‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 25 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

ranée ? A la vérité , on ne demandait pas à conserver pour toujours la direction des affaires publiques; ce n'était que provisoirement et en attendant que Tordre fût rétabli dans l'administration. « Que Votre Majesté, ajoutait-on, veuille bien se convaincre, i°. que dès que les chapitres seront chargés de l'administration, on se reposera avec confiance sur leur zèle et leur intégrité pour l'emploi des contributions ; 2°. on sera assuré également que le revenu passera par des mains fidèles ; qu'aucun préparatif ne sera négligé ; on aura plus d'hommes qu'on n'en voudra pour le service de l'armée et de la marine, par la certitude où Ton sera que toutes les dépenses seront acquittées avec exactitude. Les administrations et les trésoreries de Votre Majesté ne jouissent d'aucune considération : nous n'oserons pas dire que les soupçons soient fondés à l'égard des ministres de Votre Majesté; mais la méfiance existe, et cela suffit pour qu'il soit nécessaire d'aviser aux moyens de la dissiper. »

Dans le délabrement où se trouvaient les finances de l'Espagne au moment de l'avènement de Philippe, la première pensée de Louis XIV fut d'y envoyer un homme actif et habile en matière d'administration, qui pût y établir quelques bases d'ordre et d'économie. Orry fut chargé de débrouiller ce chaos, et certes il fit bien voir, par de sages mesures, qu'il était digne de celte

haute et honorable mission. Malheureusement, les intrigues de cour et les jalousies des agens de la France interrompirent le cours des reformes de cet habile financier. Orry fut d'abord rappelé ;

la chute de la princesse des Ursins, congédié peu après le départ de cette dame. Une des mesures qui dessillèrent le plus les yeux des Espagnols, et qui, par la suite, affranchirent entièrement le gouvernement et le peuple de la dépendance des fermiers, fut celle d'abolir une quantité innombrable des fermages qui existaient dans chaque province pour les divers impôts qu'on y payait a la couronne. Ce fut là le premier pas vers l'administration par régie de toutes les provinces du royaume généralement établie sous Ferdinand VI.

Le 26 décembre 1 7 1 3 parut un décret royal portant, que pour mettre un terme au désordre dans le recouvrement des recettes et à l'irrégularité du mode de leur perception, toutes les rentes provinciales seraient affermées dans chaque province à une seule personne, ou compagnie, qui aurait à son tour le droit d'affermer dans chaque arrondissement, selon sa volonté, sous La réserve que ce serait toujours une personne seule qui serait chargée du recouvrement de toutes les contributions dans chaque commune, en sorte que les villes, bourgs et villages, ne seraient

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