‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 32 sur 89 · Id. des fermiers des rentes · texte numérisé non relu

Id. des fermiers des rentes

Parmi les mesures financières renfermées dans le tableau tracé par M. Canga Arguelles, une des plus utiles fut celle d'avoir régularisé les opérations du trésor par la création qui eut lieu, en 1726, de la charge de trésorier-général, avec lequel tous les trésoriers-payeurs et dépositaires particuliers auraient à s'entendre ; c'était la seule manière d'établir de l'ordre dans la perception et dans la distribution du revenu public , et de simplifier la comptabilité.

Pour mieux régulariser les opérations financières, et pour pouvoir compter sur des données positives en matière statistique , un cens général des familles fut dressé en 1726, lequel donna un million quatre-vingt-quatre mille six cent trentetrois familles, sans compter les maisons privilégiées; en calculant à raison de cinq individus par famille, il y avait cinq millions quatre cent vingt-

trois mille cent soixante-cinq personnes dans tout le royaume. On est fondé à croire qu'il n'y eut pas toute l'exactitude nécessaire dans la formation de ce cens.

Dette publique.

§.7. Ces divers moyens ne furent pas suffisans pour faire face à toutes les obligations du gouvernement. Philippe légua en mourant a la nation espagnole une dette de quarante-cinq millions de piastres, somme qui ne paraîtra peutêtre pas excessive eu égard au grand nombre d'entreprises coûteuses qui marquèrent son règne, mais qui est néanmoins exorbitante par rapport aux ressources limitées de la monarchie. La dette de l'Espagne était à son avènement d'un milliard six cents millions de réaux, selon quelques écrivains; M. de Sempère ne la fait monter qu'à un milliard deux cent soixante millions. C'est de cette source que sont venus les juros , ainsi appelés parce qu'ils étaient des obligations souscrites par le trésor pour des sommes avancées sur les fournitures, ou des emprunts faits par des gens d'affaires , lesquelles obligations énonçaient, en faveur des porteurs, un droit possédé par juro de heredad ( transmissible par héritage ) jusqu'à leur remboursement définitif. Les guerres contre les Maures de Grenade, en rSôg, et celles de Flandre, avaient mis Philippe H dans le cas d'emprunter de l'argent à des maisons de

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