cette ardeur du ministre : « Qu’il portait des lunettes à travers lesquelles il ne voyait d’un côté que des colegiales , tandis que de l’autre il n’apercevait que des Jésuites. » Quoique Roda ne le dît pas tout haut, il faut croire que l’Inquisition lui apparaissait également sans cesse à travers ses lunettes. Du reste, quelque spirituelle que fût la remarque d’ Azara, en se servant de son style figuré, on
tout favorable qu’il était à l’autorité royale , sur le motif qu’il remettait en question des matières déjà sanctionnées , dont il ne fallait plus parler. 11 paraît au reste que les Réflexions de'Roda renferment une rare érudition , s’il faut en croire M. de Sempere dans l’ouvrage déjà cité.
Il existe S Madrid une correspondance inédite de Roda
avec un de ses amis, le comte de hollandais résidant à
Rome : elle dura plusieurs années, et contient une foule de détails sur les affaires politiques de l’Europe. J’ai lu une partie de la table analytique des matières , qui offre de l’in- «érét. -