CHAPITRE ADDITIONNEL
complaisance auxdésirs de cette cour. Le chapeau tie cardinal fut également le prix des services qu'il lui rendit.
Il importe toutefois de remarquer ici, que dans l'envahissement universel des droits des peuples et des rois auquel la politique des papes était parvenue chez toutes les nations chrétiennes, l'Espagne était peut-être moins disposée que tout autre à souffrir la continuation de cet abus. Elle se rappelait, non sans un noble orgueil, la dignité, les droits, l'indépendance de cette Église nationale qui , depuis le temps des Goths, avait su conserver, pendant un grand nombre de siècles, son pouvoir, sans permettre qu'on y portât la moindre atteinte. Que si plus tard les usurpations de la cour de Rome ravirent, en Espagne comme partout ailleurs, les droits de l'Eglise et de la couronne , les cortès , le Conseil de Castille , les évêques , s'étaient empressés de protester contre cet empiétement sur l'autorité civile et ecclésiastique. Cet esprit éclata avec une grande force, lorsque, par suite des événemens de la guerre de la succession, Clément XI montra des dispositions peu favorables à la couronne d'Espagne. Philippe V eut occasion alors de remarquer l'esprit patriotique qui régnait parmi ses sujets. Les travaux de la junta magna et les représentations des cortès en font foi.
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Finances,
§. 6. En généfal, les esprits étaient bien moins éclairés sur beaucoup d'autres points relatifs à l'administration civile. Les abus étaient innombrables, surtout en matière de finances. Le désordre en ce genre s'accrut sous Charles II à un tel point, qu'il fut question, pour y porter remède , de confier au clergé l'administration du royaume. Il s'agissait sérieusement de conférer la direction de la guerre et de la marine, et celle des finances, aux églises cathédrales de Tolède, Séville et Malaga; chose qui paraîtrait incroyable, dit le comte de Campomanes (dans son Appendice à l'Education populaire), si cela n'était pas constaté d'une manière aussi évidente. Quel gouvernement, ajoute-t-il avec raison, que celui qui souffre des propositions de cette nature ! Quelques uns des motifs qu'on alléguait peuvent paraître au moins étranges. Outre l'autorité et la grandeur de l'église de Tolède , elle se trouve , disait-on , située juste au centre de l'Espagne ; celle de Séville a une position avantageuse pour la marine, placée comme elle est dans le voisinage des deux mers; enfin, pour surveiller les cotes contre les entreprises des barbaresques, et défendre les présides d'Espagne en Afrique , quelle position peut se trouver plus avantageuse que celle de l'église de Malaga, située sur la Méditer-