‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 22 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

dence même de la cour de France à Marli, si l'influence du confesseur Daubenton et d'Elisabeth Farnèse ne fût venue tout paralyser. ( )

Macanaz, magistrat éclairé et défenseur courageux des droits de la couronne, très aimé de Philippe, fut alors forcé de se sauver en France pour échapper aux fureurs de l'Inquisition : il y demeura 3o ans. Le monarque eut la faiblesse de désavouer ses conseillers, et il reconnut, par une ordonnance du 28 mars 1 7 15 , qu'il avait trop prêté l'oreille aux conseils de ministres perCdes.

11 est fâcheux pour la gloire de ce prince que dans le nombre des améliorations que nous avons à rapporter comme ayant eu lieu sous son règne, on ne trouve aucune réforme , ni même aucune disposition tendant à diminuer le pouvoir tyrannique de ce tribunal impitoyable; pas une mesure, à ce sujet, ne fut, je ne dirai pas exécutée, mais ébauchée seulement depuis le renvoi de la princesse des Ursins. Le gouvernement se borna parfois à témoigner son déplaisir, lorsque le Saint- Office le gênait dans l'exécution de ses volontés; ce fut là tout ce qu'il osa entreprendre , mais sans chercher à arrêter le cours des sanglans et trop fréquens auto-da~fé. Les quarante-six années du règne de Philippe V offrent i5y4 individus brûlés en personne dans les diverses villes de la Péninsule, 782 brûlés en effigie , et 1 1,750

( ») Llorenle, Histoire de i Inquisition d'Espagne , t. IV

péni tendes : total 14*076 victimes ('); résultat affreux qui, à la honte de ce faible et pusillanime monarque , Élit voir encore au milieu même du dix-huitième siècle des bûchers toujours allumés et l'infâme Inquisition dans toute la vigueur de son effroyable jeunesse, dans toute l'ardeur de ses premières atrocités.

Affaires ecclésiastiques.

§ 5. Après le second mariage de Philippe, l'esprit du gouvernement changea tout-à-fàit la direction des affaires ecclésiastiques. Au désir avoué de rendre à la couronne tous les droits qui lui avaient été enlevés , à la fermeté qu'on avait déployée dans les négociations avec la cour de Rome, succéda l'esprit temporiseur, pour ne pas dire une partialité marquée pour cette cour. lie parti ultramontain put encore une fois relever la tête sous la protection d'Elisabeth Farnèse. Nous avons déjà rapporté en détail les dispositions du concordat de 17 17, préparé à Paris sous la direction de Macanaz, et modifié ensuite par le ministre Alberoni ('). Celui de 1757, qui termina les disputes entre le saint siège et l'Espagne à l'occasion des événemens d'Italie , ne fait que confirmer ses principaux articles : on y trouve de plus quelques dispositions particulières, telles que la

M. Llorente.

rayez le tleimome vol., p. 38o.

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